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Par Carenews INFO - Publié le 27 mars 2026 - 18:36 - Mise à jour le 27 mars 2026 - 18:36 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Semaine de 4 jours : une expérimentation pour mesurer son impact sur les entreprises

L’organisation 4jours.work mène depuis 2025 une expérimentation autour de la semaine de quatre jours. Elle accompagne les entreprises qui souhaite la mettre en place tandis qu'une équipe de l’EMLyon business school réalise un travail de recherche académique.

Après une première phase de six mois, menée en 2025 auprès d’une vingtaine d’organisations volontaires, une deuxième étape a été lancée en février 2026. Crédit : iStock / Kristina Astakhova
Après une première phase de six mois, menée en 2025 auprès d’une vingtaine d’organisations volontaires, une deuxième étape a été lancée en février 2026. Crédit : iStock / Kristina Astakhova

 

À mesure que la semaine de 4 jours fait son chemin dans la société, le modèle suscite autant d’espoirs que de craintes. Permet-elle d’augmenter la productivité des travailleurs ou entraîne-t-elle une perte de compétitivité ? Améliore-t-elle la qualité de vie au travail ? Quels impacts sur le chiffre d’affaires de l’entreprise ? Comment la mettre en place : avec réduction du temps de travail ou sur le même volume horaire, de manière fixe ou variable ? Peut-elle convenir à tous les types d’activité ? 

Pour tenter de répondre à toutes ces questions, une expérimentation a été lancée l’année dernière en France. Elle est portée par 4jours.work, une organisation partenaire de l’association néo-zélandaise 4 day week global, dont le but est de promouvoir la semaine de quatre jours et qui est déjà à l’origine de plusieurs expérimentations notamment au Royaume-Uni, au Portugal, au Brésil, en Afrique du Sud et en Allemagne. 

 


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Une vingtaine d’organisations volontaires en 2025 

  

« La semaine de travail n’a pas été repensée depuis les années 1920. Le but est de sortir des postures idéologiques et d’objectiver le débat », explique Philippe du Payrat, cofondateur de 4jours.work, dont les activités consistent à « accompagner les entreprises qui veulent mettre en place la semaine de 4 jours mais ne savent pas par où commencer ». 

Pour analyser les effets de la mise en place de la semaine de 4 jours sur les entreprises ayant accepté de participer à l’expérimentation, un travail de recherche est effectué par une équipe de l’EMLyon business school. Cette dernière analyse les effets du passage à quatre jours pour l’organisation sur plusieurs points : la performance économique, la qualité de vie au travail des salariés, le temps libéré et l’impact sur l’environnement. 

L’expérience compte également parmi ses partenaires B-Corp France et la CFE-CGC. Après une première phase de six mois, menée en 2025 auprès d’une vingtaine d’organisations volontaires, une deuxième étape a été lancée en février 2026 avec pour objectif de « doubler le nombre d’entreprises prenant part à l’expérience française ». Les candidatures sont ouvertes du 1er mars au 30 juin 2026. « La flexibilité du temps de travail est l’avantage salarié le plus demandé, mais les entreprises n’ont pas le mode d’emploi », défend Philippe du Payrat. 

 


  

Un format à décliner 

  

Les secteurs d’activité des entreprises ayant participé volontairement à la première phase sont variés (BTP, marketing, boulangerie, cabinet de recrutement…) avec des tailles d’organisations comprises entre 5 et quelques centaines de salariés. « Ce n’est pas uniquement un truc de start-up », affirme Philippe du Payrat, qui estime que la mise en place du modèle « est plus facile dans les grandes organisations ». 

Pour le cofondateur de 4jours.work, plus qu’un modèle à apposer, la semaine de quatre jours consiste en une restructuration du temps de travail à adapter en fonction des entreprises. « Chaque organisation peur la mettre en place à sa manière. Par exemple, elle peut adopter une semaine de quatre jours et demi à travers une quinzaine de neuf jours ou opter pour une forme de saisonnalité avec des périodes à 4 jours et des périodes à 5 jours », détaille-t-il. Elle peut également se réaliser à temps de travail compressé ou réduit, avec ou sans suppression des jours de RTT. 

Mise en place à l’initiative des dirigeants, des salariés et des comités sociaux et économiques (CSE) ou des directions des ressources humaines, la semaine de quatre jours vise notamment à répondre à la baisse de l’engagement au travail et aux forts taux de burn-out, mais pas seulement. 

 

Faire société, c’est aussi être capable de donner du temps non marchand aux autres ».

Philippe du Payrat

  

Un enjeu de société  

  

C’est « un projet de transformation de l’entreprise » permettant de répondre à « une triple incertitude : sociale, environnementale et technologique », estime ainsi Philippe du Payrat.  

Face à l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA), la diminution du temps de travail est un moyen de redistribuer les gains de productivité, met-il par exemple en avant. « L’arrivée de l’IA est une disruption et historiquement, chaque disruption a amené à repenser la semaine de travail », défend-il. 

« C’est une question d’égalité femmes-hommes », appuie également le cofondateur de 4jours.work, à l’heure où la grande majorité des salariés à temps partiel sont des femmes. Alors qu’un salarié sur quatre sera aidant en 2030 selon le baromètre de l’association Je t'aide de septembre 2024 et que l’Insee prévoit une diminution du nombre d’actifs à partir de 2040, il s’agit enfin d’un enjeu de « justice générationnelle », considère Philippe du Payrat. « Faire société, c’est aussi être capable de donner du temps non marchand aux autres », souligne-t-il. 

 


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Élisabeth Crépin-Leblond 

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