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Par Carenews INFO - Publié le 9 avril 2021 - 11:00 - Mise à jour le 12 avril 2021 - 11:37
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Fondation Jean Jaurès : portrait d’une jeunesse engagée pour des causes sociales et environnementales

La Fondation Jean Jaurès publie une étude sur la vision du social par les jeunes. Défendre une cause, s’engager pour l’égalité des genres et l’environnement, les jeunes ne sont pas désintéressés des enjeux sociétaux. Bien au contraire. Explications.

La Fondation Jean Jaurès analyse l'engagement sociétal des jeunes Crédit : iStock
La Fondation Jean Jaurès analyse l'engagement sociétal des jeunes Crédit : iStock

 

A l’occasion de la deuxième édition du programme Social Demain, L’IFOP et Temps Commun ont réalisé une étude intitulée Le regard des jeunes Français sur les enjeux sociaux*. Le programme Social Demain regroupe chaque année une cinquantaine de jeunes invités à parler des enjeux sociaux avec des acteurs, personnalités du social. Fondé par Philippe Campinchi et Denis Maillard en 2017, le programme vise à comprendre les évolutions sociétales passées, actuelles et futures, pour comprendre la relation entretenues avec la question des enjeux sociaux. 

Aujourd'hui, alors que le clivage politique socialistes contre libéraux a laissé place aux combats libéraux contre nationalistes, alors que le mondialisme et les réseaux sociaux ont transformé nos sociétés et nos moyens d’actions, quelle est la vision du social et des enjeux sociaux des jeunes français ? Quelles actions pensent-ils efficaces ? 

 

Le social, qu’est ce que c’est ? 

Les jeunes estiment que le social, c’est avant la solidarité (52 %), l’assistance (52 %), le partage (27 %). A l’inverse, le conflit (9 %), la grève (7 %) ne représentent pas la notion d’enjeu social. « La génération des 18-35 ans reste attachée à une définition du social apaisée, solidaire et peu conflictuelle ; loin des conjectures médiatiques sur la révolte, le passage à l’acte ou la désobéissance et l’indocilité de cette génération », expliquent Philippe Campinchi et Denis Maillard. 

 

Le social, une action avant tout citoyenne 

41% des sondés pensent que l’acteur principal des enjeux sociaux est le citoyen, devant les pouvoirs publics (34 %), les associations (15 %), les entreprises (6 %) et les syndicats (4 %). L’apparition des réseaux sociaux, la chute de confiance envers les politiques, envers l’avenir, amène les jeunes à penser que l’action civique, indépendante de toute institution ou organisme, est de loin la meilleure manière de répondre aux enjeux sociaux. 

Le moyen le plus efficace de défendre une cause sociale est de donner de son temps pour 80 % des jeunes interrogés, de mobiliser autour de soi (79 %) ou de signer une pétition (59 %). Les réseaux sociaux sont devenus des canaux d’action sociale, de sensibilisation, ce qui émancipe le citoyen du domaine associatif ou des revendications politiques. 64 % et 58 % des sondés estiment respectivement que la diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux, et le fait de se regrouper collectivement dans des groupes sur ces réseaux est efficace pour lutter socialement. 

 

Les causes qui animent la nouvelle génération 

Au-delà des idéologies politiques, deux thématiques apparaissent comme les principales préoccupations des jeunes actuellement : l’égalité des genres, et l’environnement. « Au point de se demander si, au sein de la génération montante, la part du social n’est pas retenue dans ces seuls engagements, avec la cause LGBT+ ». D’autres thèmes sont abordés comme la lutte contre la corruption, lutte pour l’insertion professionnel, l’aide à l’insertion des réfugiés, les modèles de coopération économiques et sociales à impact, relevant d’une révolution du rôle de l’entreprise et d’une évolution du modèle libérale, ou encore les questions de formations et de compétences.  

Il existe un écart générationnel probant en termes de revendications, symbolisé par la lutte des gilets jaunes, et l’opposition entre des classes sociales déclassées et luttant pour leur survie, et une jeunesse LGBT+ et écologistes. « Sur le papier, la convergence des luttes sociales et climatiques fonctionne. Mais, dans les faits, les catégories populaires ne voient pas les solutions portées par la jeunesse urbaine et diplômée comme s’appliquant à leur réalité », nous expliquent Philippe Campinchi et Denis Maillard. La question climatique a bouleversé le regard que porte la jeunesse sur les enjeux sociaux. « Celle-ci semble [...] écraser de son urgence la scène d’ensemble au point de relativiser la fameuse question sociale ». C’est la génération « fin du monde » et pas « fin du mois ».

 

L’action politique et la démocratie plébiscitée

Malgré la crise de confiance envers nos démocraties participatives dans la totalité des pays occidentaux, les pouvoirs publics restent des acteurs capables de répondre aux enjeux sociaux. Pour 34 % des jeunes ayant participé à l’étude, les pouvoirs publics sont le principal acteur à même de s’occuper des ses questions, devant les associations (15 %) et syndicats (4 %), mais derrière le citoyen (41 %). Voter aux élections est le moyen le plus efficace de défendre une cause sociale selon 70 % des sondés. Participer aux débats démocratiques de par les manifestations (58 %), le militantisme syndicale (65 %), la grève (54 %), sont efficaces pour améliorer les choses. 

En revanche, des actions anti-démocratiques, anarchistes ou violentes sont décriées. 67 % des jeunes interrogés considèrent que les actes de désobéissances civiles sont inefficaces pour répondre aux enjeux sociaux. Ce chiffre augmente encore en ce qui concerne les actes de casses et de vandalismes pour 77 % des sondés, que l’on peut rapporter aux actions des Black Blocs ou à la véhémence de certains jeunes. 

 

*Source Fondation Jean Jaurès : enquête construite à partir d’un échantillon de 1000 personnes, âgées de 18 à 34 ans, interrogées grâce à un questionnaire auto-administré en ligne, publiée le 2 avril 2021.

Florian Grenon

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