[Vidéo] Des coopératives pour nous sauver du capitalisme ?
L’alliance de coopératives les Licoornes s’est réunie le 22 septembre, lors de son évènement annuel, L’Onde de coop, à Paris. À cette occasion, Carenews a essayé de comprendre pourquoi ses membres affirment que leur modèle permet de créer une économie plus écologique et solidaire.
Fondée en 2021, l’alliance Les Licoornes réunit aujourd’hui 20 coopératives. Dans ces entreprises, la lucrativité est encadrée et la prise de décision est partagée, souvent entre les salariés, les clients et les partenaires.
Ce modèle d’entreprise permet la création d’activités économiques plus écologiques et plus solidaires, défendent les Licoornes. « Il y a un principe qui est celui d’une personne = une voix. Ce n’est pas parce que quelqu’un a mis énormément au capital que sa voix comptera davantage que celui qui n’a pris qu’une part sociale », explique Séverin Prats, cofondateur d’Ethi’kdo, une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) qui commercialise des cartes cadeaux solidaires et responsables. « L’idée c’est que l’intérêt de chacune des parties prenantes se retrouve au sein de cet intérêt collectif pour chercher justement l’intérêt général », argumente-t-il.
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Virgocoop relance une filière textile écologique française
Ayant rejoint les Licoornes en 2025, Virgocoop cherche à relancer une filière textile en France, à partir de fibres naturelles et écologiques. « Les filières textiles sont à 99 % du synthétique, issus des produits pétroliers », pointe Johann Vacandare, co-fondateur et président de la coopérative. Face à ce constat, « l’enjeu principal c’est de pouvoir substituer au pétrole des fibres naturelles et d’en retrouver toutes les capacités techniques textiles », met-il en avant.
Pour ce faire, Virgocoop accompagne des agriculteurs et éleveurs du Lot dans la production de chanvre, de laine et de lin et a relancé un atelier de tissage en Occitanie. Elle a également créé une chanvrière, c’est-à-dire une usine de transformation de chanvre. « Nous essayons de maîtriser les tenants et aboutissants, de la collecte jusqu’au produit final », résume Johann Vacandare.
La collaboration, plutôt que l’offre et la demande
Lancée à l’initiative de neuf coopératives, les Licoornes sont chaque année plus nombreuses. En 2026, quatre entreprises ont annoncé rejoindre le mouvement. Parmi elles, Arcadie produit en France et importe selon les principes du commerce équitable des épices et plantes médicinales bio. Créée sous forme de Scop en 1990 dans le Gard, la société a adopté au début de l’année le statut de Scic.
« Je pense que dans le monde qui s’annonce, plus nous ferons collectif, plus nous serons résistants et plus nous serons capables d’apporter la meilleure réponse. C’est dans les échanges et dans la collaboration, et non pas dans l’offre et la demande et la concurrence, que nous pouvons trouver des façons de se sortir de cette polycrise », estime Mathieu Brunet, président d’Arcadie.
L'entreprise a d’ailleurs participé, avec le fournisseur d’énergie Enercoop, également membre des Licoornes, et la compagnie maritime Zéphyr et Borée, à la création de Windcoop. Cette coopérative ambitionne de livrer des marchandises à la voile depuis Madagascar.
Un appel aux investisseurs publics
L’alliance Les Licoornes représente aujourd’hui 9 000 salariés et 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Est-ce suffisant pour transformer l’économie ?
« Ce que nous voulons d’abord transformer, ce sont les imaginaires. Notre existence prouve qu’une autre économie est possible », défend Maud Sarda, co-présidente de l’alliance. « Nous avons planté un petit drapeau au cœur même du capitalisme, donc nous montrons déjà qu’une autre planète existe quelque part », met-elle en avant.
Celle qui est également directrice générale de Label Emmaüs, un des membres fondateurs des Licoornes, évoque les difficultés de financement rencontrées néanmoins par les coopératives. « Nous nous battons pour accéder aux banques publiques d’investissement, avant même de parler d’investissement privé. Ils nous semblent logique que la puissance publique se batte à nos côtés puisque que nous nous battons pour l’intérêt général », argumente-t-elle.
Célia Szymczak et Élisabeth Crépin-Leblond 