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Par Carenews INFO - Publié le 18 janvier 2021 - 08:00 - Mise à jour le 18 janvier 2021 - 08:00
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Mouv'up, le programme qui favorise l’insertion professionnelle des jeunes de banlieue

Comme chaque lundi, Carenews vous présente une initiative inspirante pour bien commencer la semaine. Aujourd’hui, découvrez le programme expérimental de recrutement Mouv’up. Porté par l’ancien maire de Sevran Stéphane Gatignon et Bernard Gainnier, président de PWC France et Maghreb, il vise à trouver un emploi à « ceux qui ne sont plus soutenus ni accompagnés par la société ».

Crédit photo : http://www.fotogestoeber.de.
Crédit photo : http://www.fotogestoeber.de.

Pour Stéphane Gatignon, l’ancien maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), « entreprises et quartiers sont deux mondes parallèles qui ne se croisent pas », a-t-il expliqué au Monde. Selon Ousmane Sissoko, le président-fondateur de l’association De l’autre côté à Aubervilliers, « les processus d’accompagnement avec des structures telles que Pôle emploi ou les missions locales sont complètement dépassés. Le plus souvent, elles partent des multiples dispositifs existants et essaient de faire rentrer les jeunes dedans, mais ça ne mène jamais à rien ». En cause, selon lui : le manque d’accompagnement jusqu’à l’emploi. Et des employeurs qui ont « peur d’embaucher des jeunes qu’ils craignent de ne pouvoir maîtriser », analyse Stéphane Gatignon. 

Trouver un emploi à « ceux qui ne sont plus soutenus ni accompagnés par la société »

L'idée du programme Mouv’up a germé il y a deux ans de sa rencontre avec Bernard Gainnier, président de PWC France et Maghreb, l'un des plus gros cabinets de conseil au monde. Ensemble, ils ont pensé à un projet expérimental de recrutement partant des postes à pourvoir et sollicitant les associations locales pour trouver les profils correspondants dans les quartiers. Avec pour objectif de trouver un emploi aux « décrocheurs », à savoir tous « ceux qui ne sont plus soutenus ni accompagnés par la société », ont-ils exposé au Parisien

Bernard Gainnier démarche en personne les grandes entreprises pour les convaincre de recruter dans les quartiers prioritaires. Et elles ont été plusieurs à répondre à son appel pour la première promotion Mouv'up, dont BNP Paribas, dont des représentantes ont mis en avant « la volonté de participer à tous les combats pour l'inclusion ». Associations (comme De l’autre côté) et organismes de formation (comme Educaterra, ex-France formation professionnelle) accompagnent de leur côté les candidat·e·s pour les aider à décrocher les postes, mais aussi faire en sorte que l’emploi soit une réussite dans le temps. 

Un accompagnement dans la durée

Les jeunes accompagnés suivent ainsi des ateliers sur la gestion des émotions, des conflits et du temps répartis sur quinze jours. Un travail sur les soft skills indispensable selon Abdel Machri, directeur opérationnel stratégique et pédagogique d’Educaterra, qui a raconté au Monde comment « beaucoup n’ont pas l’habitude d’exprimer leurs émotions par les mots, ils ne savent pas verbaliser, et cela se traduit soit par une forme d’agressivité, soit par un processus d’effacement social et de mutisme »

Educaterra suit ensuite chaque personne placée pendant 18 mois. Au moindre problème, les entreprises comme les salariés peuvent ainsi faire appel à Mouv'up. Côté financement, PWC a contribué au lancement du programme, 100 % privé, à hauteur de 500 000 euros. Mouv'up  facture aux employeurs 900 euros par jeune, un forfait qui comprend les démarches administratives visant à bénéficier de dispositifs d’aides publiques, et une rémunération pour les associations partenaires.   

27 premiers contrats

Le coup d’envoi de la première promotion a été donné à l’été 2020, lors duquel 27 premiers jeunes de Seine-Saint-Denis éloignés de l’emploi ont décroché des alternances, des CDD et CDI pour être conseillers financiers chez BNP Paribas et au Crédit Mutuel, à la gestion des ressources humaines chez Adecco ou encore auditeurs chez PricewaterhouseCoopers. Une première pierre pour le dispositif à l'objectif ambitieux de 500 CDI d’ici un an.

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