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Par Ipama - Publié le 17 septembre 2026 - 08:30 - Mise à jour le 17 septembre 2026 - 08:30
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Jungle des labels et certifs RSE : le guide de survie des acteurs de l'événementiel

Dans le secteur du spectacle vivant, du tourisme, des événements et du sport, la multiplication des logos et des promesses environnementales crée une véritable saturation. Plus de 400 écolabels et repères coexistent en France, rendant le choix opaque pour les organisateurs et les directions d'équipements. Entre normes méthodologiques, certifications de service, démarches d'intérêt général et plateformes privées de notation déclarative, comment s'y retrouver ? Voici un article sous forme de guide pratique pour faire les bons choix, sans perdre de vue que l'outil ne remplacera jamais l'engagement réel du terrain.

Jungle des labels et certifs RSE : le guide de survie des acteurs de l'événementiel
Jungle des labels et certifs RSE : le guide de survie des acteurs de l'événementiel

Norme, label, évaluation ou certification : arrêter de tout confondre

Avant de s'engager, il est indispensable de distinguer la nature de chaque outil pour savoir ce qu'il pilote et ce qu'il garantit :

  • La Norme (ex. ISO 26000, ISO 20121, ISO 20400) : C'est un cadre méthodologique de management ou d'organisation. L'ISO 26000 fixe des lignes directrices universelles non certifiables. L'ISO 20121 structure la gestion responsable des événements. L'ISO 20400, quant à elle, régit les achats responsables : un pilier central pour nos filières, où « je suis ce que j'achète » (scénographie, technique, alimentation, sécurité, logistique).
  • Le Label et la Marque de garantie (ex. Écolabel Européen, Clef Verte, Fair Play For Planet, Événement Éco-engagé) : Il s'agit d'un cahier des charges assorti de critères précis, souvent représenté par un pictogramme visuel. Pour le monde du sport (clubs, lieux et manifestations), le label Fair Play For Planet s'impose aujourd'hui comme un référentiel dédié exigeant et complémentaire à la charte WWF-Ministère des sports. 

 

labels

 

 

  • L'Évaluation (ou la vérification) : C'est une démarche qui mesure votre niveau de maturité ou de performance sur un sujet à un instant T (souvent traduite par une note, des étoiles ou un score). Si elle permet de savoir où l'on se situe et d'identifier des axes de progrès, elle n'a pas la même force de garantie qu'une certification.
  • La Certification : C'est l'acte formel et le plus engageant. Cette procédure est menée par un tiers indépendant dûment accrédité (un auditeur) qui atteste formellement qu'un produit, un service ou un système de management (comme l'ISO 20121) respecte scrupuleusement les exigences d'un référentiel normatif. Son impact de preuve vis-à-vis des parties prenantes est juridiquement et commercialement beaucoup plus fort.
Les chiffres qui calment :
L'ADEME recensait déjà plus de 450 écolabels et logos sur le marché français, générant une confusion chez les consommateurs comme chez les donneurs d'ordres.

 

 Les contrôles de la DGCCRF rappellent que 15 % des établissements contrôlés présentaient des manquements graves sur leurs allégations environnementales, ciblant principalement les slogans vagues, les auto-déclarations et les éco-logos « maison » non audités par un tiers. 

 

Intérêt général ou business de la note : qui fixe la règle du jeu ?

 

Tous les dispositifs n'ont ni les mêmes ambitions, ni le même modèle économique :

  • L’échelle géographique : Les démarches s’articulent au niveau international (normes ISO, GSTC), national (Label Engagé RSE d'AFNOR) ou territorial/destination (label Destination Innovante Durable - DID pour les métropoles et offices de tourisme, Charte des écomanifestations). .
  • Intérêt général vs marché privé : D'un côté, des labels portés par des acteurs publics, des associations ou des fédérations professionnelles visent la transformation réelle des filières et la recherche de l'intérêt général. De l'autre, des modèles privés reposent sur la marchandisation de la notation.
  • Le piège des notations privées purement déclaratives : Attention aux plateformes de notation RSE qui fonctionnent exclusivement sur questionnaires et téléversement de documents numériques. Devenues des péages financiers imposés par certaines directions d'achats grands comptes, ces évaluations attribuent des médailles sur écran sans que personne ne soit jamais venu vérifier la réalité des pratiques sur le terrain, dans les coulisses d'un festival ou dans un stade.
  • La plupart des plateformes privées n'évaluent pas l'impact réel d'une structure sur l'environnement, mais uniquement sa capacité à gérer ses propres risques financiers. Une entreprise fortement émettrice peut ainsi obtenir une note étincelante simplement parce qu'elle est mieux armée financièrement que ses concurrents. L'Union européenne a d'ailleurs dû légiférer à l'été 2026 pour obliger ces agences à afficher en toute transparence ce qu'elles mesurent vraiment. Mais le constat reste le même : une note attribuée sur écran ne remplacera jamais un audit physique sur le terrain.

 

L’audit de terrain : pourquoi la séparation entre conseil et contrôle est vitale

 

labels et évenementiel
© Ipama 

 

Pour se prémunir du greenwashing, la rigueur du contrôle est déterminante.

