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Par Carenews PRO - Publié le 24 février 2021 - 16:00 - Mise à jour le 24 février 2021 - 16:00
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Le Finlandais, un donateur comme les autres ?

Quand on observe le paysage philanthropique européen, on est toujours saisi par son hétérogénéité. Us et coutumes, typologies de projets, modes de fundraising… difficile de faire émerger une constante. Sauf peut-être sur la question de la fiscalité : tous les pays d’Europe proposent des avantages fiscaux. Tous ? Non, au nord et à l’est, la Finlande fait de la résistance. Etat des lieux.

La Finlande et la philanthropie. Crédit : wmaster890
La Finlande et la philanthropie. Crédit : wmaster890

Quelle politique du don en Finlande ?

Depuis un quart de siècle dans l’Union Européenne, la Finlande fait partie de ces pays qu’on sait assez bien situer (quelque part au nord) mais dont on ignore beaucoup, si ce n’est qu’il y fait froid et cet environnement hostile a donné naissance à l’un des pays les plus riches du monde (25e en PIB/habitant). La lecture du rapport de l’OCDE « Taxation et Philanthropie »  nous montre un pays au comportement donateur assez proche de celui de ses voisins d’Europe continentale. Des dons d’un montant comparable (0,13 % du PIB quand la France est à 0,11, l’Autriche à 0,14 ou la Suède à 0,16), et une importance du don dans les revenus des associations là-aussi à l’étale (7 % en Finlande, 6 en Autriche, 9 en Suède). Dans le classement du World Giving Index 2019, la Finlande se classait à la 25e place, bien entourée par de nombreux pays de l’UE : Chypre (24), Allemagne (18), Suède (29), Autriche (15), Danemark (16), et la France (66).

 

Un pays sans avantage fiscal

Mais à la lecture de l’Index Rules to Give By, lequel analyse l’environnement légal des organisations à but non lucratif dans le monde et leur attribue un score, on remarque une chose étonnante. Si le rapport met en évidence que les donateurs se font plus nombreux dans les pays riches et surtout lorsqu’ils bénéficient d’un système de déduction fiscale, la Finlande obtient un score étonnement bas. Le pays, qui est pourtant l’un des plus riches du monde, est l’un des rares à obtenir seulement 6 points sur 11 (avec le Qatar et la Norvège).

En effet, il n’existe aucun avantage fiscal pour les donateurs finlandais individuels. Un chiffre qui n’empêchait pas 47 % des répondants au World Giving Index 2019 de déclarer avoir donné de l’argent au cours de l’année écoulée. Il existe en revanche un avantage fiscal pour les dons réalisés par testament. Mais cette option reste peu mobilisée. Un sondage téléphonique de 2014 indiquait que moins de 1 % des répondants envisageait de faire un don par ce biais. 

 


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Le mécénat d’entreprise guère mieux loti

La Finlande fait donc figure d’exception puisqu’en Europe, 88 % des pays ont mis en place des rapports obligatoires pour les fondations, et 85 % donnent un avantage fiscal aux donateurs particuliers. A l’inverse, seulement 48 % des pays européens ne taxent pas les legs ; la Finlande en fait partie. Elle fait également partie des 28 pays sur 177 interrogés qui offrent des avantages fiscaux aux entreprises mais pas aux particuliers. Et pour ces sociétés finlandaises, les conditions sont loin d’être aussi avantageuses qu’en France. Ainsi, il existe un plancher et un plafond en valeur absolue (850 euros  / 50 000 euros ) pour un don à une organisation, et celles qui sont potentiellement concernées doivent opérer dans le domaine de la recherche scientifique ou du patrimoine. Ces dons donnent droit à une déduction fiscale (le montant de calcul de l’impôt est diminué du montant du don).

 

Le secteur des fondations florissant

 

Dans un tel contexte, on pourrait penser que le secteur philanthropique finlandais serait atone. Il en est tout autrement. Le pays compte ainsi 2 700 fondations (la France en compte 4 500 environ avec une population 13 fois supérieure), lesquelles gèrent 20 milliards d’actifs (27 en France) et distribuent 500 millions d’euros par an. 25 % d’entre elles sont actives dans le domaine de la culture et 21 % dans l’ESR. Un bon exemple de ce partage est la Fondation Koné (les ascenseurs), active dans les deux domaines et qui possède, comme c’est parfois le cas en scandinavie, 11 % des actions de son entreprise mère. Elle en est ainsi un actionnaire de référence. En 2020, la Fondation Koné s’est notamment distinguée avec un programme de résidences pour artistes “at home” : 185 artistes du monde entier ont ainsi reçu une bourse sur la période d’avril à juin. A noter que la fondation est d’une transparence rare, allant jusqu’à indiquer le taux de succès à ses appels à projets.

Si le contexte légal fiscal finlandais ne déroule pas exactement le tapis rouge à la philanthropie, les acteurs locaux ont su faire preuve d’inventivité. Pour financer leurs actions, les mener et les montrer, ils ont notamment créé une association finlandaise des fondations qui regroupe près de 10 % des acteurs. Pour que s’épanouisse une philanthropie malgré un environnement peu accueillant.

 

William Renaut

 

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