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Par Carenews PRO - Publié le 8 avril 2020 - 13:30 - Mise à jour le 9 avril 2020 - 14:51
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Les appels à projets, comment ça marche ?

Les appels à projets sont un des éléments essentiels de la boîte à outils des fondations. Biannuels ou roulants, ouverts ou fermés, très bien dotés ou moins, ils recouvrent des réalités et des pratiques hétérogènes, relativement peu normées. Nous avons étudié une dizaine de fondations, principalement d’entreprises, pour tenter de mieux comprendre comment leurs appels à projets fonctionnent.

Crédit photo : pinkomelet.

Il est bien entendu impossible de savoir combien d’appels à projets sont ouverts chaque année par les quelque 5 000 fondations que compte la France. Notons tout de même que l’outil est répandu à tel point qu’il existe plusieurs plateformes d’agrégation. Carenews en comptait ainsi une cinquantaine qui se clôturaient en mars, la plateforme YesAsso en revendique 1 000 sur l’année et certaines fondations en lancent plusieurs par an (une soixantaine rien que pour la Fondation de France). Notons enfin l’existence de plusieurs plateformes territoriales (comme appelaprojets.org dans les Hauts-de-France) ou thématiques (comme le site de la Coordination Sud).

Le rythme de publication en la matière est variable : annuel, biannuel voire triannuel comme celui de la Fondation EPSA. À y regarder de plus près, le rythme annuel s’impose pour beaucoup de fondations d’entreprises avec des dates d’ouverture variant de un à trois mois. D’autres appels à projets sont ouverts en permanence mais l’organe décisionnaire dans l’attribution des soutiens (généralement le conseil d’administration) n’examine alors les projets que deux ou trois fois par an. Entre le dépôt d’un projet et la notification de la réponse, l’écart peut être de six ou huit mois. Il peut alors exister un décalage avec le rythme des projets associatifs qui ont parfois des besoins de financement à plus court terme.

Un outil de grande fondation

En premier lieu, force est de constater que l’appel à projets reste l’apanage des structures de taille moyenne ou importante, bénéficiant d’une équipe dédiée parfois renforcée par des bénévoles et des budgets assez conséquents (sans que cela ne se retrouve systématiquement dans les montants distribués). 

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette « taille critique » nécessaire à l'émission d'appels à projets, en premier lieu le nombre souvent important de candidatures reçues. La Fondation Orange indique ainsi recevoir plus de 4 000 sollicitations par an pour ses onze appels dont 10 à 20 % reçoivent in fine un financement. 

Si notre benchmark* fausse la donne en s’intéressant principalement aux fondations d’entreprise (dotées d'un minimum de 150 000 euros sur cinq ans), il n’en reste pas moins qu’un appel à projets suppose une logistique dont toutes les fondations ou fonds de dotation ne disposent pas.

Un objet utile et « démocratique »

En ce qui concerne les motivations, Cédric Laroyenne de la Fondation EPSA explique la teneur de sa démarche : « Nous sommes une jeune fondation. Dans ce cadre, l’appel à projets répond à trois objectifs : le développement de notre notoriété auprès des associations actives sur notre sujet (l’éducation à la transition écologique) et une meilleure connaissance de cet écosystème en voyant quels sont les acteurs qui répondent. Il y a aussi de notre part la volonté de générer des candidatures d’acteurs aux maturités disparates. » 

L’appel à projets reste aussi un outil « démocratique », ouvert à toutes les structures et évitant en partie les phénomènes d’entre-soi. Il peut ainsi permettre à des structures sans notoriété ni réel carnet d’adresses ou d’implantation géographique éloignée des grands centres d’accéder à un financement. 

Des dossiers de candidature chronophages

Ceux qui ont l’habitude de répondre à des appels à projets le savent : cela prend du temps. D'après notre comparatif, ils peuvent recenser jusqu'à 500 champs de données à renseigner. « Certaines associations mettent plus de deux jours pour répondre à notre appel à projet sur l’ensemble du processus », nous dit Nils Pedersen de la Fondation la France s’engage. « Mais notre concours débouche sur un soutien de 300 000 euros, doublé d’un accompagnement, fléché sur la structure. Dans ce contexte, n’est-il pas normal d’avoir un appel à projet qui demande de l’implication ? » Précis sur les critères, large sur les emplois possibles... Ce parti pris est relativement unique au sein de notre panel. 

