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Par Carenews INFO - Publié le 21 avril 2020 - 09:00 - Mise à jour le 21 avril 2020 - 09:37
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Des cabines de téléconsultation pour lutter contre la désertification médicale et le Covid-19

Développées depuis deux ans par la startup Tessan, les cabines de téléconsultation médicale trouvent une utilité supplémentaire avec l’épidémie de coronavirus. Équipées de dispositifs médicaux connectés, elles permettent de consulter un médecin généraliste ou spécialiste depuis une pharmacie.

Crédit photo : Tessan.

Avec la pandémie de Covid-19, la téléconsultation médicale est en plein essor. Des mesures dérogatoires ont été mises en place par la Sécurité sociale pour en encourager le recours et ainsi limiter les risques de contagion au sein des cabinets médicaux. Avec, toutefois, des limites, les patients n’étant notamment pas équipés des dispositifs médicaux permettant de les ausculter. Une réflexion sur laquelle la startup parisienne Tessan, créée en 2015, a quelques longueurs d’avance.

La jeune pousse est spécialisée dans les solutions phygitales de télémédecine, soit physiques et digitales. Depuis plus de deux ans, elle développe des cabinets médicaux connectés et équipés qu’elle installe dans des pharmacies. L’objectif : lutter contre la désertification médicale. Les personnes ne trouvant pas de médecin généraliste ou spécialiste, ou dont le médecin est débordé, disposent ainsi d’une alternative de dépannage. 


> Lire aussi : Notre dossier sur l’épidémie de coronavirus


Consulter un médecin en quinze minutes

« C'est une cabine complètement insonorisée » a expliqué Jordan Cohen, le cofondateur de Tessan à France Bleu. « À l'intérieur, on a accès à plusieurs objets connectés et on parle au médecin par visio-conférence. Il a accès à toutes les données en direct et peut traiter 90 % des pathologies à distance. » 

Les patient·e·s y créent leur compte, en renseignant notamment leur numéro de sécurité sociale, et voient un médecin après quinze minutes d’attente environ. Ce dernier peut procéder à l’auscultation à l’aide, si nécessaire, des sept appareils disponibles dans la cabine (un thermomètre, un tensiomètre ou encore un stéthoscope connectés). Une fois la téléconsultation terminée, le médecin rédige à distance le bilan de consultation et une éventuelle ordonnance, qui est imprimée directement dans la cabine. Côté hygiène, du gel hydrocalcoolique, des lingettes antiseptiques et des embouts à usage unique sont à disposition, et les cabines sont régulièrement désinfectées.

Des consultations prises en charge par la Sécurité sociale

Tessan travaille avec un réseau de médecins généralistes et spécialistes inscrits au Conseil national de l’ordre des médecins et conventionnés par la sécurité sociale. Les patients·e·s peuvent donc bénéficier du tiers-payant, et l’accès au dispositif est gratuit pour les médecins. Ce sont les pharmacies qui règlent la facture, suivant deux modèles économiques, comme La Tribune le rapporte : « soit un achat au prix de 70 000 euros l'unité, avec 500 euros par mois d'abonnement pour la maintenance, ou un leasing total au prix de 1 500 euros par mois pendant cinq ans »

« Cette crise a montré la pertinence de la télémédecine »

Déjà disponible dans plus de 60 pharmacies en France, la cabine de Tessan rencontre un succès grandissant depuis le début de la pandémie de Covid-19, comme Lucas Goumarre, directeur du développement de la startup, l’a expliqué :

« Notre activité s'est intensifiée avant le confinement. Notre premier marché était les installations au sein des pharmacies, mais nous évoluons désormais vers des demandes issues directement des mairies. Cette crise a montré la pertinence de la télémédecine et convaincu certains acteurs de la santé qui étaient plus sceptiques. »

Une cabine a par ailleurs été installée sur l'aire de repos de Saint-Rambert-d'Albon (Drôme), sur l'autoroute A7 début avril. Les chauffeurs routiers n’ont ainsi pas à attendre de rentrer chez eux pour pouvoir consulter. Si le test est concluant, Tessan compte déployer quatre autres cabines dans des aires de repos en France. 200 nouvelles cabines devraient par ailleurs être installées dans les pharmacies d’ici la fin de l’année. Pour Jordan Cohen,

« On est pas la pour remplacer la consultation classique. On est là pour pallier des urgences, pour avoir des premières réponses. Les gens sont prêts je pense. Ces cabines vont permettre de démocratiser la télémédecine.» 

Mélissa Perraudeau 

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