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Par Carenews INFO - Publié le 14 juin 2017 - 08:17 - Mise à jour le 19 juin 2017 - 08:28
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Le monde associatif interpelle les candidats aux législatives

Au lendemain du premier tour des législatives, si l’on retient surtout le « raz-de-marée » de La République En Marche (LREM), ces élections sont aussi l’opportunité pour les associations de se mobiliser, dans la continuité des présidentielles, et d’interpeller les candidats sur leurs causes. Le Mouvement associatif prône également 5 mesures phares pour le second tour afin de mieux servir l'intérêt général. Panorama des initiatives qui espèrent influencer le débat public et faire entrer dans l’agenda politique des sujets relatifs à l’environnement, la santé, la solidarité, l’éthique ou encore la culture.

Le monde associatif interpelle les candidats aux législatives

#POLITIQUE & ÉTHIQUE

• Face aux polémiques qui ont rythmé les mois de campagnes et qui ont contribué à fragiliser la confiance envers les élus, l’enjeu est grand de faire entrer à l’Assemblée des députés, revalorisant l’éthique et l’intérêt général. L’association Anticor a élaboré une Charte « contre la corruption, pour l’éthique en politique » et invite les candidats aux législatives à s’en saisir. Nombreux sont ceux qui se sont affichés au premier tour avec la bannière « Anticor ». Un gage de responsabilité, qui anticipe le projet de loi sur la moralisation de la vie politique, porté par François Bayrou. L’association Anticor signale d’ailleurs que le ministre de la Justice s’est entretenu avec son président et « s’est montré très attentif à ses propositions. »

Autre initiative : #FaisonsLaLoi, lancée par Parlements&Citoyens, ouvre une grande campagne d’interpellation des candidats à propos des modalités d’élaboration de la loi. Depuis 2013, l’association expérimente une plateforme qui permet aux parlementaires et aux citoyens d’écrire ensemble les textes législatifs. L’enjeu de cet appel aux futurs députés ? Permettre à des pratiques alliant démocratie représentative et démocratie participative de voir le jour. Le projet n’est pas sans rappeler celui du collectif #MaVoix qui a investi des citoyens dans de nombreuses circonscriptions, même s’ils n’ont pas franchi l’étape du second tour. À noter également, l’APF, l’association des Paralysés de France, s’est clairement prononcée en faveur de la campagne sur son site et se dit pour le dialogue avec les députés.

 

#ÉCONOMIE / FINANCE SOLIDAIRE

• Finansol, association oeuvrant pour la finance solidaire, a rendu public le 22 février dernier un libre blanc, détaillant 10 propositions pour développer une économie plus solidaire. L’ensemble des candidats aux législatives a été contacté afin de participer au développement d’une finance plus éthique. Bilan : 56 candidats ont apporté leur soutien à Finansol, dont 24 appartiennent au mouvement La France Insoumise (FI) et 14 au mouvement La République En Marche ! (LREM). 

• Le collectif « Stop CETA », relayé par le mouvement ATTAC, demande aux candidats de se positionner sur le traité de libre échange entre l’Union Européenne et les États-Unis. Si l’initiative affiche clairement son parti pris pour l’opposition, le sujet n’en demeure pas moins une question clé dans les débats économiques et environnementaux qui devront se tenir à l’Assemblée. Lors d’une rencontre à l’Elysée avec les ONG mardi dernier, Emmanuel Macron avait déjà été interpellé sur le CETA mais ne s’était, pour l’heure, pas prononcé.

 

#ENVIRONNEMENT • Le Labo de l’ESS, think tank de l’économie sociale solidaire, s’investit pour l’environnement à travers le collectif #ÉnergieCitoyenne. Un manifeste est publié pour des « énergies renouvelables citoyennes et participatives. » Les candidats réceptifs à l’appel s’engagent à porter les propositions de ce dernier à l’Assemblée nationale et dans leurs territoires. Parmi les mesures phares : atteindre 15 % des énergies renouvelables entre les mains des citoyens et des collectivités territoriales à l’horizon 2030, renforcer l’offre de financement et d’accompagnement à l’échelle territoriale pour appuyer l’émergence et le développement des projets citoyens, inscrire la participation des citoyen(ne)s et des collectivités comme l’un des axes principaux des politiques publiques climat-énergie, à l’échelle locale comme nationale. 115 personnalités politiques ont approuvé le manifeste, dont une majorité se présentent sous l’étiquette Europe Écologie les Verts (EELV). On retrouve également Emmanuel Cosse (PS), ancienne ministre du Logement, mais aussi François de Rugy, investi par LREM. 

 

#CULTURE • Bibliothèque sans frontières (BSF) et l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) s’associent pour faire valoir l’importance des bibliothèques à travers le territoire.  Patrick Weil, Président de BSF, affirme « les bibliothèques doivent rester des supports fondamentaux de l’égalité, de la citoyenneté et de la liberté de conscience. Les citoyens ont besoin des bibliothèques, et les bibliothèques doivent avoir les moyens de s’adapter aux besoins de leurs publics. » Pour répondre à ces exigences, les deux associations ont élaboré une Charte que les candidats peuvent signer, s’engageant ainsi à porter à l’Assemblée des projets tels l’élargissement des conditions d’accès et des horaires d’ouverture des espaces de lecture, le soutien à la construction de nouvelles structures ou encore le maintien et l’augmentation des budgets accordés aux bibliothèques. Une carte interactive est mise en place pour découvrir quels futurs élus ont répondu présent à l’appel de BSF et ABF. Pour mémoire, Emmanuel Macron a été trésorier de l’association BSF et a rappelé pendant la campagne son attachement à la culture. Des ambitions qui devraient donc trouver un écho auprès des potentiels députés LREM.

