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Par Carenews INFO - Publié le 20 octobre 2026 - 17:47 - Mise à jour le 20 octobre 2026 - 17:50 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Des propositions du collectif Alerte pour placer « l’urgence absolue de lutter contre la pauvreté au cœur du débat public »

Le collectif rassemblant 37 fédérations et associations nationales dénonce des politiques publiques « qui appauvrissent les plus pauvres ». À l’approche de l’élection présidentielle, ils demandent aux candidats de « tenir cinq promesses républicaines » et émettent des propositions en ce sens.

Le collectif Alerte souhaite «  proposer un chemin pour réconcilier dans le débat public nos concitoyens avec le modèle social ». Crédit : iStock / Natalya Kosarevich
Le collectif Alerte souhaite « proposer un chemin pour réconcilier dans le débat public nos concitoyens avec le modèle social ». Crédit : iStock / Natalya Kosarevich

 

« Rarement, face à cette violence de la pauvreté dans notre société, les réponses publiques n’ont été aussi faibles », dénonce Olivier Noblecourt, président du collectif Alerte, en introduction de la conférence de presse qui se déroule le 16 octobre à Paris. Le collectif, qui réunit 37 fédérations et associations nationales luttant contre la pauvreté et l’exclusion, essaie de « contribuer à la prise de conscience de la gravité du moment », à la veille de la Journée mondiale de refus de la misère qui avait lieu le 17 octobre et alors que le projet de budget pour 2027 est en cours de discussion à l’Assemblée nationale. 

« L’écart s’accroît entre les politiques publiques dont les moyens sont atrophiés, les associations qui sont à bout de souffle et n’en peuvent plus de subir des coupes budgétaires et l’indifférence de l’opinion publique qui semble croissante », s’inquiète Olivier Noblecourt.  

  

Une augmentation inquiétante de la pauvreté, couplée à des coupes budgétaires depuis 2024 

  

Selon l’Insee, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire en 2024. Cette situation, qui touche en premier lieu les chômeurs et les familles monoparentales, correspond au taux de pauvreté le plus haut depuis 1994. Le nombre de personnes vivant dans la grande pauvreté a quant à lui augmenté de 37 % entre 2018 et 2025, selon une étude réalisée par cinq chercheurs en économie à partir des données des Restos du cœur et publiée début octobre.  

En parallèle, depuis 2024, le budget alloué par l’État aux associations de tous secteurs a diminué de manière importante, porté par des discours prônant la rigueur budgétaire. Conséquence de ces choix : 30 % des associations disposent de moins de deux mois de trésorerie et 80 % anticipent une dégradation ou une forte incertitude dans les douze prochains mois, selon une étude menée par la Fédération des acteurs de la solidarité auprès de 128 structures jusqu'au 25 août 2026 et publiée le 8 octobre. Le troisième volet de l’enquête sur la santé financière des associations publié récemment indique de son côté que 63 % des associations employeuses ont été contraintes d’annuler ou réduire leurs activités en 2026 et qu’un tiers envisage de réduire leurs effectifs.  

  

Un plaidoyer à direction des candidats à la présidentielle 

  

« Dans le projet de PLF et PLFSS, il n’y a aucune réponse structurelle aux causes de la pauvreté et à ses manifestations les plus violentes », s’indigne Olivier Noblecourt fustigeant des économies budgétaires « qui appauvrissent les plus pauvres ». Tout au long de la semaine du 12 au 17 octobre, des associations du secteur social et médicosocial se sont mobilisées pour alerter sur la baisse des financements, à la suite d’un appel lancé par l’Uniopss et la Fédération des acteurs de la solidarité.  

Aujourd’hui, le collectif Alerte ne souhaite pas uniquement tirer la sonnette d’alarme à son tour, mais aussi « proposer un chemin pour réconcilier dans le débat public nos concitoyens avec le modèle social » à l’approche de l’élection présidentielle. 

 « Cela passe pour nous par cinq promesses républicaines que nous allons demander aux candidats à l’élection présidentielle de tenir », explique Olivier Noblecourt. 

  

Des propositions pour inverser la tendance 

  

Pour « cesser la pente de la paupérisation des plus pauvres », le collectif Alerte demande ainsi de créer un dispositif qui interdise le décrochage des prestations sociales et des aides au logement dans le temps, en fixant un seuil minimum indexé par exemple sur le Smic. L’objectif est « de ne plus avoir cette situation inacceptable qui fait que lorsque le RMI a été créée il représentait 46 % du niveau du Smic et aujourd’hui moins de 34 % », détaille Olivier Noblecourt.  

Le collectif souhaite également « qu’on permette réellement de sortir de la pauvreté par le travail », en assurant des niveaux de salaire suffisants et en investissant massivement dans les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi des plus vulnérables comme le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée.  

  

Accueils sociaux, lutte contre la pauvreté des enfants… 

  

Face à « un isolement social qui progresse », les associations appellent de plus à repenser l’architecture des accueils sociaux sous la responsabilité de l’État, dans une logique d’obligation. Le collectif, qui pointe un taux de pauvreté des enfants important en France propose aussi qu’une politique publique avec une trajectoire nationale y soit dédiée, avec des indicateurs mesurables annuellement sur la qualité de vie et la dignité des enfants. 

Enfin, il demande un investissement public concernant le logement et l’accès à la santé « à la hauteur des besoins des plus fragiles et de la société face au changement climatique ». 

  

« Le sentiment de ne pas être entendu » au sein des associations 

  

Alors que ces promesses font encore l’objet d’un travail au sein du collectif, Olivier Noblecourt défend une ouverture « à tous celles et ceux qui veulent nous rejoindre dans cette urgence absolue de placer la lutte contre la pauvreté au cœur du débat politique ».  

« Nous avons besoin d’être combattifs ensemble », abonde Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France et président du Mouvement associatif, dénonçant « une situation qui s’enlise et des pertes qui s’accumulent ». Avec les autres responsables d’associations présents, dont la Fédération des acteurs de la solidarité, l’Uniopss, l’Union nationale des associations familiales ou encore ATD Quart Monde, il dénonce « le sentiment de ne pas être entendus ». « C’est à croire que ce gouvernement ne voit pas, ne mesure pas. C’est profondément triste et choquant », estime Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés.  

À l’issue de ce travail collectif, les différentes mesures plus détaillées seront présentées « au plus tard début 2027 ». 

 

Élisabeth Crépin-Leblond

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