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Par Carenews INFO - Publié le 29 septembre 2026 - 08:00 - Mise à jour le 29 septembre 2026 - 08:00 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Entreprises mécènes : des moyens qui diminuent mais des soutiens plus approfondis

La nouvelle édition du Panorama des fondations et fonds de dotation créés par des entreprises mécènes montre un recul du budget moyen des structures de mécénat. Le montant de l’aide accordé par projet, en revanche, progresse, tandis qu’une majorité de fondations et fonds de dotation indiquent financer des frais de fonctionnement et soutenir des projets de manière pluriannuelle.

En France, le CFF recense 1 101 structures de mécénat créées par une entreprise, contre 861 en 2024. Crédit : Carenews.
En France, le CFF recense 1 101 structures de mécénat créées par une entreprise, contre 861 en 2024. Crédit : Carenews.

 

  

Touché par une baisse de ses moyens alloués, le mécénat d’entreprise resserre ses actions. C’est ce qu’indiquent le cabinet de conseil EY, le Centre français des fonds et fondations (CFF) et l’association Les Entreprises pour la cité, qui publient la septième édition de leur Panorama des fondations et fonds de dotation créés par des entreprises mécènes. Intitulé « Les fonds et fondations à l’épreuve de la crise : comment mieux agir ? », le document, réalisé auprès de 129 structures entre mars et mai 2026, se penche sur les relations entre les structures philanthropiques et les associations.  

En France, le CFF recense 1 101 structures de mécénat créées par une entreprise, contre 861 en 2024. Parmi elles, se trouvent 439 fondations d’entreprises, 399 fonds de dotation, 156 fondations sous égide et 17 fondations reconnues d’utilité publique.  

 

infographie mécénat d'entreprise
Crédit : Carenews.

 

  

Des soutiens resserrés par projet 

  

Selon le panorama, le budget moyen des structures de mécénat recule. Il s’établit à 1 674 239 euros en 2026, contre 2 032 630 euros en 2024. Le montant de l’aide accordé par projet, en revanche, progresse de près de 9 % pour atteindre 42 228 euros, soit « un montant qui a plus que doublé en huit ans ».  

Les soutiens se font aussi de manière plus approfondie avec 63 % des mécènes interrogés qui financent les frais de fonctionnement des associations (16 % avec un plafond et 47 % sans plafond). 83 % des structures mécènes disent également soutenir des projets de manière pluriannuelle et 71 % ont allégé ou envisagent d’alléger les démarches administratives de leurs partenaires.  

54 % des structures disent de plus avoir déjà renforcé leur soutien face à la fragilisation d’une association. Interrogés sur la sensibilisation de leur conseil d’administration aux difficultés du secteur associatif, 42 % des acteurs estiment que celui-ci est « plutôt sensibilisé », 29 % « très sensibilisé », 21 % « moyennement sensibilisé » et 8 % « faiblement sensibilisé ».  

  

Action sociale, éducation et insertion professionnelle en priorité 

  

Les priorités d’intervention des fondations et fonds de dotation créés par des entreprises mécènes restent quant à elles stables. 66 % des structures interviennent dans le domaine de l’action sociale (précarité et exclusion), 57 % dans celui de l’éducation et 55 % dans l’insertion professionnelle. 36 % interviennent également dans le domaine de la santé, 35 % dans celui de l’environnement, la biodiversité et la protection des animaux, 31 % sur le handicap et 28 % dans le domaine de l’art et de la culture.  

La solidarité internationale, touchée en parallèle par une baisse importante de ses financements publics, gagne 13 points. 17 % des entreprises mécènes interviennent dans ce domaine, de même que dans celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. 9 % interviennent dans le domaine du sport.  

  

Du mécénat aussi en régie directe  

  

Si les moyens des structures diminuent, le mécénat se structure et « devient une véritable politique d’entreprise », argumentent les auteurs du panorama. 75 % des structures indiquent ainsi que l’entreprise fondatrice dispose d’une politique de mécénat formalisée, avec des règles et une stratégie établies. 56 % de structures sont rattachés à la direction générale et à la présidence, 23 % à la direction RSE et 6 % à la direction de l’engagement. 

Du côté des pratiques, 95 % des structures réalisent du mécénat financier, 58 % du mécénat de compétences et 43 % du mécénat en nature. 57 % des fondations et fonds de dotation déclarent par ailleurs que la stratégie de mécénat de leur entreprise fondatrice intègre également du mécénat en régie directe. Ce soutien effectué sans passer par l’intermédiaire d’une structure est « souvent pensé comme complémentaire à l’action déployée par les fonds et fondations », relèvent les auteurs du panorama. 

Dans 83 % des structures de mécénat, les salariés de l’entreprise sont en outre impliqués dans les actions de solidarité. Selon les auteurs du panorama, cet engagement des collaborateurs renforce le sens au travail, la fierté d’appartenance et la cohésion interne.  

  

Des pratiques nouvelles au terme des financements 

  

Enfin, lorsqu’un financement d’une structure de mécénat vers une association touche à sa fin, 28 % des mécènes indiquent avoir mis en place « un dispositif de fin de partenariat » et 18 % envisagent de le faire. 

« Longtemps reléguée au second plan, la question de la sortie devient progressivement un sujet à part entière dans les relations entre fondations et associations », notent les auteurs du panorama. Parmi les pratiques en œuvre, se trouvent par exemple le fait de faciliter la mise en relation avec d’autres mécènes, de rédiger des lettres de recommandation, de partager des opportunités de financement, de maintenir un accompagnement extra-financier ponctuel ou encore d’organiser des temps de rencontre ou de clôture associant d’autres partenaires et financeurs « afin de favoriser les prises de relais et l’inscription du projet dans de nouvelles dynamiques ».  

« Cette évolution traduit une prise de conscience de la fragilité que peut introduire la fin d’un financement par un mécène, et de la responsabilité du mécène qui ne s’arrête pas nécessairement avec le dernier versement », analysent les auteurs. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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