Comment réussir sa prise de poste en RSE ?
Le guide « Réussir sa prise de poste en RSE » a été publié le 4 mai, sur la base d'une enquête menée auprès de 260 professionnels de la RSE. Il reprend les éléments qui les ont aidés ou freinés dans leur prise de poste.
Le guide « Réussir sa prise de poste en RSE » a été publié le 4 mai par cinq organisations, notamment le cabinet de recrutement Michael Page, l'Institut d'économie durable et le Pacte mondial des Nations-unies (1). En plus des conseils de spécialistes sur le sujet, il contient les résultats d’une enquête menée auprès de 260 professionnels de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). 21 d’entre eux ont été interrogés dans le cadre d’entretiens qualitatifs, les autres ont répondu à un questionnaire en ligne. Un peu plus d’un quart travaillent dans des groupes de plus de 5 000 salariés (27 %), environ la moitié dans des entreprises de 250 à 5 000 salariés (47 %) et 26 % dans des entreprises de moins de 250 salariés.
Première « condition de succès de la prise de poste » identifiée : le soutien de la direction générale. « La gouvernance est clé pour avoir de la légitimité », témoigne dans le guide Pierre-Henri Bournazel, directeur de la durabilité du groupe United caps. Près de la moitié des répondants (42 %) sont directement rattachés à la direction générale. 9 sur 10 ont senti son soutien au moment de leur prise de poste et près de 8 sur 10 (75 %) se sentent soutenus aujourd’hui, malgré un contexte de retour en arrière sur les réglementations concernant l’action sociale et environnementale des entreprises.
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Des contraintes externes à comprendre
La « posture attendue » des professionnels est celle d’un ancrage « dans les réalités opérationnelles », avancent les auteurs. Il faut « comprendre » les « pressions externes », comme l’évolution du marché ou les demandes des clients, soulignent-ils. Ces « pressions » constituent le premier moteur faisant avancer la RSE aux yeux de plus de la moitié (51 %) des répondants.
Les enjeux propres à l’entreprise ne sont pas à négliger pour autant, puisque la « culture d’entreprise résistante » est qualifiée de défi majeur à la prise de poste par une petite moitié des répondants (42 %) et le « fonctionnement d’entreprise complexe » par 39 % d’entre eux. « L’enjeu est d’aligner vision RSE et stratégie, en s’appuyant sur l’écoute, la compréhension des enjeux métiers et la co-construction avec les équipes », estime dans le guide Eve Duboeuf, cheffe de projets RSE et éditorial chez CMS Francis Lefebvre avocats. « Mon premier enjeu, à mon arrivée en poste, a été de comprendre comment l’entreprise fonctionnait et d’analyser des process internes qui s’entrechoquaient », explique de son côté Lucas Poirier, responsable RSE chez Rostaing. Pour remplir leur mission, près de neuf répondants sur 10 (85 %) ont senti le besoin de se former : 39 % ont bénéficié d’une formation courte et 13 % d’une formation longue.
L’importance des capacités à sensibiliser, former et présenter
« L’étendue du périmètre à prendre en main » a été un autre « défi majeur » à surmonter à la prise de poste, cité par un répondant sur deux. « Le poste est très complet et il faut switcher constamment entre différents sujets, d’une pluralité folle », déclare, toujours dans le guide, Pierre Lebreton, chargé de projet RSE pour le Vendée globe. Le « manque de temps » est cité par 4 répondants sur 10.
À ce jour, un peu moins de la moitié des personnes interrogées sont satisfaites (40 %) ou très satisfaites (5 %) des moyens humains, financiers et techniques mis à leur disposition par leur entreprise. Un quart en sont peu satisfaites, 7 % ne le sont pas du tout. Quand il en manque, ce sont les moyens financiers qui font le plus défaut (59 %), suivis des moyens humains (54 %), organisationnels (42 %) et d’influence (36 %).
Pour assurer leur fonction, les trois « compétences essentielles » les plus mentionnées par les professionnels sont la « gestion de projets complexes et transversaux » (66 %), le « leadership et la communication (51 %) et « l’intelligence relationnelle » (50 %). « Régulièrement, les recrutements en RSE se font sur des profils techniques et très opérationnels, avec des personnes peu habituées à sensibiliser, former ou présenter des recommandations stratégiques à un Codir ou Comex. On a beau penser les meilleures stratégies et reporting possibles, si la gouvernance ne suit pas derrière, l'ambition reste vraiment limitée ! », commente Isabelle Follenfant, directrice de l’engagement mission et RSE pour Rivalen.
Célia Szymczak 
(1) Ainsi que Lefebvre Dalloz Compétences et Toovalu.