4 041 tiers-lieux recensés en France
La France compte 4 041 tiers-lieux sur son territoire, d’après le panorama 2026 des tiers-lieux. Le nombre de ces lieux hybrides dont l'objectif est de favoriser le lien social et la coopération s’accroît depuis 2018 mais le modèle est confronté à une baisse du soutien de l’État.
Le nombre de tiers-lieux en France augmente. Selon le recensement réalisé par France Tiers-Lieux, en partenariat avec l’association nationale des tiers-lieux (ANTL) et les réseaux régionaux et nationaux, ils sont 4 041 en 2026, contre 3 500 en 2023, 2 500 en 2021 et 1 800 en 2018.
En 2026, ces lieux dont l’objet est de favoriser le lien social, la coopération et l’engagement civique ont accueilli 10 millions de visiteurs et réunis près de 900 000 adhérents. « Les tiers-lieux constituent désormais un réseau national d'infrastructures citoyennes de proximité, capable de produire des réponses concrètes aux défis économiques, sociaux, culturels et écologiques auxquels sont confrontés les territoires », argumente l’ANTL.
Une présence sur tout le territoire
Selon le recensement de 2026, 40 % des tiers-lieux français se situent dans les grands centres urbains, 14 % dans les centres urbains intermédiaires, 7 % dans les petites villes et 5 % dans les ceintures urbaines. Un tiers des tiers-lieux sont implantés en milieu rural : 15 % dans des bourgs ruraux, 14 % dans des espaces ruraux à habitat dispersé et 4 % dans des espaces à habitat très dispersé.
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Les départements qui comptent le plus de tiers-lieux sont le Nord, la Seine-Saint-Denis, la Gironde et la Haute-Garonne, avec plus de 100 tiers-lieux chacun. Les régions les plus denses en tiers-lieux sont quant à elles la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes qui compte chacune plus de 500 tiers-lieux, suivies par les Hauts-de-France, l’Île-de-France et l’Occitanie.
105 personnes accueillies par jour
71 % des tiers-lieux français sont gérés par une association. 8,9 % sont gérés par une collectivité, 8 % par une société à responsabilité limitée, une société anonyme (SA) ou une société par actions simplifiées (SAS) et 8 % par une société coopérative d’intérêt collectif (Scic). À l’origine de la création de tiers-lieux, se trouve dans 34 % des cas une association déjà existante ou un collectif d’associations, dans 29 % des cas une initiative citoyenne et dans 17,5 % un entrepreneur individuel, une entreprise ou un collectif d’artisans ou d’entreprises. 94 % des tiers-lieux sont également en partenariat avec au moins une collectivité publique.
Dans les tiers-lieux, qui accueillent en moyenne 105 personnes par jour, les activités mises en place sont diverses. Dans 70 % des cas, elles comprennent des activités culturelles et/ou artistiques et dans 68 % des activités et animations socio-culturelles. 64 % proposent des activités d’éducation populaire, 62 % de l’évènementiel et 59 % des espaces de bureau ou de coworking.
43 % des tiers-lieux ont également une activité de fabrication ou de production locale, 39 % des tiers-lieux accueillent des élèves et/ou des classes et 14,1 % portent un incubateur d’entreprise. En tout, 34 166 structures économiques sont hébergées au sein des 4 041 tiers-lieux. Ces derniers réunissent 19 603 bénévoles et 12 247 salariés en équivalent temps plein.
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Un soutien public en baisse
Malgré cet essor, les tiers-lieux sont confrontés à une baisse du soutien de l’État. Le 29 juin, le groupement d’intérêt public France tiers-lieux, chargé d’appuyer le développement et le soutien des tiers-lieux, a été dissous. Le soutien financier accordé au développement des tiers-lieux est quant à lui passé de 13 millions d’euros en loi de finances 2025 à 1,2 millions d’euros maximum en 2026.
Alors que le chiffre d’affaires des tiers-lieux repose aujourd’hui à 45 % sur des subventions et à 55 % sur les produits d’activité, les structures « doivent, après un appui initial décisif, trouver leur modèle économique en développant autant que possible leurs ressources propres et mobilisant des financements de droit commun », a estimé le ministère de l’aménagement du territoire dans une communiqué le 30 avril.
En 2026, la somme des chiffres d’affaires des tiers-lieux s’établissait à 443 793 807 euros, selon le panorama de France tiers-lieux. 40 % des lieux étaient à l’équilibre budgétaire en 2025, 27 % réalisaient des bénéfices et 32 % étaient en déficit.
Aujourd’hui, l’Association nationale des tiers-lieux s’inquiète d’une nouvelle baisse des soutiens potentielle. « Avec un budget 2027 qui s’annonce historiquement faible pour les acteurs de la solidarité et de l’économie sociale et solidaire, les tiers-lieux seront-ils considérés comme une énième dépense à réduire ou comme un investissement dans la cohésion sociale et pour l’avenir des territoires ? » alerte-t-elle.
Élisabeth Crépin-Leblond 