Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 6 mai 2026 - 11:15 - Mise à jour le 6 mai 2026 - 12:22 - Ecrit par : Célia Szymczak
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

Pour élaborer son plan stratégique, la Maif fait participer ses salariés

La mutuelle d’assurance associe une partie de ses salariés à la construction de son plan stratégique. À l’occasion d’ateliers, ils réfléchissent à sa mise en œuvre concrète. La rédaction de Carenews a assisté à l’un d’entre eux et a rencontré des participants.

Les salariés réunis lors du début de l'atelier sur l'intelligence artificielle. Crédit : Carenews.
Les salariés réunis lors du début de l'atelier sur l'intelligence artificielle. Crédit : Carenews.

 

En cet après-midi ensoleillé de fin avril, une quarantaine de salariés suivent attentivement la présentation en cours. Face à eux, diaporama à l'appui, trois intervenantes précisent ce qu’est un plan stratégique, des éléments de ceux des concurrents et la manière dont la Maif élabore le sien. « Votre place, elle va se jouer ici », annonce Claire Gaudin, associée du cabinet qui accompagne le groupe dans sa démarche, en parlant des déclinaisons opérationnelles du plan à définir.  

La mutuelle d’assurance a souhaité associer 284 de ses 10 000 salariés à la construction de cette feuille de route pour les quatre ans à venir, qui sera présentée en janvier prochain. Une partie d’entre eux sont réunis à Paris, pendant une journée et demie, afin de réfléchir au volet qui concerne l’intelligence artificielle. Les semaines précédentes et celles qui suivent seront l’occasion de sept autres ateliers sur des thèmes différents, comme la prévention et l’adaptation ou l’expérience des sociétaires, c’est-à-dire des clients.  

 

Une plus grande adhésion 

 

Ce n’est pas la première initiative de ce type pour le groupe. En 2024 par exemple, une « convention salariée » a été organisée sur l’intelligence artificielle générative. Trente personnes tirées au sort parmi les salariés de l’entreprise ont formulé des propositions sur le sujet. La direction générale a répondu à chacun des points, indiquant si elle le validait ou non, en justifiant sa décision.  

« Ces dispositifs participatifs sont de belles réussites. Ils fédèrent les équipes et sont utiles », juge Chloé Beaumont, responsable de l’élaboration du plan stratégique au sein de la Maif. Ils existent, selon elle, en raison de l’identité de l’entreprise – appartenant, comme toutes les mutuelles, à l’économie sociale et solidaire – et d’une « conviction forte du directeur général », Pascal Demurger. Mais elle estime aussi que l’implication de salariés pourrait faciliter le déploiement du plan stratégique dans les équipes et favoriser leur adhésion aux choix effectués

 


Lire également : Ces entreprises qui partagent mieux le pouvoir 


 

Une parole « très libre » 

 

Au moment de l’atelier, la direction générale a déjà identifié les grands « défis » auxquels le plan doit répondre, dont le développement de l’IA, tandis que les directeurs et directrices métier travaillent sur ses grandes orientations. « Nous avons eu une première partie, qui était assez importante, de diagnostic », contextualise Anaïs Thérond, qui participe à l’animation des sessions pour la Maif. Il est donc demandé aux participants de réfléchir à des actions concrètes et des indicateurs associés sur les sujets déjà identifiés. 

« Vous êtes en mesure de faire ce travail avec nous parce que vous êtes au plus près du terrain », affirme Fanchon Ribano, responsable veille et études stratégiques. Lors d’un moment consacré aux questions, l’un d’eux interroge la thématique de travail définie – l'IA abordée par le prisme des sociétaires – en soulignant qu’elle affecte aussi le quotidien d’autres acteurs, comme les prestataires. « Dans les différents ateliers, il y aura le temps et l’espace pour mettre ce point d’attention », répond Anaïs Thérond.  

Le cadrage prévu ne dérange pas les salariés rencontrés. « C’est normal », tranche Corine Benoist-Dussauye, 58 ans dont « 30 ans de Maif », qui travaille dans la gestion de sinistres à Versailles (Yvelines). « C’est rassurant. La parole était très libre à l’intérieur du cadre », abonde Marie Metais. Cette trentenaire, embauchée par l’entreprise il y a sept ans, est gestionnaire de sinistres corporels près de Niort (Deux-Sèvres). 

 

Une sélection visant à assurer la représentativité 

 

Selon ces salariées, les moments qui ont suivi la présentation initiale – auxquels Carenews n’a pas pu assister en raison de leur confidentialité – ont été beaucoup plus interactifs. En petits groupes, les participants ont exposé leurs idées, les ont confrontées et précisées. À la fin de la deuxième journée, ils ont rédigé six fiches détaillant leurs suggestions. « C’est une chance de donner notre point de vue », se réjouit Corine Benoist-Dussauye. 

Comme elle, 700 collaborateurs ont présenté leur candidature pour participer, en quelques jours. La sélection a été effectuée en fonction de la motivation exprimée et afin d’assurer une diversité en termes de genre, d’âge, d’ancienneté, de métier ou encore de lieu de travail. « C’est vraiment intéressant de mélanger les salariés et de les écouter sur des enjeux majeurs », considère Claire-Sophie Martel, l’une des participantes. La salariée de 31 ans occupe des fonctions financières dans les bureaux parisiens de la mutuelle depuis trois ans. 

 

Validation par le conseil d’administration 

 

Certains collègues des personnes questionnées ont fait preuve de scepticisme à l’annonce de la démarche. Mais les participants, eux, sont convaincus. « Je suis à la Maif pour des questions de valeurs », soutient Maxime Carré, 24 ans, conseiller commercial à Strasbourg (Bas-Rhin) depuis six mois. « Cet atelier m’a permis de vérifier ce que dit l’entreprise sur la participation des salariés ou le mutualisme ». Il suivra, comme ses homologues, les suites données à l’initiative avec attention. Un compte rendu de leurs discussions leur sera transmis la semaine suivante, ainsi qu’à l’ensemble des participants et managers. Ils recevront ensuite une synthèse de l’ensemble des travaux à la fin du processus de « co-construction  ». 

Ni Maxime Carré ni les autres salariés interrogés ne s’attendent à ce que la direction reprenne l’intégralité de leurs propositions. « Avant de m’inscrire, j’ai demandé si notre avis allait être pris en compte. J’ai été rassurée, sans qu’il y ait de fausses promesses », estime Claire-Sophie Martel.   

« Le conseil d’administration est l’entité qui valide le plan stratégique », a rappelé l’animatrice, Anaïs Thérond, lors du moment de présentation. « Ces ateliers sont un thermomètre qui nous permet de vérifier que nous sommes dans le juste et d’être plus en proximité du terrain », assure Chloé Beaumont, la responsable de l’élaboration du plan. « Nous les commençons dès le mois de mars parce que nous sommes convaincus de la pertinence du dispositif dès la conception. Nous ne voulons pas d’une validation cosmétique », certifie-t-elle. 

 

Célia Szymczak 

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer