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Par Carenews INFO - Publié le 1 juillet 2020 - 15:21 - Mise à jour le 1 juillet 2020 - 17:43
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Comment les inégalités de genre impactent l’engagement bénévole des femmes

Plafond de verre, répartition genrée selon les domaines d’activité, conséquences de la parentalité… Dans une enquête publiée le 10 juin, l'observatoire de l'égalité femmes-hommes dans l'ESS étudie comment les inégalités de genre se traduisent dans l’engagement bénévole des femmes.

Crédit photo : Lyubov Ivanova.

Les femmes et les hommes sont-ils égaux face au bénévolat ? Sans surprise, l’étude réalisée par le Conseil national des chambres régionales de l’ESS (CNCRESS) en collaboration avec le laboratoire d’économie et de management de Nantes Atlantique répond par la négative (le CNCRESS a fusionné au 1er juillet avec ESS France, NDLR). Les inégalités du secteur, dont les femmes constituent 68 % des salarié·e·s, ne sont de fait plus à prouver. Comme Lisa Pleintel, cheffe de projet de l’observatoire de l’égalité femmes-hommes dans l’ESS, nous l’expliquait il y a quelques semaines, « nous constatons au minimum les mêmes problématiques qu’ailleurs, c’est-à-dire un important recours au temps partiel, une ségrégation des métiers, un plafond de verre, du sexisme… »


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Des profils similaires dans les associations

Ressource essentielle pour les associations, les bénévoles étaient 22 millions en France en 2017 selon l’enquête « Bénévolat et bénévoles en France en 2017 » du Centre de recherche sur les associations (CRA). Une enquête sur laquelle l'observatoire de l'égalité femmes-hommes et le laboratoire d’économie et de management de Nantes Atlantique (LEMNA) se sont basés pour publier mi-juin une cartographie du bénévolat à l’aune du genre. Leur premier constat ? Le taux de participation bénévole des femmes est légèrement inférieur à celui des hommes — 42 % contre 45 % des sondé·e·s ont déclaré avoir exercé des activités bénévoles dans l’année. Tou·te·s présentent toutefois de nombreuses ressemblances.

« Les femmes et les hommes bénévoles ont des profils assez similaires : plus de la moitié avait des parents qui ont pratiqué le bénévolat, un tiers a un diplôme de l’enseignement supérieur et les cadres et professions intermédiaires y sont surreprésentés. »

Une répartition bénévole genrée 

Ces similarités ne rendent que plus évident l’impact de « la socialisation différenciée, les stéréotypes de genre et la répartition inégale des tâches domestiques et parentales » sur le bénévolat des femmes. Avec, tout d’abord, une répartition genrée parmi les différents domaines d’activité. Si les hommes représentent 68 % des bénévoles dans les structures sportives, les femmes constituent près de 60 % des forces bénévoles dans les domaines du social, du caritatif et de l’humanitaire. Dans les associations d’éducation et/ou de formation, la part de femmes atteint même 68 %, « avec notamment une forte présence dans le soutien scolaire », souligne l’étude.

Engagement distancié et plafond de verre

Cette dernière met également en évidence « un engagement bénévole légèrement plus distancié pour les femmes ». Elles adhèrent moins souvent aux associations, consacrent moins de temps au bénévolat (une quinzaine d’heures en moins par an) et ont une ancienneté d’engagement plus courte. Des différences principalement imputables aux tâches domestiques et parentales qui incombent en majorité aux femmes, mais qui pourraient aussi résulter du fait qu’elles bénéficient moins « des effets de cooptation ou de réseautage »

Enfin, le CNCRESS et LEMNA soulignent le plafond de verre à l’œuvre dans le bénévolat. Alors que les femmes représentent 50 % des bénévoles, « elles constituent 45 % des responsables bénévoles et 39 % des présidents d’association ». Une fonction particulièrement à la traîne en matière d’égalité, puisque la part des femmes n’y a augmenté que de cinq points depuis 2002. Ces inégalités nuisent aux associations, concluent le CNCRESS et LEMNA, qui soulignent combien « l’engagement des femmes et leur accès aux postes à responsabilité » relèvent « d’un enjeu démocratique mais également d’une question d’efficacité des organisations qui ont tout à gagner à reconnaître et assurer une véritable représentativité des femmes en leur sein ».

Mélissa Perraudeau 

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