Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 31 août 2020 - 08:00 - Mise à jour le 31 août 2020 - 10:00
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

Des « bacs à marée » pour collecter les déchets plastiques sur les plages

Comme chaque lundi, Carenews vous présente une initiative inspirante pour bien commencer la semaine. Aujourd’hui, découvrez « Bacs à Marée », un dispositif mis en place par la coopérative TÉO pour lutter contre la pollution plastique sur les littoraux.

Pour s'intégrer au paysage, les bacs à marée sont fabriqués en bois. Crédit photo : teo/© mélanie bahuon / Neutral_Grey / saif images.

 

Sur les 300 millions de tonnes de plastique produites dans le monde chaque année, plus de 8 millions seraient déversées dans les océans, selon l’association The SeaCleaners. Un constat alarmant qui a poussé Fabrice Faure, navigateur et chef d’une entreprise de construction de bateaux, à créer en 2009 TÉO, une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui lutte contre la pollution plastique en mer. Parmi les nombreux projets de ce bureau d’études, un dispositif de « bacs à marée » a été mis en place en 2018. Il permet de collecter, trier, recycler et parfois revaloriser les déchets plastiques échoués sur le littoral Atlantique. 

Sa particularité ? Grâce à une carte interactive, les citoyens peuvent facilement localiser les bacs à marée proches de chez eux et ainsi y déposer les déchets plastiques qu’ils récoltent sur les plages. Une fois ces bacs en bois remplis, il leur suffit de contacter TÉO.  Des entreprises d’insertion, qui emploient pour la plupart des chômeurs de longue durée, viennent alors récupérer les bacs pleins pour ensuite trier et compter les déchets.

24 tonnes de déchets récoltées

Ce dispositif a permis de récolter plus de 24 tonnes de déchets plastiques sur les plages de la région Nouvelle-Aquitaine selon le bilan de sa campagne 2019-2020. Un chiffre en hausse de plus de trois tonnes par rapport à l’année précédente, notamment grâce à l’expansion du réseau. Il compte aujourd’hui une cinquantaine de bacs répartis dans une vingtaine de communes de la région. 

La coopérative a fait le choix de se positionner sur les macro-déchets plastiques, ces déchets solides visibles à l’œil nu qui viennent s’échouer sur les plages lors de tempêtes, de vents forts ou de grandes marées. Une façon d’assurer un certain impact au dispositif, défend Fabrice Faure : « On ne veut pas seulement dire “il n’y a qu’à”, “il faut qu’on”, on fait le choix de dire “voilà ce qu’on fait”. »

Les macro-déchets sont des déchets solides visibles à l'oeil nu. Crédit photo : teo/© mélanie bahuon / Neutral_Grey / saif images
Les macro-déchets sont des déchets solides visibles à l'oeil nu. Crédit photo : teo/© mélanie bahuon / Neutral_Grey / saif images.

Évaluer l’état écologique des plages

En partenariat avec les associations Sea-Mer Asso, ANSEL et SOS Mal de Seine, TÉO analyse ensuite les déchets collectés. Cela permet à ces premières de suivre l’évolution de la pollution plastique sur le littoral de la région et d’analyser l’origine des plastiques.  : « Il nous arrive d’identifier 14 sources mondiales de déchets dans un seul bac à marée », s’indigne Fabrice Faure.

En 2019, 88 % des déchets collectés ont fait l’objet d’une valorisation énergétique, c’est-à-dire qu’ils ont été brûlés pour être transformés en énergie. Une petite partie, telle que du matériel de pêche professionnel réutilisable, est récupérée et stockée en vue d’être revalorisée. 

Une collaboration étroite avec les collectivités locales

Soutenu par le ministère de la transition écologique et la région Nouvelle-Aquitaine, le dispositif BAM fonctionne en étroite collaboration avec les collectivités locales concernées, qui financent la collecte des bacs. Un coût estimé à 100 euros par mois, par bac. Dans le détail, un tiers est financé par la communauté de communes et deux tiers par les communes concernées. 

La moitié des frais liés au traitement des déchets est elle prise en charge par le Comité Régional Conchylicole (CRC) de Charente-Maritime. Les bacs à marées, qui coûtent environ 300 euros chacun, sont quant à eux financés par la Fondation Léa Nature et la Fondation de France.

Alors que le projet a reçu le Prix de l’inspiration en ESS organisé par la Fondation Crédit Coopératif, une cagnotte en ligne a également été mise en place sur la plateforme le Pot Commun du Crédit Coopératif afin de financer les projets de la coopérative. La somme récoltée pourrait servir à développer l’application du dispositif ou encore à lancer une campagne de communication afin de sensibiliser davantage les citoyens à l’utilisation des bacs à marée ainsi qu’à la pollution plastique. 

Lisa Domergue 

Fermer

Inscription à la newsletter

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer