Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 9 mars 2020 - 09:30 - Mise à jour le 11 mars 2020 - 15:30
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

Misao, l'ambassade des poivres artisanaux et durables du Congo

Comme chaque lundi, Carenews partage avec vous une initiative pour bien démarrer la semaine. Aujourd’hui, on vous emmène en Belgique, où une entrepreneure a eu l’idée d’importer un poivre méconnu du Kivu, province de l’est du Congo. Pour ce faire, elle a travaillé avec une ONG locale, et compte développer ce modèle sur le reste du continent.

Crédit photo : Misao.

Pour la Belge Sandrine Vasselin Kabonga, originaire du Sud-Kivu (République démocratique du Congo), tout a commencé lors d’un repas de famille début 2014. Elle a ainsi raconté au Point :

« Comme nous étions nombreux, j'ai proposé à la femme de mon père de l'aider à préparer le repas. Quand j'ai ouvert le placard de la cuisine, une délicieuse odeur poivrée a titillé mes narines. Je n'arrivais pas à croire qu'un tel parfum pouvait émaner d'un pot en verre contenant du poivre en grains que je croyais industriel et sorti d'un supermarché. En réalité, le bocal renfermait du poivre du Kivu que mes tantes avaient rapporté d'un récent voyage à Bukavu. C'est lui qui embaumait les lieux. »

Un poivre qui séduit les chefs étoilés

La conseillère financière, qui a travaillé dans des compagnies pétrolières et des banques à Londres, Kinshasa et Bruxelles, sollicite ensuite l’une de ses tantes vivant au Sud-Kivu pour qu’elle lui envoie un kilo de ce poivre sauvage, trié et séché naturellement. Les chefs étoilés à qui elle le fait goûter, tout comme un commerçant d'épices rares et un importateur d'épices, sont formels sur la qualité et la spécificité du poivre. Sandrine Vasselin Kabonga étudie le marché, et décide de se positionner sur du haut de gamme.

Si le poivre pousse spontanément dans la forêt dense, il n’existe toutefois aucune chaîne de récolte et d’exportation dans la région, fragilisée par les conflits armés. L’entrepreneure noue donc un partenariat avec le Centre d'étude pour la recherche en nutrition pour le développement intégré (Cernadi), une ONG locale.

L’organisation forme et encadre des habitant·e·s. « Depuis la cueillette jusqu'au tri et au séchage, voire au packaging, je veux créer une véritable filière réalisée par des gens qualifiés », précise Sandrine Vasselin Kabonga. Le poivre est cueilli et sélectionné de façon artisanale, et séché selon une méthode spécifique, respectueuse de l’environnement selon l’entrepreneure. Et qui permet de le décliner en poivre noir, blanc et roux.

Une demande croissante

C’est en 2016 que la startup de Sandrine Vasselin Kabonga voit le jour. Son nom, Misao, vient de l’expression « misau beni » signifiant « bonjour, comment ça va » en kilega, une langue du Sud-Kivu. Son poivre sauvage séduit des restaurateurs et distributeurs de la région bruxelloise, ainsi que des épiceries fines en Belgique et en France. 

Depuis, à la demande des chefs belges, la gamme d’épices congolaises proposée s’est élargie, avec l’arrivée d’une cannelle, d’une citronnelle, une kororima douce et une maniguette rare du Kivu. Toutes sont vendues sur le site Internet de Misao, à partir de cinq euros.

Et elles vont bientôt être rejointes par des épices de la province de l'Équateur, dans l'ouest du pays. La startup y a commencé à travailler avec cinq communautés paysannes, aidée à nouveau par l'ONG Cernadi. Six personne de l'organisation travaillent avec Misao, aux côtés d'une trentaine de Congolais·e·s.

« Je veux être la madame poivres et épices africains »

Ce n'est pourtant que le début pour Sandrine Vasselin Kabonga, qui nous a expliqué vouloir parcourir l'Afrique pour en faire découvrir tous les poivres et toutes les épices : « Je veux être la Madame poivres et épices africains d'ici cinq ans ! ». Elle nous a également confié s'intéresser au renouveau du cacao en Afrique centrale. 

À Bruxelles, elle a noué un partenariat avec d'autres productrices africaines et afrodescendantes proposant des denrées issues du continent. L'objectif, selon Sandrine Vasselin Kabonga : « faire découvrir nos produits en dehors de nos communautés ». Leur boutique éphémère, Origines & Saveurs, a rencontré un « franc succès » en décembre, et devrait bientôt poser ses valises dans un nouveau lieu pour plusieurs mois... ou plus. 

Mélissa Perraudeau 

Fermer

Inscription à la newsletter

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer