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Par Carenews PRO - Publié le 5 novembre 2020 - 17:00 - Mise à jour le 5 novembre 2020 - 17:00
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[HORS-FRONTIÈRES] American Friends ? Quand la France vote pour les dollars

Un peu plus d’un an après l’incendie de Notre-Dame de Paris et en pleine élection du président des États-Unis d’Amérique, le Hors-Frontières de ce mois vous propose d’aller à la rencontre de cet étrange concept qu’est la philanthropie franco-américaine. En effet, quel travail les associations du type « American Friends » font-elles ? Quels changements à l’aune de l’élection américaine ? Explications.

American Friends; Crédit : : rarrarorro

 

De « Chers amis américains »

Si vous vous intéressez au sujet, le premier ouvrage que vous voulez lire pour approfondir le sujet est celui d’Anne Monier (qui vient de rejoindre la Chaire Philanthropie de l’ESSEC) et qui consacre le dernier (seul ?) ouvrage de référence sur le sujet en France. Nos Chers Amis Américains. Une enquête sur la philanthropie transnationale (PUF, 2019). Mais pas facile d’en savoir plus sur ces organisations : créées par des institutions culturelles françaises de tailles variables, elles sont relativement difficiles d’accès. C’est d’ailleurs le constat fait par Anne Monier : « Très rapidement on m'a dit qu'il fallait que je passe directement par les associations pour rencontrer les mécènes. Je suis donc partie aux États-Unis ». Au total, la chercheuse a pu rencontrer quatre organisations différentes et assister aux évènements de huit associations rassemblant des donateurs américains. Les American Friends.

 

“Give, get or get out”

Car les profils des organisations qui lèvent des fonds aux USA sont plus hétérogènes que l’on pourrait le penser. « Les très grosses institutions culturelles françaises collectent quelques millions d’euros et jusqu’à 10 millions pour ceux qui incluent les dons d’œuvres d'art. D’autres vont collecter quelques centaines de milliers d'euros ». Des montants qui représentent parfois des parts non négligeables de leur budget. Ce sont par exemple les dividendes d’un travail de longue haleine que retirent aujourd’hui des organisations comme le Musée Franco-Américain de Blérancourt ou la Foundation for Transatlantic Values créée par la Communauté d’Agglomération de Saint-Omer.

Quel est le quotidien de ces associations qui lèvent des fonds aux USA ? « Ce sont la plupart du temps de petites organisations qui comptent une à trois personnes » précise Mme Vienot-Tronche, ancienne Directrice des American Friends of the Paris Opera and Ballet. Les moyens limités des associations d’American Friends les amènent à se reposer davantage sur le travail de leur gouvernance : « Il faut avoir sur le board les bons profils pour faire naître les contacts et impliquer les uns et les autres dans la vie de l’organisation. » Le but ? Que les membres du board « give, get or get out ». Traduction : qu’ils soient donateurs, apportent leur réseau… ou s’en aillent.

 

Old et New Money, les métamorphoses de la philanthropie américaine

Néanmoins, les États-Unis ne sont pas pour autant une terre promise du fundraising. C’est le constat fait par Laure Vienot-Tronche, ancienne directrice de l’association des American Friends de l’Opéra de Paris : « Il y a cette idée européenne que l'argent coule à flot aux USA. Néanmoins, il faut bien dire que le marché commence à saturer. »

Et cette évolution n’est pas la seule rencontrée par les organisations françaises qui lèvent des fonds aux USA. Le profil des philanthropes est lui aussi en train de changer : « Hier, la notion de Give Back était centrale et les donateurs adhéraient à une cause propre à leur histoire ou à l’histoire franco-américaine, à leur famille. C’était un attachement "transmis".» Mais ces profils évoluent : les jeunes philanthropes ont déjà beaucoup voyagé, se centrent moins sur un seul et unique sujet et recherche d’autres schémas d’implication. Traditionnellement les donateurs sont du « Old Money » et l’arrivée des entrepreneurs de la tech et du « new money » crée parfois des tensions entre générations. « Nous ne sommes plus uniquement dans une époque où l’on organise un dîner de gala et où les gens sortent le carnet de chèque. Les donateurs veulent comprendre l’impact de leur don et être impliqués dans sa mise en œuvre. Les plus grands mécènes sont également souvent des gestionnaires attentifs », souligne Laure Vienot-Tronche.

Autre élément, les reconnaissances d’État (décoration, réception par un officiel…) sont, semble-t-il, régulièrement attribuées par les représentants de la France et sont assez prisées.

 

De nouveaux fundraisers

Mais les Français ne sont pas les seuls à lever des fonds aux USA. D’ailleurs, les soubresauts que peut parfois connaître la relation franco-américaine sont du plus mauvais effet sur les levées de fonds. La guerre en Irak et le célèbre discours de Dominique de Villepin à l’ONU furent ainsi un moment difficile pour ces associations. Par ailleurs, les centres d’intérêt géo-politiques guident en partie l’allocation des fonds. Ainsi, les American Friends du Shanghai Museum ont pris, en quelques années, une importance rarement vue auparavant et croulent sous les propositions de dons et les demandes d’adhésion.

 

William Renaut 

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