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Par Carenews INFO - Publié le 20 juillet 2020 - 14:00 - Mise à jour le 30 juillet 2020 - 16:10
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[Portrait] Florence Rocq, écovolontaire : « C’est un autre moyen d’être utile que le bénévolat »

Impliquée dans des missions de bénévolat de compétences, préoccupée par les causes environnementales, Florence Rocq a choisi de s’engager dans l’écovolontariat. L’occasion pour cette directrice de la communication de participer à la protection de la nature et d’aller à la rencontre de l’autre. Elle nous fait part de son expérience.

Crédit photo : DR.

(Re)découvrez notre précédent portrait de bénévole : [Portrait] Juliette Roussille, « serial bénévole»

Depuis une dizaine d’années, on assiste en France au développement croissant de l’écovolontariat, cette forme d’engagement bénévole au service de la protection de la nature apparue en premier lieu dans les pays anglo-saxons. Il répond à un besoin de plus en plus prégnant au sein de nos sociétés de partir en vacances « utiles ». 

Florence Rocq fait partie de ces Français·ses qui ont choisi de troquer leurs congés au bord de la mer ou à la campagne pour s’investir dans une action de préservation de la biodiversité. Si elle consacrait déjà une partie de son temps à effectuer des missions de bénévolat de compétences lors des Marathons ProBono, les causes environnementales lui ont toujours tenu à cœur. Alors en 2019, cette ancienne traductrice pour la marque engagée Patagonia décide de se lancer dans l’écovolontariat. « Depuis toujours, je suis très engagée sur les questions de développement durable. Je souhaitais utiliser mon temps de vacances de manière différente. Je voulais partir en vacances utiles. Et puis, pour moi, c’était aussi une occasion de découvrir d’autres cultures », confie-t-elle. 

L’écovolontariat et ses écueils

Avant de partir, elle se renseigne sur les organismes intermédiaires, qui se chargent de faire le lien entre les associations présentes sur le terrain et les écovolontaires. L’écovolontariat n’est en effet pas sans écueils, notamment car il est payant. Certaines structures n’hésitent ainsi pas à pratiquer des tarifs prohibitifs. « Cela ne veut pas dire que les missions recensées ne sont pas sérieuses. Mais il y a de grandes chances pour que les associations locales ne perçoivent qu’un tout petit pourcentage de la somme versée par l’écovolontaire. (...) Or je voulais que la mission que je choisirais soit utile à la communauté locale auprès de laquelle j’allais travailler », témoigne Florence Rocq. 

Afin d’éviter cet obstacle, elle se tourne vers le guide de l’écovolontariat réalisé par la journaliste Laurence Dupont, spécialiste du sujet, et qui recense les structures et intermédiaires sérieux partout dans le monde. Cybelle Planète, l’organisme auquel elle fait appel, a l’avantage d’occuper le secteur depuis 2005 et de se spécialiser dans l’écologie participative.

Combien ça coûte ?
« Partir en mission d’écovolontariat, ce n’est pas nécessairement cher. Mais encore faut-il trouver un organisme sérieux et réellement engagé pour partir », prévient Florence Rocq. Cybelle Planète, qui a débuté son activité en proposant des missions en mer Méditerranée, pratique des tarifs abordables. Pour participer à la sauvegarde des tortues au Nicaragua, les prix vont ainsi de 606 euros à 1 279 euros, en fonction de la situation de l’écovolontaire (étudiant, salarié...) et de la durée de la mission (de deux à quatre semaines). Ils varient toutefois selon les pays où celle-ci s’effectue. Il faudra ainsi compter entre 1 100 et 1 400 euros pour étudier les mammifères marins au sein du Sanctuaire Pelagos. À noter que la somme versée à l’association est considérée comme un don et est donc déductible des impôts à hauteur de 66 %, et que ces missions sont toujours à pourvoir malgré le Covid-19.

Au contact de la nature et des hommes

Pour sa première mission, Florence Rocq met le cap sur l’Amérique latine, et plus précisément une petite île isolée du Nicaragua, où elle s’implique dans la protection des tortues marines. « Nous étions réellement au bout du monde, et j’avais justement choisi cette mission pour ça. Nous étions en communion totale avec la nature, et nous vivions à son rythme », témoigne-t-elle. « Mais il faut toutefois être très clair. On ne part pas en mission d’écovolontariat pour se reposer. C’est vraiment du travail. »

Sur place, Florence Rocq travaille six jours sur sept et participe aux patrouilles de nuit chargées de veiller sur les œufs des tortues. Elle découvre aussi le quotidien des Nicaraguayens et fait l’expérience d’un mode de vie aux antipodes de celui, confortable, de nos sociétés d’Europe occidentale. Elle apprécie surtout la possibilité d’échanger avec la population de l’île et de l’impliquer dans la protection de son environnement. « Nous avons travaillé avec les communautés locales, car la protection des tortues marines passe par leur sensibilisation. Elles peuvent en effet gagner de l'argent autrement que par la vente des œufs de tortues, notamment en pratiquant l'écotourisme », raconte-t-elle. 

une expérience concluante

Sur l’île, elle rencontre une autre association locale, La Casa Verde, qui encourage les populations locales à recycler le plastique qu’elles utilisent. Son engagement résonne particulièrement avec celui de Florence Rocq, qui, parce qu’elle travaille à ce moment-là dans une entreprise d’emballages, avoue être très sensibilisée à la recyclabilité du plastique. « Cette association travaille au niveau local avec des enfants pour les éduquer sur ces sujets. C’est aussi très important, car ce sont eux qui vont faire changer les choses », explique-t-elle.

Cette mission à l’autre bout du monde a convaincu Florence Rocq de l’intérêt et de l’utilité de l’écovolontariat, à tel point qu’elle prévoit déjà de repartir, cette fois en Afrique. « Comparé au bénévolat, l’écovolontariat représente une façon différente d’être utile. Et il s’agit vraiment d’aller à la rencontre de l’autre. »

Une aide au financement pour les salariés
À la différence de vacances classiques, les missions d’écovolontariat proposées par certaines associations (Planète Urgence, Cybelle Planète) peuvent faire l’objet d’une aide de financement. Les salariés d’une entreprise engagée dans la protection de l’environnement peuvent, par exemple, demander un congé éco-solidaire. Ce dispositif repose sur une participation financière de l’employeur, qui vient soutenir le projet environnemental d’une association. Les collaborateurs, eux, profitent de leurs congés pour partir en mission et apporter leurs compétences aux acteurs locaux.

 

Audrey Parvais 

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