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Par Carenews PRO - Publié le 8 octobre 2020 - 08:00 - Mise à jour le 13 octobre 2020 - 11:51
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Franck Carnero (MAIF) : « Notre transformation en société à mission n’est pas cosmétique »

Avec 8 000 salariés et plus de trois millions de sociétaires, la MAIF est la première grande entreprise à s’être engagée sur la voie de la société à mission. Une décision entérinée en juillet dernier, à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire. Franck Carnero, Chief mission officer de la MAIF revient pour Carenews sur cette transformation.

Franck Carnero, Chief mission officer de la MAIF. Crédit photo : Emmanuelle Brisson / MAIF.
  • En quoi consiste au quotidien le métier de Chief mission officer ?

Depuis un an, je suis chargé de la mise en œuvre de la qualité de société à mission. Avec mon équipe, nous avons ainsi travaillé à l’élaboration d’objectifs environnementaux et sociaux, à la rédaction des nouveaux statuts et à la gouvernance. Nous avons aussi collaboré avec les différents métiers du groupe pour écrire une feuille de route qui viendra nourrir dès 2021 les objectifs statutaires plus opérationnellement. 

  • Peut on parler d’un nouveau métier ou d’une nouvelle manière de faire de la RSE ?

Notre transformation en société à mission n’est pas cosmétique. À mon sens, elle va plus loin que la RSE, car nous cherchons à déterminer en quoi le fait d’être utiles à nos parties prenantes va nous amener à être plus performants. C’est donc un nouveau métier. Mais je pilote en effet une dizaine de personnes du département RSE et des représentants des métiers dotés d’une compétence RSE. Je rends directement compte au directeur général de l’avancée de notre transformation.

  • Qu’est-ce que cette évolution a nécessité sur le plan opérationnel ? 

Il nous a fallu mener un travail très intense de consultation de nos parties prenantes pour déterminer quels pouvaient être les objectifs statutaires venant caractériser notre raison d'être (voir encadré). D’octobre à décembre 2019, nous avons ainsi organisé des séries d’entretiens et des focus groups avec des sociétaires et des salariés pour nourrir notre réflexion sur le plan qualitatif. Nous avons aussi lancé une consultation plutôt quantitative, adressée à 200 000 sociétaires (particuliers, associations et collectivités). Pour nous, cette étape était essentielle, car il ne s’agit pas uniquement d’un sujet de top management. 

  • Et sur le plan juridique ?

Nous avons été accompagnés par un cabinet pour la rédaction de nos nouveaux statuts. Nous voulions en effet nous assurer que l’on ne ferait pas prendre de risques juridiques disproportionnés à l’entreprise et à ses dirigeants. Sur le fond, nous avons aussi réfléchi pour savoir si nos objectifs étaient suffisamment ambitieux et cohérents avec l’esprit de la loi. Il ne faut pas tout déléguer à l’extérieur lorsque l’on s’engage sur la voie de la société à mission. Bénéficier du regard d’un expert est néanmoins essentiel. 

  • Comment serez-vous évalués sur le suivi de votre mission ?

On attend de voir quels seront les tiers indépendants qui vont se positionner sur le marché. Il s’agira probablement du même type de cabinet qui évalue la performance extra-financière des entreprises. 

  • À votre avis, quels sont les ingrédients pour que cela fonctionne ?

La première chose, c’est de s’engager avec volontarisme. La stratégie et l’opérationnel doivent être bien alignés. Donc la sincérité est essentielle. Si certaines entreprises étaient tentées de devenir société à mission uniquement pour l’image, cela ne tiendrait pas dans la durée. La mission est liée à l’histoire de l’entreprise et la manière dont elle se projette. À la MAIF, nous trouvons qu’avoir mené une politique RSE depuis 2003 nous aide grandement à passer ce palier supplémentaire. 

  • Au final, qu’est-ce que cela change d’être société à mission ?

Dans nos discussions en interne, nous disons souvent que cela change à la fois tout et rien. L’entreprise était déjà très engagée, mais le fait d’inscrire une mission dans les statuts, dont le suivi sera contrôlé par un comité de mission et un tiers indépendant, garantit qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible. Nous nous inscrivons dans un mouvement toujours plus exigeant. 

  • Quelles sont les prochaines étapes ?

Nous allons prochainement présenter la composition de notre comité de mission. Il s’agira pour moitié de personnes qui représentent les sociétaires, la direction générale et les salariés, et pour moitié des personnalités externes en capacité de nous éclairer sur le climat, l’égalité des chances et les grandes mutations du monde de l’entreprise.

Nous travaillons aussi à démontrer que ce que l’on entreprend avec la qualité de société à mission a bien une incidence sur la performance de l’entreprise. Nous en sommes convaincus, mais nous voulons mieux évaluer ce lien pour pouvoir répondre aux personnes plus cyniques. En l'occurrence, depuis le mois de juin, l’attractivité de la MAIF est supérieure au marché. Est-ce que les engagements du groupe y sont pour quelque chose ? Je pense en tout cas que les citoyens et consommateurs vont être de plus en plus sensibles à des produits ayant un supplément d'âme.

Propos recueillis par Hélène Fargues 

La raison d'être de la MAIF

« Convaincus que seule une attention sincère portée à l’autre et au monde permet de garantir un réel mieux commun, nous, MAIF, plaçons cette attention au cœur de chacun de nos engagements et de chacune de nos actions. »

La MAIF se donne pour mission de poursuivre cinq objectifs sociaux et environnementaux :

1. Placer l’intérêt de ses sociétaires au cœur de ses activités

2. Favoriser, par une attention sincère, l’épanouissement de ses acteurs internes au sein d’un collectif engagé

3. Contribuer à la construction d’une société plus solidaire à travers ses activités

4. Contribuer à la transition écologique à travers ses activités

5. Promouvoir le développement de modèles d’entreprises engagées dans la recherche d’impacts positifs

 

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