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Par Carenews INFO - Publié le 3 mars 2020 - 16:31 - Mise à jour le 3 mars 2020 - 16:36
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Dispositifs anti-SDF : la Fondation Abbé Pierre décerne ses Pics d’Or 2020

La Fondation Abbé Pierre a remis, pour la deuxième année consécutive, ses « Pics d’Or », des trophées satiriques destinés à dénoncer les dispositifs anti-SDF. 

Crédit photo : Fondation Abbé Pierre.

« Mobilier urbain public ou privé (grilles, pics, roches, poteaux…), mesures administratives (arrêtés anti-mendicité, anti-bivouac, anti-glanage) empêchant, intentionnellement ou non, les personnes sans-domicile de s’asseoir ou de s’allonger dans la rue. »

Ainsi, la Fondation Abbé Pierre définit-elle les dispositifs anti-SDF. Ils sont dénoncés depuis 2019 par la cérémonie satirique de la Fondation Abbé Pierre : les « Pics d’Or ». Une façon différente « de sensibiliser l’opinion publique sur l’hostilité urbaine à l’égard des personnes sans domicile et de rappeler que la collectivité tout entière a le devoir de respecter la dignité des personnes sans abri », explique la fondation dans un communiqué. Cette dernière appelle ainsi à trouver des solutions au sans-abrisme plutôt qu’à l’éloigner des centres-villes.

24 dispositifs nommés

Grâce à la contribution de citoyen·ne·s sur Twitter ou par mail, les dispositifs urbains et arrêtés anti-SDF sont recensés sur la plateforme soyonshumains.fr. Et pour l’édition 2020, 24 dispositifs étaient nommés dans les six catégories distinguant le plus décomplexé, le plus contradictoire ou encore le plus fourbe. 

Ce 2 mars, le jury, composé notamment de responsables associatifs, a décerné dans la catégorie « Fallait oser » le « pic » du dispositif le plus décomplexé au Lyonnais « Sur les rails ». « Il s’agit d’une sorte de rail sur un banc de pierre dans une copropriété, afin de rendre très inconfortable le fait de s’y asseoir. Un dispositif très excluant qui montre à quel point les urbanistes débordent d’innovation pour que les SDF ne puissent pas se poser longtemps quelque part », a expliqué Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, à 20 Minutes.

Lyon, Toulon, Lille et Paris en ligne de mire

Le prix « Faites ce que je dis pas ce que je fais », pour le « dispositif le plus contradictoire », a été décerné à une vitrine de l’assurance MAE de Toulon portant le slogan « La mutuelle de l’enfant et de la famille »… et devant laquelle des grilles en fer et des pierres empêchent les sans-abris de s’asseoir. 

C’est ensuite la grille en forme d’arabesque de l'entrée d’un immeuble lillois qui a obtenu le prix du « dispositif le plus fourbe » dans la catégorie « Ni vu ni connu », tandis que Paris a obtenu le prix ultime « Le clou » pour le dispositif « le plus agressif ». Il s’agit des « champignons de Paris », des piquets en métal bloquant l’entrée d’un immeuble du dixième arrondissement de la capitale. 

Un nombre grandissant d’arrêtés anti-mendicité 

Enfin, le prix de « l’arrêté anti-précaires » a été décerné à deux lauréats ex aequo : l’interdiction, à Calais, de distribuer des repas aux migrant·e·s en centre-ville, et l’arrêté anti-mendicité de Nice. « Lors des dix dernières années, on a vu fleurir les arrêts anti-mendicité. Surtout à la période des fêtes, en raison des marchés de Noël, et l’été, pour que les touristes ne soient pas "importunés" par la vue des plus pauvres », a souligné Christophe Robert.

Le prix international de la catégorie « C’est pas mieux ailleurs » montre que l’invisibilisation du sans-abrisme n’a pas de frontières. Il a ainsi été décerné à une loi de Las Vegas interdisant de dormir sur la voie publique, un délit pouvant être puni de six mois d’emprisonnement. 

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