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Par Carenews INFO - Publié le 25 novembre 2020 - 10:00 - Mise à jour le 25 novembre 2020 - 10:00
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Journée contre les violences faites aux femmes : les associations mobilisées malgré le confinement

Ce 25 novembre marque la 21e Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Malgré le confinement, les associations se sont mobilisées après une année 2019 au « triste record des féminicides conjugaux », et alors que le gouvernement a décidé de mettre en concurrence la gestion de la ligne d’écoute du 3919.

Crédit photo : nito100.

Depuis 1999, le 25 novembre est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Et 21 ans après sa création, elle reste plus nécessaire que jamais, comme le souligne la Fondation des Femmes : « Alors qu’elle devait être une année d’espoir pour les femmes victimes de violences avec la mise en avant médiatique et la tenue du Grenelle des violences, 2019 aura finalement été celle du triste record des féminicides conjugaux : avec une hausse de 21 à 25% des féminicides conjugaux, il s’agit de l’année la plus meurtrière depuis une décennie »

Chaque année, au moins 220 000 femmes majeures sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple selon l’Observatoire national des violences faites aux femmes, et 93 000 sont victimes de viol ou d’une tentative de viol selon l’Enquête Cadre de vie et sécurité 2019 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Des statistiques accablantes, que le confinement n’a fait qu’empirer. 

Une mobilisation dans la rue et en ligne

Le collectif #NousToutes a ainsi détaillé auprès de France 24 comment le printemps 2020 avait vu les appels au 3919, la ligne nationale d’écoute Violences Femmes Info, augmenter de 400 %, et les dépôts de plaintes pour violences conjugales de 36 %. Un an après sa marche contre les violences sexistes et sexuelles qui avait mobilisé 150 000 personnes, #NousToutes a décidé d'« envahir les réseaux sociaux, à défaut de pouvoir envahir la rue » avec une journée de mobilisation en ligne. Ce samedi 21 novembre, plus de 6 000 activistes ont participé aux actions organisées, des formations en ligne à l’accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles aux rencontres avec des militantes et interpellations de personnalités politiques sur Twitter. Avec un objectif double, comme la militante féministe Caroline De Haas, membre de #Noustoutes, l’a précisé à l’AFP :

« Pour en finir avec les violences il y a deux leviers. Le premier c’est des politiques publiques ambitieuses qui permettent de faire de la prévention, de l’éducation, de la formation et de prendre en charge de manière efficace toutes les victimes. Le deuxième c’est nous. C’est à chacune et chacun de se former, de sensibiliser, d’informer nos proches et nos amis sur ces sujets.»

A Paris, Alençon, Nîmes ou encore Toulouse, des manifestations sont tout de même prévues ce 25 novembre, dans le respect des gestes barrière. Le Collectif national pour les droits des femmes, les Effrontées, Osez le Féminisme !, la Maison des femmes de Paris… Dans un communiqué commun, une trentaine d’associations, collectifs, organisations et syndicats féministes ont appelé à se mobiliser pour revendiquer, notamment, « un milliard pour lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles en France », « la mise à l’abri ou la protection des femmes victimes » ou encore « la ratification par la France de la “Convention contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail” de l’Organisation internationale du travail (de juin 2019 !) »

Les associations dénoncent le « sous-financement chronique du secteur »

Des revendications partagées par la Fondation des Femmes, qui a publié, à l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes, son quatrième rapport intitulé « Où est l’argent pour protéger les femmes victimes de violence ? ». « Notre rapport démontre que la lutte contre les violences faites aux femmes est loin de bénéficier des efforts nécessaires pour couvrir les besoins et que ces augmentations ne résolvent pas la question du sous-financement chronique du secteur. Par ailleurs, la décision d’ouverture de marché public pour le passage du numéro 3919 en 24h/24 fragilise le secteur associatif », explique-t-elle dans un communiqué

Cette mise en concurrence a été largement dénoncée par les associations féministes ainsi que par un collectif de personnalités qui a épinglé, dans une tribune publiée sur Le Monde, « un risque majeur de voir la qualité du service réduite ». « En signant cette tribune, nous voulons exprimer notre soutien aux centaines de milliers de femmes victimes de violences et à leurs enfants. Nous comptons sur le gouvernement pour entendre cet appel », concluent les signataires.

 

Mélissa Perraudeau 

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