La finance solidaire, une façon éthique d’épargner son argent, progresse
L’épargne solidaire contribue au financement de projets à impact social et environnemental. L’association Fair publie chaque année un baromètre avec le quotidien La Croix pour analyser les montants de l’épargne solidaire et leur utilisation : ils progressent, même si la démarche reste confidentielle.
Vous êtes-vous déjà demandé à quoi sert l’épargne déposées sur vos livrets bancaires, assurances-vie ou plans d’épargne salariale ? Une très petite partie (0,52 %) relève de la finance solidaire et contribue à financer des projets à impact social et environnemental. « C’est un secteur de niche, mais qui croît et qui a la particularité de le faire assez rapidement », estime Patrick Sapy, directeur général de Fair, l’association qui promeut cette finance et publie chaque année avec La Croix un baromètre sur le sujet.
33,97 milliards d’euros relèvent fin 2025 de l’épargne solidaire, selon l’édition publiée le 24 juin, contre 29,4 milliards en 2024. Cela correspond à une augmentation de 15 %. En dix ans, les montants ont quadruplé.
Concrètement, cette épargne se répartit sur trois canaux : les plans d’épargne salariale solidaires (54 % du total), les produits bancaires et assurantiels solidaires – des livrets, des fonds et assurances-vie – (à 41 %), et l’investissement direct dans des structures porteuses de projet à impact social et environnemental (4 %). Ce dernier canal relève d’une « épargne assez militante », commente Patrick Sapy.
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Un investissement majoritairement social
Concernant les produits bancaires, assurantiels ou les plans d’épargne salariale, la finance solidaire prend notamment la forme de produits dits « de partage », des livrets ou des fonds dont une partie des intérêts sont reversés à des associations sous forme de dons. D’autres fonds, dits « 85-15 », sont investis jusqu’à 15 % dans des entreprises de l’économie sociale et solidaire, tandis que le reste est coté en bourse. Dans certains placements d’assurance-vie, une partie de l’épargne est également investie dans des entreprises de l’économie sociale et solidaire.
Avec cet argent, 16 millions de dons ont été versés à des associations en 2025, contre 15 millions en 2024, majoritairement via les livrets solidaires. 848 millions d’euros ont par ailleurs été investis dans des projet à impact social et environnemental en 2025.
67 % de ces flux d’investissements ont financé des projets sociaux, par exemple l’accès au logement de populations vulnérables. 25 % ont contribué à la transition écologique, en développant l’agriculture ou l’électricité renouvelables par exemple. 5 % ont financé la solidarité internationale.
Un manque de connaissance
Les produits de la finance solidaire peuvent présenter des « perspectives de rendement très intéressantes », indique Patrick Sapy. Un livret bancaire aura logiquement des taux moins élevés qu’un fonds solidaire, qui peut atteindre « 5, 6 ou 7 % par an », assure-t-il.
Patrick Sapy observe cependant un « retour en force des livrets bancaires solidaires », lié selon lui à la baisse des taux des livrets réglementés. Le livret solidaire du Crédit mutuel bénéficie par exemple d’un taux à 2,2 %.
En règle générale, trois raisons expliquent la croissance de l’épargne salariale cette année : de nouveaux dépôts par les épargnants sur tous les types de produits, ce qui représente 2,5 milliards d’euros de plus ; un « effet de marché favorable » sur la part des fonds 85-15 investie en actions, également comptabilisée dans l’épargne solidaire, qui permet une hausse de 2 milliards d’euros ; et la création de nouveaux produits, pour une augmentation de 0,7 milliard d’euros.
Parmi les leviers identifiés par Fair pour développer la finance solidaire : la formation des conseillers bancaires. « Un épargnant sur quatre, et c’est encore plus fort chez les jeunes générations, aurait une vraie envie d’orienter son épargne de manière solidaire mais ne se voit proposer aucun produit par les chargés de clientèle », déplore Patrick Sapy, en s’appuyant sur un autre baromètre annuel réalisé par l’association pour mieux connaître les préférences de la population.
Célia Szymczak 