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Par Ipama - Publié le 4 février 2026 - 08:59 - Mise à jour le 4 février 2026 - 09:11
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CACTÉ : Entre contrainte administrative et levier stratégique, quel bilan un an après ?

Un an après le lancement du CACTÉ par le ministère de la Culture, Ipama a réuni des expertes du spectacle vivant à l’occasion des Biennales Internationales du Spectacle (BIS) de Nantes 2026. Entre retours d’expérience concrets et défis de terrain, cet article explore comment les acteurs de la culture s’approprient ce cadre pour en faire un véritable moteur de transformation.

Au-delà du "tableau à remplir" : redonner du sens à l’engagement

Le premier contact avec le Cadre d’Actions et de Coopération pour la Transformation Écologique (CACTÉ) est souvent celui de la complexité. Entre les indicateurs de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et les spécificités régionales, le risque est de voir le dispositif comme une surcharge administrative. Elsa Gobert, administratrice du Théâtre Durance, le reconnaît :

« À remplir, ça peut être une contrainte [...] ça revient aux administrateurs, donc ça fait encore quelque chose à faire en plus. »

Pourtant, la force du CACTÉ réside dans sa capacité à fédérer. Face à l'éco-anxiété croissante, notamment chez les plus jeunes, l’exercice permet des partages en équipe et propose une méthode solide pour avancer ensemble. Julie Rangdé, directrice des Bains-Douches à Lignières, témoigne de cette charge émotionnelle :

Je n’avais pas mesuré le niveau d’éco-anxiété [...] certaines personnes ont eu des moments de pleurs lors des prises de conscience. »

Pour nous, chez Ipama, l'enjeu est là : transformer cette émotion en action structurée pour éviter l'épuisement. D’ailleurs “émotion” vient du latin movere qui signifie “mettre en mouvement”. L’enjeu est donc bien d’utiliser cette émotion comme un véritable moteur pour l’action.

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Table-ronde “Le CACTÉ, un an après : premier bilan et feuille de route pour le spectacle vivant" aux Bis de Nantes 2026, animée par Marie-Liesse Dovergne, en présence d’Elsa Gobert, Julie Rangdé et Chloé Presse.

L’arbitrage opérationnel : choisir ses combats pour agir réellement

L’une des grandes leçons de cette première année est la nécessité de la priorisation. Vouloir cocher toutes les cases du référentiel est contre-productif. Les structures doivent composer avec des réalités géographiques et techniques parfois contraignantes. Elsa Gobert souligne l'importance du pragmatisme : « Ne choisissez pas des items sur lesquels vous ne pouvez pas beaucoup agir. »

Si une structure en zone rurale ne peut pas agir sur les transports publics, elle peut en revanche exceller sur la gestion des déchets ou la communication responsable.

L'objectif est d'éviter de tout mesurer au risque de perdre de vue l'impact réel. Chloé Presse, de l'association Arviva, rappelle que « la transformation écologique est un sujet complexe qui demande d'activer beaucoup de leviers [...] il n'y a pas de recette miracle. » L'arbitrage ne doit pas être vu comme un renoncement, mais comme une stratégie pour assurer la faisabilité opérationnelle des engagements pris.

« La transformation écologique est un sujet complexe qui demande d'activer beaucoup de leviers [...] il n'y a pas de recette miracle. »

La coopération systémique : vers une culture du réflexe

Le CACTÉ n'est pas une destination, mais un cheminement collectif. La transition ne peut réussir si elle est portée par une personne seule et isolée. « Il faut y aller en équipe », insiste Elsa Gobert. Cette coopération dépasse les murs de la structure pour englober les artistes, les prestataires et les financeurs. On voit émerger des initiatives fortes, comme Le projet Déclic pour décarboner la culture ou le développement de "clausiers environnementaux" pour les contrats de cession.

À terme, l'ambition est que ces pratiques deviennent invisibles tant elles seront intégrées. Et chacun a ses challenges. Pour Julie Rangdé, par exemple,  la réussite dans trois ans serait d'avoir trouvé des « solutions innovantes sur la mobilité en ruralité ».

S'outiller pour réussir sa démarche

Pour accompagner les structures dans ce virage, nous vous proposons une offre de formation et d'accompagnement modulable, directement alignée sur les exigences du CACTÉ.

👉🏻 Cliquez ici pour découvrir notre plaquette récapitulative !

Conclusion

Le premier bilan du CACTÉ montre que l'outil est avant tout ce que les professionnels en font. En y injectant de la sincérité et de la coopération, il devient un levier de transformation durable.

Comme le conclut Marie-Liesse Dovergne, directrice de l’organisme de formation d’Ipama :

« C’est une question de mise en mouvement : le CACTÉ devient réellement un levier quand il est pensé comme une démarche collective dès le départ, et non comme un exercice individuel ou administratif.»


Article rédigé par Elsa Hemery, Chargée de communication chez Ipama

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