 

#SANTÉ / HANDICAP

• L’APAJH, l’association pour adultes et jeunes handicapés, soumet son « pacte handicap » aux candidats, via ses antennes locales et attend « qu’ils s’engagent pour une société inclusive, qui s'adapte aux besoins de tous et donne sa place à chacun. » L’objet de leur combat ? L’« accessibilité universelle » (emploi, logement, soins, éducation, transports) pour les personnes en situation de handicap. Les relais de l’association à travers le territoire ont interpellé les candidats de leurs circonscriptions afin qu’ils prennent parti sur ces sujets. L’APAJH du Tarn a par exemple obtenu la signature du pacte handicap de la part de 6 élus. En parallèle, l’APF publie également une lettre ouverte similaire pour la création d’un fonds public « Objectif accessibilité 2017-2022. » • Le collectif Handicap 35, basé à Rennes, met en lumière la problématique du statut des aidants. Souvent laissée de côté, cette dernière n’en demeure pas moins un enjeu essentiel dès lors qu’il s’agit de légiférer à propos du handicap. C’est pourquoi le collectif a souhaité poser la question suivante aux candidats : « Envisagez-vous d'instaurer un véritable statut pour les aidants qu'ils soient familiaux (formation, rémunération, droit au répit, retraite,...) ou professionnels (attractivité, pérennité, rémunération, professionnalisation, qualification...) ? » Plusieurs réponses leur sont parvenues, prouvant l’intérêt porté par certains élus potentiels à ces thématiques. 

 

#SOLIDARITÉ

• Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL) appellent l’attention des candidats des départements des Yvelines, de l’Essonne, du Val-de-Marne, des Hauts de Seine et de Paris. Après la disparition du Ministère du Logement, nombreuses associations ont témoigné de leurs inquiétudes quant à la marginalisation des enjeux liés à un habitat digne pour tous. Via cette interpellation, SNL espère donc remettre à l’agenda des propositions comme le développement du parc de logements sociaux, le réajustement du montant des APL en fonction de l’évolution du coût des loyers mais aussi le renforcement de l’encadrement des loyers au sein du parc privé. Chaque partis répond présent, SNL met en effet en ligne une copie des réponses qui lui ont été adressées, parmi lesquelles on retrouve la plupart des étiquettes politiques.

• Le CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France, le Secours catholique-Caritas France et ActionAid France-Peuples Solidaires ont construit « 15 propositions pour une France solidaire dans le monde » pour un partage plus juste des richesses, une plus grande justice climatique et un meilleur respect des droits humains. L’enjeu ? Remettre la solidarité internationale au cœur du débat électoral et appeler un maximum de candidats aux législatives à prendre le Parti de la solidarité. Les associations s’expriment notamment à ce sujet : «  Les futur.e.s député.e.s auront de nombreux chantiers face à eux, qui préoccupent leur électorat mais aussi une très large majorité de citoyen.ne.s : le climat, les inégalités, les droits des migrant.e.s, la souveraineté alimentaire, la régulation des entreprises multinationales. En prenant le parti de la Solidarité, les futur.e.s député.e.s enverront un message clair, celui de leur attachement à la solidarité et à une société davantage centrée sur l’humain. » 250 élus potentiels ont manifesté leur soutien. Une carte interactive est également disponible pour consulter les adhésions. 

 

#DROITS HUMAINS • L’inter-LGBT a rédigé une Charte pour faire valoir l’importance de la lutte contre les injures et les violences LGBTphobes, l’éducation contre les stéréotypes et l’ouverture du débat sur la reconnaissance des droits des LGBT. Le collectif « se félicite du grand nombre de candidat-e-s ayant signé cette charte avec notamment 212 signatures d’EELV, 137 signatures de la France Insoumise, 81 signatures du PCF, 69 signatures de LREM, 59 signatures du PS, 4 signatures LR/UDI). »

• L’AEDE, agir ensemble pour les droits de l’enfants, a travaillé à l’élaboration d’un livre blanc, intitulé « Pour une République garante des droits de l’enfant. » L’AEDE entend bien faire valoir des questions trop peu ouvertes à travers ce livre, qui vise à « faire prendre conscience aux futur-e-s décideur-e-s politiques de l’enjeu majeur du respect des droits de l’enfant pour l’avenir de la France (…) Alors même que la majorité d’entre eux ne traitent des droits de l’enfant que de manière restrictive, AEDE montre au contraire dans ce petit ouvrage l’ampleur du travail qui reste à réaliser. »

 

#INTÉRÊT GÉNÉRAL

Le Mouvement associatif, réunissant plus de 600 000 associations en France, prône 5 mesures auprès des candidats du second tour afin de valoriser et de renforcer le secteur de l’intérêt général. Il propose de conforter la charte des engagements réciproques, de renforcer les moyens de la politique de vie associative, de créer « un droit au volontariat » pour tous, de mieux soutenir le modèle non lucratif et de faciliter l’expression citoyenne. L’enjeu est grand de favoriser l’apparition d’une force associative utile et créative. Pour Philippe Jahshan, Président du Mouvement, les associations sont notamment « au cœur des transitions en cours, écologique, économique et citoyenne. Elles réduisent les inégalités et créent les nouveaux leviers de la cohésion sociale. »

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