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Par Carenews INFO - Publié le 23 décembre 2019 - 15:26 - Mise à jour le 5 janvier 2020 - 10:10
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[Rétrospective] Notre-Dame de Paris, la collecte de fonds de l’année 2019

Ce mois de décembre, la rédaction vous propose de faire le point sur une année riche en engagements. Aujourd’hui, nous vous parlons de la collecte de fonds qui marqué l’année 2019. Après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris mi-avril, 850 millions d’euros de dons ont été promis.

Crédit photo : GodefroyParis.

Le 15 avril dernier, les images de la cathédrale Notre-Dame de Paris ravagée par les flammes s’affichaient sur tous les écrans et toutes les unes de presse. L’événement, le plus commenté sur Twitter dans le monde en 2019, a provoqué une opération de fundraising hors norme. 

François-Henri Pinault, PDG du groupe Kering-Artemis, expliquait le lendemain dans Ouest-France : « Cʼest une tragédie qui nous a tous bouleversés. Moi et ma famille, cela nous a pris aux tripes (...) Nous avons décidé, avec mon père, de réagir immédiatement et à notre échelle ».

Les familles Arnault, Pinault et Bettencourt ont promis 400 millions d’euros, Total 100 millions d’euros et des centaines de milliers de particuliers de France et du monde entier ont donné 30 millions d’euros en quelques jours seulement.

Des promesses de dons polémiques

L’afflux de promesses de dons n’a toutefois pas été salué par tou·te·s, et la déduction d’impôts entraînée, notamment, s’est retrouvée au cœur des polémiques. Gilles Carrez, député Les Républicains du Val-de-Marne et rapporteur spécial du programme patrimoine pour la commission des finances de l’Assemblée nationale, a par exemple déploré dans Le Monde : « C’est la collectivité publique qui va prendre l’essentiel [des frais de reconstruction] en charge ! »

Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, expliquait de son côté sur franceinfo :

« Vous voyez qu’il y a des milliardaires qui ont beaucoup, beaucoup d’argent. (…) En un clic, 200 millions, 100 millions, ça montre aussi les inégalités, ce que nous dénonçons régulièrement, les inégalités dans ce pays. S’ils sont capables de donner des dizaines de millions pour reconstruire Notre-Dame, qu’ils arrêtent de nous dire qu’il n’y a pas d’argent pour satisfaire l’urgence sociale (…). Il y a aussi besoin de mesures pour régler l’urgence sociale. »

Une collecte de fonds inédite

Pour les professionnel·le·s du mécénat, la collecte de fonds a fait date. Lors d’un séminaire « lunch and learn », la chaire philanthropie de l’ESSEC est revenue sur ses mécanismes avec Antoine Martel, CEO de l’entreprise iRaiser Group, dédiée à la collecte de fonds, et Jérémie Patrier-Leitus, délégué général en charge des relations institutionnelles, des relations publiques et du mécénat Notre-Dame de Paris au ministère de la Culture. 

À peine 24 heures après la catastrophe, le président de la République Emmanuel Macron a lancé un appel à la souscription nationale. Un dispositif ad hoc pour défiscaliser les dons des particuliers à 75 % jusqu’à 1 000 euros a également été mis en place. Dans un souci de transparence, le gouvernement avait labellisé quatre fondations : la Fondation du Patrimoine, la Fondation de France, la Fondation Notre-Dame de Paris et le Centre des monuments nationaux.

« On a rassemblé avec cette collecte l'ensemble des outils du mécénat », a constaté Jérémie Patrier-Leitus. Plusieurs entreprises ont doublé les dons de leurs salariés, mené des opérations d'arrondi sur salaire et certaines ont offert du mécénat de compétences, tels Vinci ou Orange. Par la loi du 29 juillet 2019, un établissement public administratif a été créé sous la tutelle du ministère de la Culture pour piloter les opérations de reconstruction de la cathédrale, et donc l’affectation des dons recueillis. 

Organiser un projet de restauration d’un bâtiment public financé par des fonds privés pose toutefois des questions de gouvernance. Jérémie Patrier-Leitus a plaidé à l’ESSEC : « Nous avons créé un comité du donateur, qui sera une des quatre instances de gouvernance de l'établissement public, pour représenter les petits comme les grands donateurs. »

Les modalités de fonctionnement de ce comité n’ont pas encore été fixées, mais l’épisode de la collecte de Notre-Dame sera fondateur dans le renouvellement des relations avec les mécènes. Jérémie Patrier-Leitus a ainsi expliqué : « Ce mécénat est caractérisé par des contreparties très limitées. Le ministère de la Culture s'engage à reconnaître le nom du mécène mais ne garantit pas de visites privées, ni l’apposition de plaques. »  

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