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Par Carenews INFO - Publié le 16 mai 2024 - 17:18 - Mise à jour le 17 mai 2024 - 15:44 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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À l’approche des JOP, la Protection civile forme des bénévoles au secourisme

En prévision des jeux olympiques et paralympiques, la Protection civile a recruté plus de 200 bénévoles. Avant l'événement, l’association les forme à porter secours et potentiellement sauver des vies. Reportage.

Le PSE1 est le premier niveau de la formation de secourisme en équipe. Crédits : Elisabeth Crépin-Leblond
Le PSE1 est le premier niveau de la formation de secourisme en équipe. Crédits : Elisabeth Crépin-Leblond

 

Au rythme donné par le formateur, les stagiaires pressent leurs mains sur le sternum du mannequin en plastique. Par groupes de deux, ils répètent ensuite la prise en charge d’une victime d’un arrêt cardiaque. L’un commence à masser quand l’autre appelle les secours, avant de mettre en place le défibrillateur puis de laisser le premier débuter les insufflations d’oxygène. 

Ce mardi 14 mai, dans ce local du XVe arrondissement de Paris, dix stagiaires préparent leur PSE1, le premier niveau de la formation de secourisme en équipe, dispensé par la Protection civile. Parmi eux, Olivier Becker, Stéphane Mavel et Max Gozlan font partie de la « rex », la réserve exceptionnelle de bénévoles constituée à l’approche des jeux olympiques et paralympiques. 

L'événement sportif a permis à l’association de recruter 250 nouveaux bénévoles, formés en trois mois pour rejoindre les 1900 membres de la Protection Civile Paris Seine qui œuvre dans quatre départements : Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. 

 

 « Participer aux jeux »

 « Je voulais participer aux jeux », témoigne Stéphane Mavel. Comme ses deux compagnons cette semaine-là, cette « fan de sport » de 52 ans, qui travaille dans l’identité numérique, voulait vivre Paris 2024 de l’intérieur et apporter sa pierre à l’édifice. Un appel de la Protection civile entendue sur la radio France Inter l’a convaincue de s’engager en tant que secouriste.

De son côté, Max Gozlan, étudiant en Staps de 19 ans, voulait « se rendre utile ». Il a opté pour l’association après avoir hésité avec la gendarmerie et la sécurité, en raison de la « formation diplômante qui en résultait », soit le PSE1 et le PSE2, en partie financés par l’association. Olivier Becker, 47 ans, qui travaille dans la finance, a quant à lui été directement sollicité par la Protection Civile auprès de laquelle il avait passé son PSC1, une formation de sept heures aux premiers secours. 

Tous les trois partagent la même motivation : s’impliquer pendant les jeux et tester le secourisme, un engagement bénévole empli de responsabilité. 

massage cardiaque enfant
Les stagiaires apprennent à faire des massages cardiaques sur adultes et sur enfants. Crédits : Élisabeth Crépin-Leblond

 

Jusqu’à 1000 bénévoles par jour

Lors des jeux, la Protection civile aura en charge d’assurer une présence sur deux tiers des sites de la compétition dans les différentes régions. Les autres sites seront couverts par d’autres organismes de secours français.

« Les plus gros jours, il y aura 1 000 personnes de la Protection civile déployées en même temps. En moyenne, ils seront entre 300 et 400 », détaille Kenji Grabieli, formateur salarié à la Protection civile. La pluralité d'événements rassemblant au même moment des touristes de nationalités différentes crée une situation inédite pour l'association, qui a cependant l’habitude des rassemblements de grande ampleur.

Pour faire partie de la fête en tant que secouristes, les nouvelles recrues doivent valider leur PSE1 puis leur PSE2 ainsi qu’une formation de quelques heures intitulée « bords de terrain » destinée à secourir les athlètes, notamment en cas de traumatisme ou d’hyperthermie. Elles s’engagent également à être présentes sur au moins cinq missions durant les jeux, établies selon leur disponibilité. À l’issue, si elles le souhaitent, elles pourront continuer leur engagement au sein de la Protection civile. 

« On sait que beaucoup vont rester », assure d’avance Kenji Grabieli.

rcp
La réanimation cardiopulmonaire (RCP) consiste à alterner massage cardiaque et insufflations d'oxygène. Crédits : Élisabeth Crépin-Leblond

 

Du citoyen au secouriste

Pour l’instant, les stagiaires alternent théorie et pratique durant les cinq jours de la formation. Ils doivent être capables de reproduire les bons comportements et savoir faire preuve de méthode et de communication. 

« Le défibrillateur augmente de 40 % les chances de survie de la victime, le massage cardiaque de 4 %. Chaque minute sans massage, c’est 10 % de survie en moins », rappelle leur formateur Geoffrey Dassonville. 

Le matin, avant de se pencher sur l’arrêt cardiaque, ils ont appris à prendre en charge un malaise et à réaliser un bilan complet sur la victime. A la fin de journée, un premier cas pratique dans lequel un des formateurs incarne la victime permet de tester les réflexes de deux d’entre eux. 

 « La formation est très dense. C’est responsabilisant », estime Olivier Becker.  « Il s'agit d’acquérir les compétences en profondeur. On n’est plus dans la posture du simple citoyen mais du secouriste que l'on va appeler », ajoute Stéphane Mavel. 

En cas d’incident, ce sont eux qui devront être capables de réagir et prodiguer les bons gestes aux victimes avant l’arrivée d’un médecin. Pour qu’ils mettent en œuvre leurs connaissances à l’approche des jeux, les membres de la rex devront réaliser au moins une sortie avec la Protection civile.


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Postes de secours, maraudes et gardes

L’association, fondée en 1997, est présente sur des postes de secours lors de nombreux événements, notamment sportifs ou musicaux. Les bénévoles peuvent également participer à des maraudes auprès des personnes à la rue ou de populations sinistrées, à l'entretien du matériel et à des gardes dans les casernes pour soulager l’action des pompiers. Depuis quelques mois, une formation au secours canin a également été ouverte.

Afin de permettre aux bénévoles de donner du temps pendant les Jeux olympiques et paralympiques, un dispositif de défiscalisation vise à inciter les employeurs à offrir leurs jours de volontariat aux secouristes.

D’une manière générale, « en moyenne, un bénévole participe à deux ou trois sorties par mois », explique Kenji Gabrieli. À la Protection civile, ils sont 51 % d’hommes et 49 % de femmes engagées, pouvant devenir secouriste à partir de 16 ans. Pour les plus jeunes de 12 à 15 ans, les « cadets » permettent de découvrir l’engagement civique à raison de deux week-ends par mois.

Aujourd’hui, les recrutements en vue des Jeux olympiques et paralympiques sont terminés mais « la Protection civile recrute toujours », rappelle le formateur.

Les stagiaires alternent formations théoriques et pratiques. Crédits : Elisabeth Crépin-Leblond
Les stagiaires alternent formation théoriques et pratique. Crédits : Elisabeth Crépin-Leblond

 

 

Élisabeth Crépin-Leblond

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