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Par Carenews INFO - Publié le 31 mars 2026 - 07:45 - Mise à jour le 31 mars 2026 - 07:45
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1870 : le bénévolat moderne, quand l'engagement devient un choix

[SÉRIE « HISTOIRE DE L'ÉCONOMIE ENGAGÉE »] Le bénévolat est apparu sous sa forme moderne à partir des années 1860-1870, notamment avec la création de la Croix-Rouge par Henry Dunant en 1863. Aujourd’hui, c’est une composante essentielle du fonctionnement des associations, en France et ailleurs dans le monde. 

Le bénévolat est apparu sous sa forme moderne est apparu dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Crédit : Agathe Hocquet, Carenews.
Le bénévolat est apparu sous sa forme moderne est apparu dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Crédit : Agathe Hocquet, Carenews.

 

 

On les repère tout de suite. Une veste verte reconnaissable, un badge autour du cou. À Paris, durant l'été 2024, ils étaient partout : aux sorties de métro, aux abords des sites olympiques, dans les rues pour orienter, sur le chemin de retour chez eux. Les bénévoles. On les remerciait spontanément. Certains voyageurs leur souriaient, d'autres engageaient la conversation. Comme si leur simple présence rappelait quelque chose de rassurant : même dans un événement mondialisé, coûteux, ultra-organisé, dans lequel des multinationales ont chacune investi des centaines de millions d'euros, une part essentielle repose encore sur du temps donné gratuitement.

Le bénévolat est une pratique connue. Des millions de personnes s'y engagent, souvent sans même se définir comme bénévoles. Pourtant, c'est une notion bien moins évidente qu'il n'y paraît. Sa définition a évolué, ses formes se sont transformées, ses acteurs ont changé. Loin d'être une évidence universelle, le bénévolat est une construction historique, façonnée par des contextes sociaux, politiques et culturels précis.

 

Définir le bénévolat moderne

 

Le mot « bénévole » vient du latin benevolus, qui signifie « bienveillant », « de bonne volonté ». Aujourd'hui, le bénévolat, tel que défini par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), désigne une « action d'une personne qui s'engage librement, sur son temps personnel, pour mener une action non rémunérée en direction d'autrui, ou au bénéfice d'une cause ou d'un intérêt collectif », le plus souvent au sein d'une organisation sans but lucratif. Cette définition du Cese insiste sur trois éléments décisifs : la liberté du choix, l'absence de rémunération et l'orientation vers l'intérêt général.

 

Le bénévolat n'est pas "l'aide" en général. C'est une forme spécifique d'engagement, relativement récente, qui repose sur la liberté individuelle et l'absence de contrepartie matérielle directe. »

 

Cette précision est importante car le bénévolat est souvent confondu avec d'autres formes d'engagement. Il ne se confond ni avec la charité religieuse, longtemps pensée comme un devoir moral ou spirituel, ni avec l'entraide familiale ou de voisinage, informelle et non institutionnalisée. Il est distinct du mutualisme, fondé sur la réciprocité entre membres, et de l'action sociale professionnelle, salariée. Il se distingue également du militantisme politique, orienté vers la conquête ou l'exercice du pouvoir.

Autrement dit, le bénévolat n'est pas « l'aide » en général. C'est une forme spécifique d'engagement, relativement récente, qui repose sur la liberté individuelle et l'absence de contrepartie matérielle directe.

 

Avant le bénévolat : aider sans être bénévole

 

Avant le bénévolat moderne, l'histoire humaine est évidemment remplie de gestes d'entraide. Dans l'Antiquité, on trouve des associations ouvrières en Égypte, les collegia de la Rome antique ou les organisations civiques du monde grec, où l'on mutualise des ressources et où l'on soutient les membres les plus fragiles. Mais ces pratiques sont encastrées dans des appartenances : la famille, le métier, la cité, la religion.

Au Moyen Âge, les œuvres religieuses structurent l'aide aux pauvres, aux malades et aux pèlerins. On agit parce qu'on y est tenu. La charité est un devoir chrétien, parfois un moyen de salut personnel, rarement un choix autonome. Même lorsque le mot « bénévole » commence à apparaître dans le langage courant, il renvoie davantage à l'idée de bonne volonté qu'à une pratique sociale structurée.

Aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, les sociétés de bienfaisance se multiplient. Les dames patronnesses visitent les pauvres, les notables siègent dans les conseils. L'engagement est réel, mais fortement normé socialement. On aide parce que son rang l'exige. Dans toutes ces configurations, on aide, mais on ne fait pas encore du « bénévolat » au sens moderne du terme.

 

1870-1871 : le moment où tout bascule

 

C'est dans les années 1860-1870 que plusieurs transformations profondes se croisent et font émerger une pratique nouvelle.

D'abord, la guerre change d’échelle. Les conflits deviennent plus massifs, plus meurtriers, plus impersonnels. La bataille de Solférino, en 1859, laisse des milliers de blessés sans soins. Des civils interviennent spontanément, en dehors de toute obligation militaire. Cette expérience marque profondément Henry Dunant, futur fondateur de la Croix-Rouge, et d'autres observateurs.

Ensuite, une innovation organisationnelle majeure : la création de la Croix-Rouge en 1863 à Genève. L'enjeu n'est pas seulement humanitaire. Il est institutionnel. Pour la première fois, des volontaires civils sont formés, identifiés, protégés par le droit international. La Convention de Genève de 1864 ne parle pas de morale universelle : elle organise la protection de ceux qui portent secours, même s'ils ne sont ni soldats ni médecins.

Enfin, la guerre franco-prussienne de 1870-1871 agit comme un accélérateur décisif. En France, plus de 400 comités locaux de la Croix-Rouge se créent. Des milliers de civils s'engagent. L'action est visible, reconnue, saluée publiquement. Le modèle devient reproductible.

C'est autour de ce moment que le bénévolat devient visible, légitime, désirable et réplicable. Aider cesse d'être seulement un devoir social ou religieux ; cela devient un choix.

 

1901 : le cadre qui change l'échelle

 

Après 1870, le bénévolat se diffuse rapidement dans d'autres champs : santé, aide sociale, éducation populaire, secours d'urgence. Des associations reposant massivement sur du travail non rémunéré apparaissent et se stabilisent.

En France, la loi de 1901 sur les associations ne crée pas le bénévolat, mais elle lui offre un cadre juridique décisif. Elle permet l'existence durable d'organisations fondées sur l'engagement volontaire. Ce détail juridique change beaucoup de choses : on peut ouvrir un compte, posséder, embaucher, contracter, durer. Le bénévolat devient alors un pilier discret mais essentiel du secteur non lucratif, même s'il reste longtemps invisible dans le droit et dans les statistiques.

Les guerres mondiales renforcent encore cette dynamique : soins, reconstruction, orphelins, mutilés. Beaucoup d'associations qui reposent largement sur des bénévoles prennent alors une place centrale. Le Secours catholique, fondé en 1946, s'installe durablement dans le paysage avec ses équipes locales. Les Petits Frères des pauvres, créés la même année, illustrent une autre forme : la lutte contre l'isolement, où l'essentiel n'est pas de « produire un service », mais de créer du lien.

Après 1945, l'État-providence s'étend, mais le bénévolat ne disparaît pas. Il se reconfigure. Il devient parfois le complément humain du service public, à la fois partenaire et aiguillon.

 

Les Banques alimentaires (1984) et les Restos du cœur (1985) inventent une logistique où le temps bénévole devient la condition de possibilité. »

 

Explosion et diversification : de 1970 à aujourd'hui

 

Le bénévolat se diversifie à une vitesse folle. La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM, créée en 1967) mobilise des sauveteurs en mer, Médecins sans frontières (1971) lance l'humanitaire médical, WWF France (1973) et Greenpeace (1977) structurent l'écologie. Les Banques alimentaires (1984) et les Restos du cœur (1985) inventent une logistique où le temps bénévole devient la condition de possibilité.

 

Une infrastructure sociale aux multiples visages

 

On a tendance à associer bénévolat et « petites actions ». Mais le bénévolat est aussi une infrastructure sociale massive.

