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Par Fondation FDJ - Publié le 13 septembre 2021 - 16:59 - Mise à jour le 13 septembre 2021 - 17:13
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Charles Lantieri (FDJ) : « L’égalité des chances concerne avant tout les jeunes et leur capacité à construire leur vie future »

Depuis 2017, le groupe FDJ et sa fondation d’entreprise se mobilisent en faveur de l’égalité des chances dans les domaines de l’éducation et de l’insertion. Grâce à une dotation de 19,5 millions d’euros sur cinq ans, la Fondation FDJ soutient et accompagne de nombreuses associations dans leur développement et pour un passage à l’échelle. Dans cette interview, Charles Lantieri, directeur général délégué du groupe et président de la Fondation FDJ, souligne le dialogue permanent qui existe entre l’entreprise et la Fondation, analyse la montée en puissance du rôle sociétal des entreprises et dévoile les contours d’un programme d’urgence post Covid destiné à lutter contre la précarité étudiante.

Charles Lantieri (FDJ) : « L’égalité des chances concerne avant tout les jeunes et leur capacité à construire leur vie future ». Crédit photo : DR.
Charles Lantieri (FDJ) : « L’égalité des chances concerne avant tout les jeunes et leur capacité à construire leur vie future ». Crédit photo : DR.
  • Pourquoi avoir choisi d’engager la Fondation FDJ en faveur de l’égalité des chances ?

 

L’histoire de la Française des Jeux prend naissance dans la solidarité. Elle a été fondée en 1933 au profit des Gueules cassées de la Première guerre mondiale. En 1993, la fondation d’entreprise est née et   a presque 30 ans aujourd’hui. À l’époque, elle était la première fondation d’entreprise dédiée à la solidarité dans le sport et par le sport. Plus récemment, en 2017, nous avons choisi d’orienter de manière plus explicite encore l’engagement de la fondation en faveur de l’égalité des chances. Nous sommes partis d’un constat que tout le monde pouvait faire : la problématique de l’ascenseur social était de plus en plus présente dans notre pays, les inégalités s’accroissaient, avec toujours un important phénomène de reproduction sociale. Il fallait mieux organiser cette solidarité, pour que l’égalité des chances vive réellement dans notre pays et que tout le monde puisse avoir la possibilité de choisir et de construire sa vie dans la société.

 

  • Comment FDJ (le groupe et sa fondation) s’engage-t-elle concrètement en faveur de l’égalité des chances aujourd’hui ?

 

L’action de la Fondation FDJ sur l’actuel quinquennat 2018-2022 s’appuie sur un budget de 19 millions et demi d’euros, ciblés vers différents types d’actions : nous organisons des appels à grands projets avec des dotations, par association, qui s’échelonnent de 200 000 euros à un million d’euros sur deux ans. Notre méthode consiste à soutenir les meilleurs dispositifs possibles grâce à une logique de collaboration en amont de l’appel à projets. Nous sommes à l’écoute des besoins, identifions les associations et les projets et les aidons à candidater pour que les associations arrivent dans les meilleures conditions possibles, conscientes également que toutes ne pourront pas être retenues à l’issue de la sélection. Nous avons fait le choix de concentrer le budget sur peu de projets pour avoir un effet de changement d’échelle : nous soutenons des initiatives qui existent à petite échelle et qui ont prouvé leur résultat, mais qui ont encore du mal à avoir un impact régional ou national. L’idée est d’avoir une approche multifactorielle pour ces associations : d’abord le financement, nerf de la guerre, l’engagement des collaborateurs mais aussi le soutien des équipes de la Fondation tout au long du projet pour accompagner leur développement.

Nous ne voulons cependant pas oublier la multitude de petites associations qui agissent à un niveau local et bien souvent avec peu de moyens. Pour nous, le tissu local est très important. Nous sommes une entreprise des territoires s’appuyant sur 30 000 points de vente partout en France. Il est donc très important pour nous d’encourager les initiatives locales et nous le faisons par le biais du dispositif Tremplin, un système de parrainages d’associations très locales identifiées par nos collaborateurs et nos détaillants. Nous organisons ainsi chaque année des jurys qui récompensent plus d’une cinquantaine de projets avec des budgets de plusieurs milliers d’euros.

