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Par Carenews INFO - Publié le 21 mai 2021 - 16:30 - Mise à jour le 1 juin 2021 - 15:37
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Comment favoriser la consommation en circuit court ?

La consommation engagée s’est démocratisée, au-delà des clivages politiques, elle représente aujourd'hui une préoccupation pour un bon nombre de Français. Les circuits courts sont une réponse à cette volonté d’agir. Comment consommer en circuit court ?

Crédit : shironosov
Crédit : shironosov

 

Dans une dynamique de crise de nos démocraties représentatives, de réflexion quant à notre modèle consumériste, de préoccupation quant aux dérèglements climatiques, consommer est devenu un acte politique, un levier d’évolution sociétale. Acheter est synonyme, dans la conscience collective, d’engagement citoyen, d’acte de contre-pouvoir. 

L’écologie et l’engagement consumériste dépassent de plus en plus les idéologies politiques et se sont installés dans toutes les réflexions. 70 % des Français estiment que nous faisons face à une crise climatique sans précédent, et 64 % se disent conscients des changements à apporter à leur mode de vie selon une enquête de M6 publicité datant de 2019. L’étude intitulée Le Temps des marques responsables de M6 publicité parue en avril dernier confirme cette tendance, puisque depuis le début de la pandémie 37 % des Français achètent plus souvent en circuit court, 36 % achètent plus de produits français, et 17 % achètent plus de produits en vrac. 

Le circuit court comme engagement 

En circuit court, un intermédiaire maximum subsiste entre le consommateur et le producteur, engendrant une réduction de l’empreinte écologique liée aux transports (production à moins de 160 km du lieu de vente), une meilleure rémunération des producteurs, une meilleure traçabilité des produits et un retour des liens sociaux de proximité. 

Selon Kantar, en 2020, 64 % des Français ont privilégié les circuits courts pour leurs achats du quotidien. 30 % déclarent avoir acheté des produits en circuits courts de manière occasionnelle, à raison d’une ou deux fois par mois, 24 % de manière fréquente, entre trois et cinq fois par mois, et 11 % de manière habituelle, avec une récurrence égale ou supérieure à cinq fois par mois.

Le locavorisme 

Cet engagement a engendré une tendance, un mouvement, le locavorisme. Principe dicté par la disparition progressive du métier d’agriculteur, de l’artisanat, par les problématiques liées aux dérèglements climatiques et à nos modes de vie, le locavorisme prône la consommation de nourriture produite dans un rayon allant de 150 à 200 km du domicile du consommateur. 

Les locavores ont pour principal objectif d’acheter des denrées à des producteurs locaux, en circuits courts, pour réduire leur empreinte écologique et soutenir des réseaux de distributions équitables pour les producteurs. Ils privilégient les produits frais pour limiter l’importation de denrées à forte empreinte carbone. Ils ont la volonté de limiter le gaspillage alimentaire, de maintenir les populations sur un territoire, et prônent une agriculture raisonnée et durable. Le locavorisme est inhérent aux évolutions qui doivent avoir lieu pour pérenniser notre société, la rendre durable, résiliente. Mais comment répondre à ces préoccupations ? Comment agir ? Comment consommer en circuit court ? 

Les AMAP 

C’est sans doute le moyen le plus connu, le plus répandu de consommer en circuit court. Pour rappel, une AMAP, association pour le maintien d’une agriculture paysanne, est un partenariat entre un ou plusieurs producteurs et des consommateurs. Le principe :  les clients souscrivent à un abonnement, et les agriculteurs leurs fournissent des paniers chaque semaine qu’ils reçoivent chez eux ou qu’ils vont chercher en point relais. Les consommateurs et les producteurs définissent en amont les types de paniers fournis, la diversité des denrées fournies (produits laitiers, fruits, légumes, œufs, viandes), en fonction des saisons.  

Ce système permet aux producteurs d’avoir une visibilité quant à leur chiffre d'affaires sur une temporalité étendue. Evidemment, sans intermédiaire, les prix sont définis de manière équitable pour permettre une juste rémunération des agriculteurs et des prix abordables pour les consommateurs. Les clients viennent récupérer leurs paniers dans un point de vente, ou plus rarement directement à la ferme s’ils habitent à proximité. Il existe aujourd’hui environ 2 000 AMAP en France.  

La vente en directe 

Selon l’Afipar, l’Association de formation et d’information pour les paysans et les ruraux, environ 70 000 producteurs vendent tout ou une partie de leur production en vente directe. La vente directe de produits fermiers génère un chiffre d'affaires d’environ trois  milliards d’euros, dont un  milliard pour l’unique drive fermier Bienvenue à la Ferme, dont nous reparlerons un peu plus loin dans l’article. 

  • Les points de vente collectifs

Les points de vente collectifs sont des magasins de producteurs qui se réunissent au sein d’un unique lieu pour vendre leur produit de manière directe, sans intermédiaire. Dirigés de manière collégiale, les producteurs livrent leur production et se succèdent à la tête de la boutique pour assurer la permanence des ventes. 

  • Les magasins de producteurs 

La délimitation est infime avec les points de vente collectifs. Les magasins de producteurs sont également gérés collectivement par un ensemble de producteurs. La différence réside dans les produits proposés. Quand les points de vente collectifs autorisent uniquement la vente des denrées produites par les agriculteurs en question, les magasins de producteurs ont une législation un tantinet plus souple. Seulement 70 % du chiffre d'affaires doit être représenté par la vente de la production des agriculteurs. Selon l’Afipar, il existe aujourd’hui de 350 à 400 magasins producteurs en France, soit une multiplication par deux en six ans, pour un chiffre d'affaires moyen de 360 000 euros par an. 

  • Les marchés de producteurs

Comme son nom l'indique, les marchés de producteurs sont des marchés au sein desquels les vendeurs sont exclusivement des producteurs. 

  • La vente à la ferme 

Un nombre croissant de producteurs proposent aux consommateurs de venir directement sur place, à la ferme, pour acheter leurs produits de manière directe. Sous forme de paniers, de cueillette avec un pesage des denrées récoltés, de vente en vrac, les agriculteurs multiplient les initiatives. Ils peuvent ainsi faire découvrir leur exploitation, sensibiliser les consommateurs à la cause paysanne, les éduquer aux pratiques agricoles, au respect de la terre et recréer des liens sociaux forts. 

La vente en ligne et le drive fermier

Le e-commerce en circuit court s'accroît de manière exponentielle. Depuis mars dernier et le premier confinement les producteurs ont vu leurs possibilités d’aller à la rencontre des consommateurs diminuer : interdiction momentanée des marchés en plein air, annulation des foires, etc. Les sites de e-commerce se sont donc développés. Les drives fermiers permettent aux producteurs de proposer leurs produits en ligne et de s’affilier à un point de retrait au sein duquel les consommateurs viennent retirer leur commande. 

Le site Bienvenue à la ferme réunit 8 000 agriculteurs partout en France, permet de choisir son drive fermier préféré, de commander en ligne les denrées alimentaires, et de récupérer les achats dans les 137 lieux de distribution affiliés partout en France. Le drive fermier PourdeBon offre la possibilité de commander des produits du terroir bio partout en France,  a connu un pic de son activité au lendemain de l’annonce du second confinement avec une croissance des commandes de 100 %, le panier moyen étant égal à 87 euros. La Ruche qui dit oui a également connu une augmentation de son chiffre d'affaires de 70 % et une augmentation de 30 % du panier moyen. 

 

Découvrez le dossier complet
Pour aller plus loin, Carenews vous propose un dossier complet « L'économie circulaire dans l'ESS »

 

Florian Grenon

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