  • L'Audit de certification (Tiers Certificateur) : L'évaluation de conformité doit être confiée à un Organisme Tiers Indépendant (OTI) ou un cabinet accrédité (AFNOR Certification, Ecocert, Bureau Veritas, etc.) qui réalise des vérifications physiques sur site

 

  • L'Audit interne (en amont) : Outil d'amélioration continue indispensable, l'audit interne peut être réalisé par des salariés formés (à condition qu'ils n'auditent pas leur propre processus) ou par un cabinet de conseil externe et experts du métier comme Ipama. Son rôle est de prendre du recul sur l'organisation, d'évaluer la maturité RSE globale et de préparer sereinement les équipes à l'audit final.
  • La cloison étanche entre Conseil et Audit : C'est une règle déontologique et légale absolue. Un cabinet qui accompagne, conseille et façonne la stratégie RSE d'un festival, d'un club sportif ou d'une salle de spectacle ne peut en aucun cas être celui qui procède à l'audit de certification officielle. Séparer l'accompagnement du contrôle garantit l'impartialité et l'intégrité de la preuve.

 

Arrêtons de refiler la « patate chaude » au responsable RSE

 

C'est l'un des pièges les plus fréquents : penser qu'il suffit d'isoler la mission RSE chez un responsable dédié ou de l'ajouter aux fiches de poste de la Qualité pour que la transformation s'opère.

Un label ou une certification n'est qu'un outil au service d'un engagement stratégique. Sans portage politique clair par la gouvernance et sans appropriation par tous les métiers, l'outil tombe à l'eau.

 

Exemple , dans le spectacle vivant ou le sport, les données d'impact le rappellent :

  • Les transports représentent en moyenne 80 % de l'empreinte carbone d'un événement.
  • La restauration et les achats techniques constituent le second poste d'impact.

 

Un autre exemple parlant ? En cas d'accident de travail sur la phase de montage, la responsabilité opérationnelle et légale repose sur la direction technique et la régie générale — chargées de la sécurité des personnes et du respect du DUERP —, et non sur le seul responsable RSE. La RSE apporte le cadre stratégique ; le terrain exige l'implication directe des experts métiers.

Ces sujets ne se traitent pas depuis un bureau RSE isolé : ils engagent la direction technique, la régie, la programmation artistique, la communication et les finances. La démarche RSE doit être infusée dans chaque métier.

 

Les questions « crash-test » avant de choisir un label

 

questions à se poser

 

Pour faire le bon choix et éviter d'investir à aveugle, évaluez chaque dispositif au crible de ces critères fondamentaux :

 

1. Quel est l'objectif réel du label ?

  • Typologie d'engagement : Visez-vous une amélioration de la qualité de service, une preuve objective de performance environnementale, un renforcement de l'inclusion et de l'accessibilité, ou un levier d'image et de différenciation commerciale ?
  • Transparence : Le référentiel et le cahier des charges sont-ils publics, consultables et co-construits avec la société civile et les parties prenantes ?

 

2. Quel est le périmètre couvert ?

  • Le label s'applique-t-il à un site physique dédié, à une activité / un événement spécifique, ou à l'ensemble de votre organisation ?

 

3. Quel est le niveau d'exigence et le mode de contrôle ?

  • Degré de contrôle : Le processus repose-t-il sur de l'auto-déclaratif, sur du contrôle documentaire (justificatifs), ou sur un audit physique sur le terrain réalisé par un tiers indépendant ?
  • Matérialité sectorielle : Le référentiel traite-t-il des enjeux réels de votre activité (ex. mobilités des publics, achats durables via l'ISO 20400, sécurité, accès aux publics empêchés) ?

 

4. Quelle est sa reconnaissance sur votre marché ?

  • Quelle est la légitimité du label auprès de vos cibles clés : grand public (B2C), institutionnels et marchés publics, secteur Corporate / MICE, à l'échelle nationale ou internationale ?

 

5. L'outil s'inscrit-il dans une démarche d'amélioration continue ?

  • Le dispositif vous incite-t-il à progresser et à mesurer votre maturité dans la durée, ou se contente-t-il de figer un score ou une note à un instant T ?

 

6. Quels sont les coûts globaux et les ressources internes à mobiliser ?

  • Coûts financiers directs : Frais d'adhésion, coût d'accompagnement éventuel et coût des audits externes.
  • Ressources humaines : Temps équipes à consacrer et charge de pilotage dans le temps pour préparer les audits et faire vivre la démarche au quotidien.

 

En conclusion

evenement responsable

 

 

La labellisation ou la certification ne doit jamais être le point de départ ni la finalité d'un événement ou d'une structure culturelle et sportive : elle est la conséquence d'un engagement réel et sa preuve objective. Au-delà du pictogramme apposé sur une affiche ou un site web, la seule question qui vaille reste celle de l'utilité sociétale et de la congruence : nos modèles d'organisation sont-ils soutenables et compatibles avec les limites planétaires ?


Article rédigé par Xavier Parenteau, cofondateur d'Ipama

Cabinet de conseil et de formation RSE de l’ESS certifié Numérique Responsable, Ipama accompagne les acteurs de l'événementiel, de la culture, du sport, du tourisme et des industries créatives dans leur transition écologique et solidaire.


 

Pour aller plus loin : Sources et références

Normes et référentiels de gestion RSE :

ISO 20121 : Systèmes de management responsable appliqués à l'activité événementielle (AFNOR)

- ISO 20400 : Achats responsables — Lignes directrices (ISO / AFNOR)

- ISO 26000 : Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale des organisations (ISO).

- Guide des labels environnementaux (ADEME)

- Bilan des contrôles d'allégations environnementales et de greenwashing (DGCCRF)

Études et ouvrages de référence :

- L'organisation d'événements engagés et responsables (Éditions du Centre national de la musique, 2022), sous la direction de Jean-Claude Herry avec l'équipe Ipama.

 

 

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