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Par Carenews INFO - Publié le 22 juin 2023 - 10:45 - Mise à jour le 22 juin 2023 - 14:49
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Comment Camille Etienne alerte les consciences dans son livre «Pour un soulèvement écologique»

Sorti en mai, le livre événement de l’activiste climat Camille Etienne a pour ambition de créer un soulèvement écologique. Décryptages.

« Pour un soulèvement écologique », Camille Etienne qui alerte les consciences  Crédit: iStock
« Pour un soulèvement écologique », Camille Etienne qui alerte les consciences Crédit: iStock

 

Un livre a fait parler de lui récemment. C’est celui de Camille Étienne, sorti en mai, « Pour un soulèvement écologique : Dépasser notre impuissance collective ». L’activiste climat tente principalement de nous convaincre de la nécessité d’un soulèvement écologique, en nous en présentant les étapes. Voici trois idées à retenir de la pensée de la militante climat.

Pourquoi a-t-on besoin d’un soulèvement collectif ?

 

Un soulèvement est collectif ou n’est pas. Camille commence son livre par dénoncer des attitudes culpabilisatrices, le fait de pointer du doigt des pratiques individuelles. C’est, selon elle, contre-productif, car « il n’y a pas de geste individuel : l’intime est politique. Nos choix quotidiens engagent le monde ». 

Il s‘agit plutôt de diriger cette rancœur vers les grandes organisations qui sont une bonne partie du problème actuel. « Pendant que nous nous scrutons avec rancœur, rien ne bouge, les murs qui protègent l’ordre établi en rien ne tremblent. Opposer l’écologie au peuple, c’est s’assurer d’empêcher le soulèvement collectif », estime l’activiste climatique.  

Ensuite, elle déclare que pour que ce soulèvement collectif soit possible, il faut refuser le mépris social. « Aucune révolution n’est jamais venue d’ailleurs que du bas. » Elle prône une solidarité entre les classes qui n’ont aucun bénéfice à s’opposer lorsque leur « ennemi » est le même. De la même façon, elle énonce une étape nécessaire au soulèvement : l’acceptation de notre vulnérabilité en sortant de son confort qui « endort ».

 

La désobéissance peut-elle conduire au changement ? 

 

Selon Camille Etienne, la désobéissance doit faire partie du logiciel du militant écologiste, il peut même s’agir de la première étape du soulèvement. La solution peut être de cesser de coopérer pour se révolter. 

Elle rappelle que le soulèvement est un effort, mais explique qu’il est nécessaire. Il faut donc agir, et pour cela commencer par cesser de « sur-obéir », attitude qu’elle estime très ancrée dans nos caractères. 

Selon l'autrice, consciemment ou non, tout le monde contribue au système de domination. Ce n’est donc qu’en désobéissant en masse que le conformisme changera de sens. « Là où on ne se lève pas parce que personne ne se lève, on se lèvera comme tout le monde se lève », lance Camille Etienne.

Pour elle, la désobéissance est humanisante : « Dès lors, la désobéissance n’est plus ce qui fait de l’humain un animal, mais ce qui fait d’un pion machinal un humain. » 

La désobéissance, une fuite du système et de notre monde ? Camille Etienne remet en cause cette vision partagée par un certain nombre. Selon elle, les personnes refusant la société telle qu'elle est sont plutôt des modèles et ont un réel pouvoir de changement du système.  

Pourquoi garder espoir ?

 

Avoir un enfant, un acte égoïste ? Camille Etienne revient dans son essai sur ce questionnement dans un monde où le futur est incertain et parle du mouvement des GINKS (Green Inclination No Kids) qui gagne du terrain : « C’est peut-être la peur de les voir grandir dans un monde qui s’effrite et se délite, le sentiment de compromission au futur parce qu’il sera le présent d’une partie de nous, celle qui a priori nous survivra. » 

Selon elle, en réalité, devenir parent est à l’origine d’un déclic pour beaucoup de personnes. Cela représente une prise de conscience de notre responsabilité à chacun devant l’avenir ainsi que l’importance d’une solidarité intergénérationnelle. Il nous est encore permis d’espérer, car l’incertitude même de ce futur ouvre justement la porte à l’action. Autant sur cette question de la maternité que de manière générale, Camille Etienne estime qu’il faut garder espoir.

Elle affirme que l’impuissance que l’on peut ressentir, et qui s’avère être collective, est surmontable. La peur, comme elle la présente, peut être un appui : ce vertige crée le mouvement et permet la lucidité. « La peur ne crée pas de l’inaction, elle est au contraire à l’origine du soulèvement. » Enfin, Camille Etienne finit son ouvrage sur quelques mots puissants, qui résument sa pensée tout en frappant la nôtre. « L’inertie est un mythe. Le soulèvement en est la preuve. »

 

Eléonore Duchon d'Engenières 

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