Au-delà de la question du temps se pose surtout celle de la pertinence, car « beaucoup d’associations déposent un dossier aux appels à projets en sachant pertinemment qu’elles ne répondent pas aux critères édictés », poursuit Nils Pedersen. Face au nombre important de réponses reçues, les critères objectifs font souvent office de premier filtre. Enfin, certaines structures rendent public un guide de réponse afin d'aiguiller le mieux possible les associations répondantes.

Des bourses de 1000 à 100 000 euros

Si remplir un appel à projets prend parfois du temps, les associations arbitrent en fonction du montant des bourses. Là aussi, l’hétérogénéité est la règle : de 1000 euros à 100 000 euros, il y en a pour tous les types de demandes. Cette diversité est d’ailleurs la force de ce véritable écosystème, selon Nils Pedersen : « Il peut y avoir un “parcours de fondations” au sens où les associations peuvent solliciter différentes fondations à plusieurs moments de leur existence (amorçage, modélisation, essaimage…). »

Mais la valeur ajoutée des appels à projets ne s’arrête pas à l’aspect financier. En effet, l’exercice oblige à modéliser son projet afin de le rendre intelligible pour des acteurs extérieurs à son organisation. La remise de prix peut, même si l’on n’est pas lauréat, être l’occasion d’échanger avec des pairs ou avec d’autres financeurs. Certaines fondations en ont fait de véritables moments de rencontre de leur écosystème en réunissant parties prenantes, anciens lauréats…

Des partenariats et des outils dédiés

De plus en plus, les fondations nouent des partenariats pour lancer des appels à projets conjoints. S’ils restent l’exception, certains regroupent des acteurs de premier plan comme la Fondation AnBer, la fondation du Crédit Agricole Nord de France et le bailleur Vilogia qui, à l’automne 2017, se sont associés sur un appel à projets consacré à « l'innovation en faveur du logement décent et durable pour le plus grand nombre ». D’autres, comme la Fondation Société Générale, s’associent avec des plateformes de crowdfunding en proposant un système d’abondement aux « petits » projets en fonction de leurs besoins.

L’autre tendance importante est l’utilisation de plus en plus fréquente d’outils dédiés. Si plusieurs structures proposent de remplir un document Word, d’autre proposent des formulaires normés avec la possibilité de mettre en ligne de nombreux documents et de sauvegarder son dépôt en cours de route. Enfin, et quel que soit le degré de professionnalisation des acteurs, le nombre généralement important de projets reçus et la prise de décision par le conseil d’administration ou un comité dédié suppose un travail important d’instruction. On entre alors dans le cœur du réacteur associatif, un travail de longue haleine, nécessaire à la mise en place de partenariats au service du bien commun.

Quels outils pour collecter les candidatures ?
Au sein de notre benchmark, deux façons de collecter des réponses aux appels à projets : de manière artisanale, avec un document Word ou PDF. Parmi ces derniers, les plus aboutis permettent de limiter la longueur des réponses. D’autres utilisent des formulaires en ligne gratuits comme Google Form. Les structures recevant le plus de projets passent en revanche majoritairement par des plateformes dédiées, Optimy étant la solution utilisée par les fondations étudiées. Outil où est centralisé l’ensemble du processus de grantmaking (réponse aux appels à projets, instruction des dossiers, collecte des rapports d’étape…), il permet aux déposants de sauvegarder leur dossier en cours de route et d’avoir des champs de réponse clairs. Il propose un tarif « avancé » à 450 euros par mois.

* Le benchmark comprend la Fondation la France s’engage, la Fondation Société Générale, la Fondation Orange, la Fondation Nexity, la Fondation Suez, la Fondation EPSA et la Fondation Louis Bonduelle. 

Notre Top 3 des plus gros appels à projets 

Parmi les milliers d'appels à projets publiés chaque année, trois se distinguent, de par le montant du ticket moyen qui est attribué aux lauréats :

3 appels à projets

 

 


 N'hésitez pas à prendre cinq minutes pour référencer  votre appel à projets via notre questionnaire en ligne

 

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