 

Le Secours populaire français, fondé en 1945, mobilise environ 98 000 bénévoles ; le Secours catholique en compte près de 58 000 ; la Croix-Rouge française évoque de l'ordre de 70 000 bénévoles. »

 

Aujourd'hui, parmi les grandes associations françaises, on cite souvent des ordres de grandeur impressionnants : le Secours populaire français, fondé en 1945, mobilise environ 98 000 bénévoles ; le Secours catholique en compte près de 58 000 ; la Croix-Rouge française évoque de l'ordre de 70 000 bénévoles. Ces chiffres montrent que certaines politiques sociales « tiennent » aussi parce qu'une armée civile donne du temps.

Et ce modèle vaut aussi pour des dizaines d'autres familles d'engagement : les maraudes, les visites en prison, l'accompagnement de réfugiés, le soutien scolaire, les associations de parents d'élèves. Le bénévolat est indispensable à des activités extrêmement variées : pompiers volontaires, délégués de classe, administrateurs associatifs, une grande partie du sport amateur, les clubs, les compétitions locales, les associations culturelles, les festivals. Même une copropriété fonctionne souvent grâce à des syndics bénévoles et des conseils syndicaux qui donnent du temps.

Le bénévolat irrigue aussi la vie démocratique locale. Dans les 36 000 communes françaises, maires et conseillers municipaux des petites communes sont quasi-bénévoles : l'indemnité d'un maire de commune de moins de 500 habitants plafonne à 991 euros brut mensuels, bien loin d'un salaire, pour un engagement qui peut représenter l'équivalent d'un temps plein.

Le bénévolat d'aujourd'hui n'est plus seulement celui du dimanche après-midi. Il se professionnalise souvent, au sens où il mobilise des compétences, des responsabilités, des outils.

Il y a le bénévolat de gouvernance : présider une association, tenir une trésorerie, siéger dans un conseil d'administration. Il y a le bénévolat « productif » : faire du soutien scolaire, coacher une équipe sportive, tenir une permanence juridique. Il y a le bénévolat relationnel : visites à des personnes isolées, accompagnement de malades, écoute. Et il y a le bénévolat « d'usagers », quand les bénéficiaires font aussi tourner l'activité.

Cette évolution s'accompagne d'une autre transformation : le numérique. Le bénévolat derrière un écran permet aujourd'hui de modérer l’encyclopédie participative Wikipédia, d'animer des communautés en ligne, de faire du mentorat à distance, de contribuer de partout à des causes d'intérêt général. Cette digitalisation ouvre l'engagement à des publics jusque-là exclus : personnes en situation de handicap, éloignées géographiquement ou indisponibles aux horaires classiques. On peut noter par exemple Nightline, créé en France en 2016, service d'écoute nocturne en santé mentale, qui repose sur des étudiants bénévoles qui interviennent depuis chez eux.

Des structures émergent aussi pour « organiser » l'engagement. France bénévolat, créée en 2003, joue ce rôle d'intermédiation et d'appui au secteur. Benenova, lancée en 2013, ou makesense, lancé en 2010, proposent un bénévolat plus ponctuel, souvent « à la carte ». La plateforme JeVeuxAider.gouv.fr, mise en ligne en 2020 par l'État, centralise des missions et mobilise, notamment en période de crise. On voit aussi émerger des initiatives locales comme L'Heure civique, qui expérimente de nouvelles formes d'engagement territorial.

 

Qui sont les bénévoles ? Une histoire sociale de l'engagement

 

L'évolution des profils bénévoles éclaire les transformations du modèle. L'exemple de la Croix-Rouge est particulièrement révélateur.

À l'origine, les bénévoles sont majoritairement issus de l'aristocratie et de la grande bourgeoisie. Autour d'Henry Dunant, on trouve des juristes, des notables, des médecins, des industriels. Les femmes s'engagent très tôt, notamment dans les soins, mais sans reconnaissance officielle. Après 1870, face au refus de leur reconnaissance par une institution militarisée, elles créent leurs propres organisations, comme l'Association des dames françaises en 1879 ou l'Union des femmes de France en 1881. Ces initiatives conduisent à la création des premières formations d'infirmières.

