Aller au contenu principal
Par Nos Épaules et Vos Ailes - Publié le 26 mars 2026 - 06:00 - Mise à jour le 26 mars 2026 - 06:00
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

SPS, l’institut pour la santé des soignants : prévenir l’épuisement pour préserver le système de santé

En 2016, l’association a développé une plateforme nationale d’écoute, accessible via un numéro vert, permettant aux professionnels de santé en détresse d’entrer en contact avec des psychologues formés aux risques psycho-sociaux. Pensé comme une porte d’entrée vers un accompagnement psychologique adapté, ce dispositif répond à des situations très diverses, allant d’une souffrance ponctuelle à des crises plus profondes.

Crédit photo : SPS
Crédit photo : SPS

Au fil des années, le recours à cette plateforme s’est fortement accru. « Nous recevons aujourd’hui entre 6 000 et 7 000 appels par an, soit environ 17 à 20 appels par jour, contre 1 200 appels annuels avant la crise sanitaire », précise Maëlys Jégu, « cette progression ne traduit pas uniquement une aggravation soudaine de la situation. La crise du Covid-19 a surtout mis en lumière une souffrance déjà installée chez de nombreux soignants. Elle a permis une libération progressive de la parole. Cette hausse reflète aussi une meilleure identification et une notoriété plus importante des dispositifs portés par notre association auprès des professionnels de santé et des étudiants en santé ». Parmi ces appels, une part reste toutefois particulièrement préoccupante. « Chaque année, une dizaine d’appels relèvent d’un passage à l’acte suicidaire imminent. Sur dix ans, cela représente une centaine de situations critiques prises en charge », souligne Maëlys Jégu.

 

Cette souffrance s’explique par des spécificités propres aux métiers du soin. « L’identité même du soignant est tournée vers l’autre avant de l’être vers soi. À cela s’ajoutent une exposition constante à la souffrance, à la fin de vie, une charge émotionnelle très élevée, ainsi que des conditions de travail souvent dégradées », explique Maëlys Jégu. Horaires atypiques, travail de nuit, surcharge administrative, sous-effectifs ou tensions hiérarchiques constituent autant de contraintes structurelles qui renforcent les risques d’épuisement professionnel. À terme, ce sont l’ensemble des déterminants de santé – sommeil, alimentation, gestion du stress et activité physique – qui se dégradent.

 

Les ateliers de prévention : prévenir plutôt que réparer

 

C’est dans ce contexte que SPS, l’institut pour la santé des soignants a développé, dès 2018, les Journées d’Ateliers Dynamiques et d’Échanges en Santé (JADES), puis leur déclinaison numérique, les eJADES, aujourd’hui structurée en Parcours Santé soutenus par le fonds de dotation Nos Épaules et Vos Ailes. À travers ce dispositif, l’association poursuit un double objectif : déclencher une véritable prise de conscience en aidant les professionnels de santé et les étudiants à adopter des comportements vertueux de prévention de leur santé, et proposer des solutions concrètes, directement applicables, au travers d’ateliers et de temps d’échange.

 

Les Parcours Santé prennent la forme d’ateliers de prévention à distance, organisés en visioconférence à raison deux sessions par semaine les mardis et jeudis de 13h à 13h45, réunissant 30 à 40 participants par atelier. Ils s’articulent autour de six grands axes : alimentation, activité physique, sommeil, respiration et gestion du stress, santé des femmes et équilibre de vie professionnel et personnelle. « Nous voulions agir avant que les soignants n’arrivent à la rupture, avec un format souple, accessible et adapté aux contraintes du terrain », explique Maëlys Jégu. Le programme s’adresse à un public large – étudiants en santé, infirmiers, aides-soignants, médecins, mais aussi personnels paramédicaux ou administratifs – et répond à un besoin central : disposer d’un temps pour soi et de repères concrets dans un quotidien très contraint.

 

L’approche est résolument pragmatique. Les ateliers partent de situations très concrètes du quotidien : comment manger équilibré quand on travaille de nuit, s’alimenter avec un petit budget quand on est étudiant, ou encore gérer un conflit managérial dans un contexte de tension extrême. « Les soignants connaissent les grands principes de prévention, mais ce qu’ils recherchent, ce sont des solutions applicables immédiatement, compatibles avec des plannings surchargés », résume Maëlys Jégu.

Crédit : SPS

Soutenir la santé des soignants, un levier pour le système de soins

 

Le soutien du fonds de dotation Nos Épaules et Vos Ailes permet à SPS, l’institut pour la santé des soignants de consolider et de développer ses actions de prévention, en complément des financements publics. « La diversité des financeurs est essentielle pour inscrire nos actions dans la durée. Les enjeux sont multiples. La santé des soignants dépasse largement le cadre professionnel : elle concerne l’ensemble de la société. Une mauvaise santé mentale des soignants a un impact direct sur la qualité et la sécurité des soins. A la création de l’association, nous avions mené une étude qui montrait que 48 % des soignants estimaient que leur souffrance psychologique pouvait impacter la qualité des soins, au point de mettre en danger un patient », rappelle Maëlys Jégu.

 

Cette fragilisation se répercute aussi sur l’attractivité et la fidélisation des métiers du soin. « Aujourd’hui, l’espérance de vie dans le métier infirmier est passée d’environ sept ans à trois ans, et 30 % des soignants libéraux ne conseillent plus à leurs enfants d’embrasser ces professions. Ces difficultés prennent une dimension encore plus critique dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques, qui entraînent une hausse continue des besoins de soins. Si nous ne prenons pas soin de ceux qui soignent, c’est l’équilibre même du système de santé qui est fragilisé », alerte Maëlys Jégu.

 

Au-delà de l’apport financier, ce partenariat est également perçu comme un espace de réflexion et d’amélioration des pratiques« Le fait de présenter nos projets, de les questionner, de les faire évoluer grâce à des échanges extérieurs est très précieux pour nous. Ce type de partenariat nous aide à prendre du recul et à renforcer la pertinence de nos actions », explique-t-elle.

 

En conclusion, Maëlys Jégu rappelle le message central porté par l’association : « la santé des soignants est une condition indispensable à la viabilité de notre système de santé. Un soignant en bonne santé est un soignant qui soigne bien. C’est un bien public qui nous concerne tous. »

 

En savoir plus sur Nos Epaules et Vos Ailes

Nos Épaules et Vos Ailes est le fonds de dotation de l’association GPMA qui accompagne des projets associatifs agissant dans les domaines de la santé, du handicap et contre toutes formes de fragilités sociales.

À travers trois programmes de mécénat, Nos Épaules et Vos Ailes soutient des associations pour leur permettre de développer leurs actions :

– Le partenariat pluriannuel : un soutien pluriannuel pour 7 associations partenaires ;

– Le mécénat ponctuel : un financement unique pouvant atteindre jusqu’à 20 000€ pour développer des projets associatifs ;

– L’opération Atout Soleil : chaque année depuis 2007, le prix Atout Soleil récompense une quinzaine d’associations qui œuvrent auprès des personnes vulnérables.

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer