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Par Carenews INFO - Publié le 23 février 2021 - 09:00 - Mise à jour le 23 février 2021 - 09:00
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Médias engagés : quels modèles économiques ?

Perte de vitesse du format papier, déploiement de contenus gratuits, pandémie de Covid-19… Nous nous sommes interrogés sur les modèles économiques des jeunes médias engagés, allant de la dépendance totale aux dons des lecteurs au BtoB majoritaire.

Crédit photo : matka_Wariatka.
Crédit photo : matka_Wariatka.

« 2020 fut une rude année pour “La Croix” » titrait un article du quotidien le 31 décembre dernier. Il citait, comme difficultés principales, les « sauvetage de notre système de distribution, âpre concurrence des géants numériques, pression économique croissante sur les groupes de presse, pandémie de Covid… » Après l’arrivée d’Internet, les médias ont dû se réinventer, et beaucoup ont cherché à diversifier leurs sources de revenus alors que le modèle classique des abonnements de lecteurs est souvent confronté à celui de la publicité. Chez Carenews, nous parlons régulièrement d’autres médias engagés, et nous, qui avons souvent été interpellés sur notre modèle économique, nous sommes demandé comment nos confrères vivaient. 

Médias associatifs et dons

Il y a, tout d’abord, les sites engagés en accès libre et sans publicité. La version Internet du « quotidien de l’écologie » Reporterre, Basta ! et ses contenus sur des « questions sociales, environnementales, économiques et démocratiques », Les Nouvelles News qui traitent l’actualité à travers le filtre de l’égalité femmes-hommes, Mr Mondialisation et son travail « en faveur d’une transition sociale, économique et culturelle, pour un avenir serein »… Ces sites sont portés par des associations dédiées, et vivent des dons de leur lectorat. 

En novembre dernier, Streetpress, qui travaille à « faire entendre les voix des oubliés·e·s du débat public », a ainsi lancé un appel aux dons pour réunir 27 000 euros et ainsi « poursuivre (ses) enquêtes pendant une année supplémentaire ». Si le site engagé n’est pas constitué en association, il peut percevoir des dons via l’association de soutien au pluralisme de l'information J’aime l’info sur la plateforme Okpal, un système de collecte de fonds édité et développé par Ulule.

La nouveauté So Good

L’année dernière, la plateforme de financement participatif a précisément poussé plus loin son implication avec la presse en lançant un magazine trimestriel avec le groupe média So Press. So Good présente en 100 pages les initiatives positives de personnes célèbres et d’anonymes, et est garanti sans publicité. L’association du groupe de presse et de la plateforme est assez inédite, comme le financement du titre, basé non seulement sur les abonnements des particuliers, mais aussi sur des entreprises, qui ont notamment acheté des abonnements à leurs collaborateurs. BNP Paribas, Société Générale, MAIF… So Good a été « soutenu en phase de création par 23 entreprises pionnières de toute taille et au moins autant post-lancement », a souligné Loïc Yviquel, directeur général en charge du développement d’Ulule. Le magazine propose également des tirés à part pour des entreprises clientes, comme ceux réalisés avec BNP Paribas ou Engie.

Un an et trois magazines plus tard, le modèle semble avoir porté ses fruits. Loïc Yviquel nous a indiqué que les trois quarts du financement de So Good proviennent du « financement participatif, que ce soit par le grand public ou les entreprises, et le reste des ventes en kiosque qui ont connu un plutôt gros succès en 2020 ». De quoi continuer à écarter toute manne publicitaire pour ses magazines vendus en kiosque.

La vente d’espaces de publication et de prestations de services est aussi une voie choisie par nombre de médias engagés. Youmatter, né du média e-RSE.net et qui se présente comme « le mouvement et média de ceux qui veulent mieux comprendre les grands défis de notre humanité et y faire face », indique ainsi vivre notamment « de la vente d’espaces de publishing vendus sur Youmatter Transitions, ainsi que de la vente de prestations de services aux associations et entreprises sous Youmatter for Organizations ». On pense aussi à Usbek & Rica, « le média qui explore le futur », qui propose entre autres aux entreprises et institutions de prendre « la parole sur (sa) plateforme pour partager (leur) vision de l'avenir auprès de (sa) communauté »

Mediatico et le BtoB

Le B to B, c’est sans secret la source majoritaire de revenus de Mediatico, fondé en 2013 par le journaliste Frédéric Vuillod et consacré aux « acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’entrepreneuriat social, de l’économie circulaire, du développement durable, de la RSE, de la finance responsable et des entreprises à mission ». Sans publicité, le site est accessible suivant plusieurs formats d'abonnements proposés aux particuliers, associations, startups et partenaires. Entreprise de l’économie sociale et solidaire, agréée ESUS et déclarée comme entreprise solidaire de presse d’information, Mediatico propose également « des prestations à des entreprises ou à des collectivités sur des sujets en cohérence avec sa ligne éditoriale »

Frédéric Vuillod nous a détaillé que le modèle reposait sur 10 % de recettes d’abonnements, et 90 % de recettes de BtoB, « dont 60 % de production audio et vidéo, puis 30 % de formations et d’animation de tables rondes ». Une proportion bouleversée par la pandémie de Covid-19, avant laquelle Mediatico vivait à 45 % de formations et d’animations. La vidéo et surtout le podcast en BtoB ont permis de compenser la perte de chiffre d’affaires sur ces prestations. Une nouvelle preuve, s’il en fallait, que les médias engagés n’ont pas fini de devoir se réinventer pour s’adapter aux bouleversements plus ou moins prévisibles qui les attendent.

De fait, Carenews vit à 70 % d’abonnements de publishing, et à 30 % de partenariats éditoriaux et d’animation. « Nous avons choisi pour Carenews un modèle qui nous nourrit au sens propre, car il est notre source de revenus, et au sens figuré, car il permet à tous les acteurs de s'exprimer. Ce système de contributions par blogs (associations, entreprises, institutionnels etc) offre aussi l'avantage de centraliser sur un même site toutes les informations et actualités en déchargeant la pression d'une rédaction quotidiennement très sollicitée », indique Flavie Deprez, fondatrice et directrice générale du média.

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