La Première Guerre mondiale marque une reconnaissance massive du bénévolat féminin. Les femmes deviennent des figures centrales de l'engagement humanitaire. Après 1940, le bénévolat se démocratise : toutes les classes sociales sont représentées. Le développement du secourisme, la réduction du temps de travail et l'apparition des congés payés jouent un rôle décisif. Le temps libre devient une ressource sociale.

À partir des années 1970, les bénévoles appartiennent majoritairement aux classes moyennes. Les causes évoluent vers l'action sociale, l'aide aux migrants, aux personnes âgées, aux exclus. Paradoxalement, le bénévolat se professionnalise en même temps qu'il se diffuse : la bonne volonté ne suffit plus, il faut se former, acquérir des compétences, s'inscrire dans des organisations plus structurées.

 

Derrière l'apparente universalité du geste se cachent des "familles" culturelles d'engagement, façonnées par l'histoire de chaque territoire. »

 

Géographies du bénévolat : des modèles culturels distincts

 

Le bénévolat ne se déploie pas de la même manière partout. Derrière l'apparente universalité du geste se cachent des « familles » culturelles d'engagement, façonnées par l'histoire de chaque territoire.

Dans le monde anglo-saxon (Royaume-Uni, Irlande, États-Unis, Canada), le bénévolat est au cœur d'un modèle associatif ancien et très structuré. La participation à des œuvres caritatives y est valorisée, intégrée dès l'école, utilisée comme marqueur de respectabilité, voire comme atout sur un CV. Donner du temps fait partie du script social ordinaire.

Le modèle méditerranéen (Italie, Espagne, Grèce) s'est développé plus tardivement. Longtemps freiné par les guerres et les dictatures, il a vu l'entraide informelle prendre le pas sur le bénévolat associatif. Les associations émergent depuis quelques décennies, mais s'appuient davantage sur des financements publics que sur la philanthropie privée.

Le modèle scandinave s'étend au-delà du nord de l'Europe. Les associations y sont nombreuses mais récentes, centrées sur des activités récréatives ou des intérêts partagés, davantage tournées vers le service des adhérents que vers l'action caritative.

Ces différences rappellent qu'il n'existe pas une norme unique : s'engager dans une association loi 1901 pour l'intérêt général n'est qu'une façon, historiquement située, d'organiser l'entraide.

 

Politique et philosophie du bénévolat : entre devoir moral et liberté individuelle

 

L'émergence du bénévolat moderne s'appuie sur des visions politiques et philosophiques du monde bien identifiables, parfois convergentes, parfois contradictoires.

La première est celle de l'humanisme libéral du XIXᵉ siècle. Dans une Europe marquée par l'essor des droits individuels, l'idée progresse que l'individu est un sujet moral autonome, capable de choisir ses engagements. Aider autrui cesse progressivement d'être un devoir imposé par la naissance, la religion ou le statut social, pour devenir un acte volontaire. Le bénévolat s'inscrit pleinement dans cette vision : il valorise la liberté de conscience, l'initiative et la responsabilité personnelle.

Cette conception est portée par des élites juridiques, médicales et intellectuelles, souvent proches des courants libéraux modérés. Henry Dunant, à l'origine de la Croix-Rouge, n'est ni un révolutionnaire ni un militant politique au sens strict. Il incarne une sensibilité très XIXᵉ siècle : celle d'un réformisme moral, cherchant à humaniser la guerre sans remettre frontalement en cause l'ordre international.

À cette matrice libérale s'ajoute une seconde influence majeure : le christianisme social, catholique comme protestant. Celui-ci joue un rôle ambivalent. D'un côté, il prolonge une longue tradition d'assistance et de charité. De l'autre, il contribue à transformer cette charité en engagement organisé, structuré, parfois laïcisé. Dans de nombreux pays européens, ce sont des réseaux religieux qui fournissent les premiers cadres, les premières méthodes, les premières légitimations de l'engagement bénévole, même lorsque celui-ci se détache progressivement de la foi.

Enfin, le bénévolat bénéficie du soutien implicite, et parfois explicite, des États-providence naissants, précisément parce qu'il ne remet pas en cause leur autorité. Contrairement au mutualisme ou au syndicalisme, et hors du militantisme politique, le bénévolat n'est pas conflictuel. Il complète l'action publique sans la contester. Il apparaît comme une solution acceptable face aux urgences sociales.