 

  • L’engagement des collaborateurs du groupe est donc essentiel pour faire vivre les missions de la Fondation FDJ…

 

Effectivement, nous avons à cœur de permettre à nos collaborateurs de s’engager. Pour cela, nous leur proposons une large palette de possibilités pour agir en faveur des associations soutenues par la Fondation. Soit un dispositif classique de financement solidaire pour ceux qui hésitent à donner du temps avec l’arrondi sur salaire, soit avec différentes missions de mécénat de compétences. Cela peut aller de quelques heures par an à plusieurs mois d’engagement. Nous avons d’ailleurs mis en place cette année une plateforme de l’engagement destinée aux collaborateurs pour que chacun puisse trouver une mission qui lui correspond. L’ensemble des membres du comité de direction de FDJ s’est engagé dans une action de mentorat au profit d’une association soutenue par la Fondation. J’ai par exemple fait ce choix de mentorer un réfugié accompagné par l’association each One qui est entré récemment dans le programme de la Fondation. Ce projet me touchait, j’ai donc choisi de m’engager au côté de quelqu’un qui n’a plus rien et qui souhaite reconstruire sa vie. 

Il faut bien comprendre que la Fondation FDJ n’est pas une entité en plus, détachée de l’entreprise. La politique de la Fondation s’inscrit dans la politique globale du groupe et la raison d’être du groupe FDJ, qui est désormais inscrite en préambule des statuts de l’entreprise. Elle est la Fondation des collaborateurs et elle est importante pour eux. Nous avons d’ailleurs un taux d’engagement de nos collaborateurs qui est de 91 %, c’est extrêmement élevé dans le monde l’entreprise. La FDJ est fière de ce que fait sa fondation d’entreprise. Il existe un dialogue permanent entre le groupe et sa fondation.  

  • Comment analysez-vous la montée en puissance de l’engagement sociétal dans les grandes entreprises ?

 

De plus en plus, les grandes entreprises sont conscientes du lien qu’elles ont avec leur environnement : l’environnement tout court, mais aussi au sens large, c’est-à-dire l’ensemble des territoires sur lesquels elles agissent, les clients avec lesquels elles sont en contact, leurs fournisseurs et collaborateurs. Son rôle n’est plus seulement de faire du profit et de donner de l’emploi mais d’avoir un impact positif sur son environnement.

Je pense que c’est un mouvement de fond. Il s’est traduit récemment en France dans la Loi Pacte autour du rôle de l’entreprise, mais on constate cette traduction juridique dans de nombreux pays. Désormais les entreprises peuvent inscrire leur raison d’être dans leur statut et en faire un outil de pilotage de leur stratégie, au même titre que leur raison sociale. On constate également cette évolution en bourse avec l’émergence de critères extra-financiers, par exemple les fonds ISR, qui sont maintenant pris en compte dans la capacité d’une entreprise à faire un parcours boursier positif.

Et bien sûr, cela correspond à une attente des salariés des entreprises et notamment des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Ils posent ces questions explicitement, individuellement et même collectivement : je pense par exemple au « Manifeste étudiant pour un réveil écologique ». Les citoyens attendent des réponses et des solutions de la part des grandes entreprises et non plus seulement de l’État. Ce phénomène, finalement assez récent, ne va, à mon sens, pas diminuer. Pendant longtemps les discours portaient davantage sur les problèmes posés par les grandes entreprises mais de plus en plus, elles sont considérées comme faisant partie aussi des solutions.

 

  • La Fondation FDJ lance un nouveau programme pour lutter contre la précarité étudiante accentuée par la crise sanitaire. Pourquoi avoir choisi de mener ce combat ?

 

Le constat est unanime : la jeunesse souffre particulièrement de la situation liée au Covid-19. Les confinements ont engendré une fragilisation économique avec la disparition des jobs étudiants, une perte de lien social et de plus en plus de détresses psychologiques. La précarisation s’est donc accrue pour les jeunes, chez les étudiants mais pas seulement. Pour nous, cette situation constitue une forme de régression sur le chemin de l’égalité des chances. L’égalité des chances concerne avant tout les jeunes et leur capacité à construire leur vie future. Il nous a paru évident qu’il fallait mener une action spécifique qui leur était destinée sans que cela se fasse aux dépens des autres actions menées par la Fondation. 

C’est pourquoi FDJ a prévu une dotation spécifique de deux millions d’euros pour que sa Fondation puisse répondre à l’urgence dès cette rentrée scolaire. Ce budget permettra d’aider 15 000 jeunes pendant deux ans via quatre associations : les Restos du cœur, Apprentis d’Auteuil, l’Afev et Article 1. L’objectif est de pouvoir répondre à la fois à des besoins de première nécessité, comme le logement et l’alimentation, mais aussi de soutenir des dispositifs qui permettent de lutter contre l’isolement (mentorat entre étudiants) et le décrochage (retour vers l’apprentissage). 

Nous sommes dans un contexte où les besoins sont très importants en raison des conséquences de la crise sanitaire. Une entreprise comme FDJ dont la santé financière est bonne peut et doit se permettre, conformément à ses valeurs, de financer de manière efficace sa Fondation et les associations qui luttent en faveur de l’égalité des chances.

 

 

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