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Par Carenews PRO - Publié le 17 décembre 2020 - 12:00 - Mise à jour le 17 décembre 2020 - 12:00
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Fella Imalhayene, de la Charte de la diversité au Global Compact France

Après, notamment, près de dix ans de travail sur la Charte de la diversité dans l’entreprise, Fella Imalhayene est la déléguée générale du Global Compact France. Elle nous a raconté pourquoi elle avait choisi le domaine de l’entreprise pour lutter contre les discriminations, et comment elle en était venue à œuvrer pour les 17 objectifs de développement durable.

Crédit photo : www.sylvain-renard.com.

 

C’est en septembre dernier que nous avons rencontré Fella Imalhayene, lors de l’un des rares événements ayant pu se dérouler physiquement entre les deux confinements : PRODURABLE. Parmi les invité·e·s les plus convaincu·e·s de ce grand rendez-vous européen des acteurs·trices et solutions de l'économie durable, la déléguée générale du Global Compact France intervenait pour promouvoir les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Une mission qu’elle mène depuis 2017, après une dizaine d’années passées à lutter contre les discriminations au sein des entreprises.

« J’ai toujours eu énormément de chance »

Fella Imalhayene a pourtant commencé sa carrière dans le monde des musées, après un double cursus universitaire en gestion et en philosophie. En 2004, elle était attachée de relation avec les publics en charge de l’égalité des chances au Centre Georges Pompidou. « Dans mon parcours, j’ai toujours eu énormément de chance. J’ai l’impression que quand j’avais besoin de quelque chose, de travailler sur un sujet, je faisais la bonne rencontre et l’opportunité se présentait naturellement », analyse-t-elle. 

Au Centre Pompidou, elle travaille à comprendre les problématiques d’égalité des chances dans la culture pour que cette dernière remplisse sa mission démocratique. Pendant ses recherches, Fella Imalhayene fait la rencontre de Laurence Méhaignerie, alors chercheuse associée à l’Institut Montaigne où elle a co-écrit le rapport « Les oubliés de l’égalité des chances » : « Elle s’intéressait aux dispositifs de diversité, d’inclusion qui s’étaient développés aux Etats-Unis dans un cadre historique précis, et se demandait comment les amener en France où ces questions, même si elles ne se posaient pas avec la même violence, étaient d’actualité. » 

Les entreprises, des « lieux de changement »

Fella Imalhayene la rejoint après le lancement de la Charte de la diversité dans l’entreprise. Elle en structure la promotion et le déploiement en France, puis sa duplication dans d’autres pays européens. Elle se souvient des lettres de menaces, parfois de mort, reçues les deux premières années, et, surtout, des entreprises qui ont signé la charte (plus de 4 000 aujourd’hui) et agi pour lutter contre toutes les formes de discriminations « Ça m'a confortée dans l'idée que ce sont également des lieux de changement », souligne-t-elle. Alors quand, en 2014, on lui propose de construire une offre d’accompagnement des entreprises sur la diversité au sein d’un cabinet de conseil, elle saisit l’opportunité. Et l’expérience sur le terrain s’avère riche en enseignements :

« Le conseil m’a permis de voir comment cela se passe vraiment dans les entreprises, ce qui était absolument nécessaire. J’y ai malheureusement pris la mesure d’une grande distance avec le monde des entreprises engagées, des associations et des acteurs publics financeurs comme l’actuelle Agence nationale de la cohésion des territoires. Lors de mes grandes sessions de formation, j’ai été confrontée à tous les métiers, secteurs, natures et tailles d’entreprises, et réalisé qu’il y avait encore énormément à faire. »

De l’égalité des chances aux 17 ODD

Après avoir construit et déployé son offre d’accompagnement, Fella Imalhayene éprouve le « besoin de (se) nourrir d’autres sujets », et est attirée par les réseaux d’entreprises, « un monde qui est entre l’association et l’entreprise ». En 2017, elle est nommée déléguée générale du Global Compact France, un réseau d’entreprises engagées pour le développement durable constitué en association. Droits humains, normes internationales du travail, environnement et lutte contre la corruption : le relais français du Global Compact des Nations Unies rassemble plus d'un millier d’entreprises et d’organisations à but non lucratif autour de dix principes. « A titre personnel, cela m’a permis de remettre en perspective ce sujet de la diversité dans le cadre plus large du développement durable, et de monter en compétences sur des sujets que je n’avais pas traités, comme les changements climatiques ou les questions de biodiversité, qui sont pourtant liés », appuie la déléguée générale. 

Le Global Compact est également mandaté par l’ONU pour accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour bâtir un monde prospère et durable, et l’appropriation des 17 objectifs de développement durable par le monde économique français. Fella Imalhayene a tout de suite été convaincue de leur bien-fondé : « Les ODD permettent d’expliquer aux entreprises, et plus globalement à tou·te·s les citoyen·ne·s, qu’au lieu de traiter les sujets thématique par thématique, il faut avoir des postures globales. Cette interconnexion est l’outil qui peut nous aider à penser la complexité de tous les enjeux et trouver des moyens d’aide à la décision dans l'entreprise. » 

Un optimisme à toute épreuve

Cette posture globale est d’autant plus importante pour la déléguée générale qu’elle a constaté, après des années de lutte contre les discriminations, que « ce travail est toujours nécessaire et doit toujours être répété, d’autant plus que les stéréotypes se déplacent, notamment en répercussion des actualités les plus difficiles ». Fella Imalhayene loue à ce titre les leviers d’action immédiate des entreprises et donc, entre autres qualités, de leur possibilité de « faire œuvre d’acteur social ». Et si elle regrette l’absence de politiques publiques d’envergure contre les discriminations, et observe le long chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre l’Agenda 2030, elle veut rester optimiste. Avec, pour preuve, la capacité d’évolution des entreprises — et de la société — mise en évidence avec le déploiement de la Charte de la diversité et du Global Compact. « J’espère que c’est ce que nous allons vivre dans cette période compliquée du covid, une forme d’accélération de l’intégration de ces nouveaux paradigmes », conclue-t-elle.

 

Mélissa Perraudeau 

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