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Par Carenews INFO - Publié le 5 octobre 2026 - 17:19 - Mise à jour le 5 octobre 2026 - 17:19 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Pour les femmes, « un plafond de verre persiste » au travail

Malgré des progrès, les inégalités persistent entre les femmes et les hommes au travail, mettent en avant plusieurs intervenantes lors d’une matinée organisée par Great Place to work. Cette situation est nourrie par des biais de seconde génération, explique la chercheuse Sabrina Tanquerel.

Les femmes représentent moins d’un quart du 1 % des salariés les mieux rémunérés. Crédit : iStock / rudall30.
Les femmes représentent moins d’un quart du 1 % des salariés les mieux rémunérés. Crédit : iStock / rudall30.

 

La perception de l’égalité au travail progresse davantage chez les hommes que chez les femmes. C’est ce que montre l’édition 2026 de l’enquête annuelle « Dans la tête des salariés français » de Great Place to work, réalisée au début de l’année.  

Le 30 septembre, l’organisation a organisé une matinée dédiée à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes afin de récompenser les entreprises qu’elle a certifié « Great place to work for women ». L’occasion d’analyser ces données et de revenir sur les dynamiques qui produisent les inégalités. 

  

« Des biais de seconde génération » 

  

« L’égalité professionnelle progresse : il y a de plus en plus de femmes au sein des professions intellectuelles, parmi les cadres et dans les conseils d’administration. Mais si on regarde dans les détails, on constate qu’un plafond de verre persiste », résume la chercheuse et professeure en gestion des ressources humaines et comportement organisationnel à l’EM Normandie, Sabrina Tanquerel.  

Selon l’Insee, les femmes gagnent en moyenne 14 % de moins que les hommes pour le même temps de travail et 3,6 % de moins pour le même emploi dans le même établissement. Bien qu’elles occupent 42 % des emplois du secteur privé, elles représentent moins d’un quart du 1 % des salariés les mieux rémunérés. « Les métiers dits féminins sont davantage précarisés et moins rémunérés », ajoute Sabrina Tanquerel.  

Malgré « des progrès sur les discriminations directes et explicites », notamment grâce aux obligations légales, « il reste des biais de seconde génération », explique la chercheuse.  

  

Des normes défavorables aux femmes 

  

Ces derniers touchent par exemple aux critères associés au leadership et aux normes implicites qui délégitiment les femmes au travail de façon indirecte. « Les caractéristiques du leadership sont encore associées à des traits stéréotypiques du masculin : l’affirmation de soi, l’esprit de compétition, etc. Les études montrent que si une femme adopte ces codes, elle est perçue comme compétente, mais aussi froide et agressive. À l’inverse, si elle adopte les codes associés au féminin, comme la douceur, elle est perçue comme aimable mais moins compétente », décrit Sabrina Tanquerel.  

À ces perceptions, s’ajoute la norme largement répandue du « salarié non encombré », perçu comme le salarié idéal et exempt de toute responsabilité en dehors du travail. Cette norme a un impact concret pour les salariés avec des enfants et là encore défavorisent les femmes au travail. « Les dispositifs de soutien à la parentalité sont surtout utilisés par les femmes, et les pères qui veulent en bénéficier peuvent ressentir des barrières », souligne la chercheuse. 

  

Le télétravail : un risque pour les femmes ?  

  

Face à ce constat, les transformations du monde du travail, comme le télétravail ou l’usage de l’intelligence artificielle (IA), peuvent-elles changer la donne ?  

Elles « mettent en en exergue les inégalités mais représentent aussi une chance de faire évoluer les choses », estime Marion Darrieutort, dirigeante du cabinet The Arcane. Selon Great place to work, 63 % des hommes déclarent utiliser l’IA générative au travail contre 43 % des femmes.  

Pour Alexandra Dupont, directrice générale de Raise, la flexibilité et le télétravail jouent un rôle ambigu. « Ils aident à la rétention des femmes dans les entreprises mais pas à leur progression », souligne-t-elle.  

Alors que Marion Darrieutort lance un avertissement sur ce qu’elle surnomme « le piège de la machine à laver », consistant à faire reposer sur les femmes en télétravail les tâches domestiques, Alexandra Dupont invite quant à elle les entreprises à veiller à une présence égalitaire des salariés dans leurs locaux. « Celui ou celle qui se sera davantage montré à la machine à café aura plus de chances d’obtenir une promotion », illustre-t-elle. 

 


Lire également : Télétravail : quels effets sur l’activité des entreprises et des salariés ? 

  

Des solutions à l’échelle de la société  

  

Intégration des femmes dans les comités de direction, méthode de recrutement plus inclusives, sensibilisation des manageurs… Au-delà des « bonnes pratiques » mises en avant dans les entreprises, des solutions à l’échelle de la société permettent de lutter contre ces inégalités, défendent les intervenantes invitées par Great place to work. 

D’un point de vue réglementaire, le projet de loi de transposition de la directive européenne sur la transparence salariale, présenté par le gouvernement mais pas encore examiné par le Parlement, pourrait par exemple jouer un rôle positif sur les rémunérations.  

L’implication des hommes sur ce sujet est également citée à plusieurs reprises dans les échanges. « Les hommes sont souvent silencieux mais quand ils prennent la parole, cela change réellement la donne », assure Sabrina Tanquerel. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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