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Par Carenews INFO - Publié le 19 novembre 2020 - 12:00 - Mise à jour le 19 novembre 2020 - 14:00
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Journée mondiale des toilettes : l’urine sera-t-elle la matière première de demain ?

Valorisée en engrais ou encore utilisée pour produire de l’électricité, l’urine possède de véritables propriétés encore trop sous-estimées. À l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, placée cette année sous le thème de l’assainissement durable et du changement climatique, Carenews a souhaité mettre en lumière différentes initiatives qui font de l’urine une véritable matière première !

Lors d'évènements ou chez soi, les toilettes sèches permettent de réduire le gaspillage d'eau potable. Crédit photo : Denise Hasse.

 

Un humain produit quotidiennement entre un litre et un litre et demi d’urine et à chaque passage aux toilettes, trois à neuf litres d’eau potable sont utilisés lorsque l’on tire la chasse d’eau. Une facture environnementale salée puisque, selon WeDemain, 20 % de l’eau potable des foyers français est ainsi gaspillée dans les toilettes. Les organisateurs de la Journée mondiale des toilettes ont souhaité sensibiliser le public à ce constat puisque le thème de cette année est l’assainissement durable et le changement climatique.

La démocratisation de l’utilisation des toilettes sèches

Pour lutter contre le gaspillage de l’eau et la pollution engagée pour son traitement, des initiatives plus durables, comme le déploiement des toilettes sèches, voient le jour. Ce dispositif est pratiquement devenu une norme dans les festivals. Plutôt que de tirer la chasse d’eau après son passage aux toilettes, il suffit de recouvrir l’urine de sciure de bois, permettant ainsi de neutraliser les odeurs. Mais les toilettes sèches commencent également à s’inviter chez les particuliers, avec notamment l’expérimentation d’un premier réseau urbain de toilettes sèches dans 35 foyers à Bordeaux. Ce concept semble séduire et se démocratise de plus en plus.

Des uritrottoirs en expérimentation

Cinq pissotières écologiques ont été expérimentées dans les rues de Paris il y a deux ans. Vues de loin, ces installations rouges peuvent intriguer mais leur fonctionnement est simple. Ce sont des bacs à fleurs auxquels est intégré  un bac-réservoir pouvant stocker l’urine. Un filtre en  paille est présent dans chaque réservoir afin de limiter les odeurs. L’urine est ensuite compostée puis reversée dans le bac à fleurs qui surmonte le dispositif. Si les uritrottoirs ont principalement été installés pour répondre à des enjeux de propreté, ils permettent cependant d’aborder le principe de revalorisation de l’urine humaine.

Revaloriser l’urine humaine en fertilisant agricole

Azote, phosphore, potassium… notre urine est riche en nutriments et une fois valorisée, elle présente les mêmes propriétés que les engrais chimiques, dont leur production consommerait 2 % de la consommation énergétique mondiale selon Ouest France. Créée en 2019, Toopi Organics, collecte, transforme et valorise l’urine pour en faire un biofertilisant.

Lauréate du concours de la Fabrique Aviva, la startup girondine vient de lever un million d’euros grâce au fonds Makesense Seed I. Le procédé est actuellement en phase de test mais Toopi Organics espère pouvoir le commercialiser d’ici deux ans. Si 1 % de l’urine des Français était traitée, l’agriculture pourrait être autonome en engrais, a expliqué le président de la startup aux Echos

Produire de l’électricité à partir de l’urine

Des chercheurs d’une université anglaise ont développé en 2015 une solution permettant de produire de l’électricité à partir de l’urine : l’urinetricité ou peepower. Le concept ? Des urinoirs équipés de piles microbiennes, des piles constituées de bactéries qui se nourrissent de l’urine. La croissance de ces microbes engendre alors la production d’électricité. Depuis 2015, le festival de Glastonbury en Angleterre met à disposition de ses festivaliers ces urinoirs. Réitérant l’expérience chaque année, le festival était, en 2017, équipé de 40 toilettes qui produisaient assez d’électricité pour alimenter dix panneaux d’affichages.

 

Lisa Domergue 

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