Mais cette convergence a un prix. En se tenant à distance des luttes politiques, le bénévolat adopte une posture volontairement apolitique. Cette neutralité affichée constitue à la fois sa force et sa fragilité : elle lui permet de durer, mais elle l'expose au risque d'être instrumentalisé pour pallier des défaillances collectives sans jamais les interroger.

Le bénévolat est ainsi soutenu par des courants très différents. Les républicains y voient un engagement civique. Les chrétiens sociaux y reconnaissent une mise en pratique de la dignité humaine. Les libéraux valorisent l'initiative individuelle. Les sociaux-démocrates y voient un complément à l'État-providence. Tous partagent néanmoins une ligne de crête : le bénévolat ne peut servir de prétexte au désengagement de l'État.

 

Sur le plan économique, le bénévolat représente une valeur immense, largement sous-estimée. Classé parmi les services non marchands, il est mécaniquement minoré dans le PIB. »

 

La valeur économique invisible

 

Sur le plan économique, le bénévolat représente une valeur immense, largement sous-estimée. Classé parmi les services non marchands, il est mécaniquement minoré dans le PIB. Depuis 1999 en France, les associations peuvent toutefois valoriser comptablement le bénévolat dans leurs comptes, ouvrant un débat plus large sur la reconnaissance de ces contributions invisibles.

 

Tensions et paradoxes contemporains

 

Derrière l'image sympathique, il y a des questions de management. Comment articuler bénévoles et salariés sans que les uns écrasent les autres ? Comment éviter que le bénévole se sente « utilisé », ou que le salarié se sente « déprofessionnalisé » ? Comment gérer le fait qu'un bénévole peut partir du jour au lendemain, alors que l'organisation doit tenir ses engagements ? 

Ces sujets demandent des réajustements permanents pour les organisations qui dépendent en partie des bénévoles. Le management de bénévoles, et parfois le management par des bénévoles, constitue l'un des paradoxes les plus délicats du secteur non lucratif.

 

Aujourd'hui : fragilité et transformations

 

En France, près de 12 millions de personnes donnent du temps bénévolement, selon le Baromètre 2025 du bénévolat de France Bénévolat. Mais le bénévolat est devenu plus volatile. Il a reculé depuis la crise sanitaire. Les jeunes s'engagent davantage, mais de façon plus ponctuelle et plus ciblée. Les seniors, longtemps piliers du monde associatif, se retirent progressivement, posant un problème de transmission.

Le bénévolat n'est ni en déclin linéaire, ni en expansion continue. Il se fragmente, s'adapte aux mutations du temps libre et du rapport au sens.

 

Ce que le bénévolat raconte de l'économie engagée

 

Le bénévolat joue un rôle structurant pour les associations mais aussi pour d'autres formes de l'économie sociale et solidaire. Dans les petites mutuelles et coopératives, les administrateurs, les membres des conseils d'administration ou les responsables de sections locales sont souvent bénévoles.

Dans l'histoire de l'économie engagée, le bénévolat est un peu à part. Il n'est pas « un secteur », comme la microfinance par exemple. C'est une énergie transversale qui irrigue toutes les formes, et presque tous les secteurs : sport, culture, action sociale, vie démocratique locale.

 

Donne-t-on assez de valeur, symbolique ou comptable, à ces actions gratuites, souvent invisibles, mais essentielles ? »

 

1870 marque le moment où cette énergie devient visible, légitime, structurée, sans se confondre avec la charité religieuse ou le mutualisme. Aujourd'hui, une question demeure : donne-t-on assez de valeur, symbolique ou comptable, à ces actions gratuites, souvent invisibles, mais essentielles ?

 

Félix Beaulieu 

 


Retrouvez l'ensemble des articles déjà parus de la série « Histoire de l'économie engagée », par Félix Beaulieu :

 

Chaque mardi, jusqu'au 14 juillet 2026, découvrez sur carenews.com un nouvel article à paraître dans cette série.  


 

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