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Par Carenews INFO - Publié le 2 juillet 2026 - 18:25 - Mise à jour le 2 juillet 2026 - 18:28 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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125 ans de la loi de 1901 : « Nous avons pris conscience que nous étions un mouvement social et démocratique »

À l’occasion de l’anniversaire des 125 ans de la loi de 1901 sur les associations, le Mouvement associatif et France générosités ont réuni des représentants d’associations pour une soirée à Paris. Ces derniers ont défendu le rôle politique des associations mis en tension par un contexte difficile.

Des représentants associatifs d’horizons variés - droit des femmes, protection de l’environnement, lutte contre la précarité, activités sportives, etc. - étaient réunis pour l’occasion. Crédit : Carenews / Elisabeth Crépin-Leblond
Des représentants associatifs d’horizons variés - droit des femmes, protection de l’environnement, lutte contre la précarité, activités sportives, etc. - étaient réunis pour l’occasion. Crédit : Carenews / Elisabeth Crépin-Leblond

 

Le 1er juillet 1901, la loi « relative au contrat d’association » a été adoptée. Portée par le président du conseil d’alors, Pierre Waldeck-Rousseau, ce texte garantit aux citoyens la liberté de s’associer, sans autorisation préalable, pour mettre en commun « d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ». Il constitue aujourd’hui le cadre juridique de la plupart des associations en France. 

« 125 ans après, ce texte est une responsabilité pour nous », affirme Claire Thoury, présidente du Mouvement associatif, et récemment élue présidente du Conseil économique, social et environnemental, lors d’un évènement organisé à la Maison des métallos à Paris le 1er juillet 2026. Pour célébrer l’anniversaire de la loi, l’organisation, qui représente une association sur deux en France, a initié avec le syndicat professionnel des associations et fondations France générosités une émission, diffusée par la radio associative francilienne Aligre FM. Elle était intitulée, dans la lignée de leur campagne lancée début juin, « La France qui (se) bat ».  

Des représentants associatifs d’horizons variés - droit des femmes, protection de l’environnement, lutte contre la précarité, activités sportives, etc. - étaient réunis pour l’occasion.  

 

Les associations face à un contexte difficile 

  

« Avec la loi de 1901, un choix historique a été fait de placer la confiance de la nation dans les citoyens. La liberté d’association est devenue un pilier de notre démocratie et a donné naissance à un tissu associatif exceptionnel », met en avant la ministre de la vie associative Marina Ferrari, à l’issue de l’émission. 

Malgré l’optimisme recherché, les têtes de réseaux présentes ne manquent pas, lors de leurs interventions, de souligner les difficultés qui touchent le secteur . « D’un côté la générosité se développe dans notre pays, mais de l’autre la situation des financières des associations est catastrophique », alerte par exemple Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France.  

 


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« Un tiers des associations de solidarité va mourir faute de financements », abonde dans un autre échange Bruno Morel, président d’Emmaüs France. Fin 2025, une étude de la Fédération des acteurs de la solidarité révélait qu’un tiers des associations du secteur étaient dans une situation critique.  

 

2027 en perspective  

  

Au-delà des difficultés de financement, le représentant d’Emmaüs s’inquiète d’« attaques sur les valeurs et les principes » qu’il qualifie de « très graves ». Lors de son assemblée générale le 12 juin, Emmaüs France a voté une motion « pour faire de la lutte contre les idées d’extrême droite une priorité de l’année à venir ».  

« L’extrême droite représente en effet une véritable menace pour l’avenir du Mouvement (coupes dans les budgets des politiques publiques d’insertion et d’hébergement d’urgence, refus d’agréments publics, etc.) mais aussi et surtout pour les personnes accueillies au sein de ses structures (personnes exilées, personnes en situation de précarité) », argumente l’association dans un communiqué. « Il faut que cesse cette concurrence des précarités », s’indigne Bruno Morel le 1er juillet. 

 


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« En dépendant de l’État, nous nous sommes mis dans une situation confortable financièrement mais qui nous a rogné les ailes » estime de son côté Christian Vilmer, président du Centre d’action sociale protestant (CASP). Il relève une augmentation de la précarité à Paris et en Île-de-France, où l’association est présente. « Les besoins en hébergement d’urgence ont été multiplié par quatre », souligne-t-il. 

  

Une menace sur les libertés associatives ? 

  

Selon Claire Thoury, le gouvernement ne reconnaît véritablement le rôle des associations qu’en période de crise, la plus récente étant la pandémie de Covid-19 . « Il y a un problème de rencontre entre les organes politiques et la société civile organisée », analyse-t-elle.  

« Certains politiques veulent réduire le champ des libertés associatives », alerte en retour Axelle Davezac, de la Fondation de France. « Il ne peut pas y avoir de hiérarchie entre les causes. L’engagement privé individuel est le ciment de la société. Il faut d’abord reconnaître un intérêt général global puis permettre de s’engager dans les causes qui nous tiennent à cœur », argue-t-elle. « La vie associative est une évidence silencieuse, attaquée », ajoute Laurence Lepetit, déléguée générale de France générosités.  

Il y a cinq ans, lors des 120 ans de la loi 1901, le Mouvement associatif alertait déjà sur le risque pour les libertés associatives. La loi « confortant le respect des principes de la République » était alors en cours de discussion au Parlement. Adoptée en 2021 avec pour rôle, selon le gouvernement à son origine, de « viser l’islam politique » et de « renforcer la laïcité », elle renforce les contrôles sur les associations cultuelles et restreint l’école à domicile. Elle impose également un « contrat d’engagement républicain » devant être souscrit par les associations et fondations pour pouvoir recevoir des subventions et être reconnue d’utilité publique.  

  

L’appel à se fédérer  

  

Pour faire entendre la voix des associations face aux difficultés financières, le Mouvement associatif avait lancé en octobre une mobilisation sur le thème « Ça ne tient plus ! ». « Cette mobilisation nous a permis de prendre conscience que nous étions un mouvement social et démocratique », se réjouit Claire Thoury.  

Des pistes pour répondre aux difficultés sont également évoquées au fil des discussions. « Il y a un besoin de s’organiser pour peser sur les politiques publiques », défend Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. Vanessa Lorioux, directrice générale de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), met quant à elle en avant la possibilité de « faire alliance avec d’autres », comme des mutuelles dans le cas de la LPO.  

 


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Christian Vilmer évoque les partenariats fructueux selon lui avec les entreprises, tandis que Jean-François Julliard, directeur général de France nature environnement, invite à « s’emparer des espaces » institutionnels et politiques. « C’est compliqué mais cela vaut le coup de se battre », défend optimiste Arnaud Jean, président nationale de l’Union française des œuvres laïques d’éducation physique (Ufolep).

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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