L’insertion des jeunes diplômés rebondit avec un fort intérêt pour la RSE
Le taux d’employabilité atteint un niveau record pour les nouveaux diplômés des grandes écoles. La Conférence des grandes écoles (CGE) a publié sa 30e « Enquête Insertion » qui affiche des résultats en termes d’emploi bien meilleurs qu’avant la crise sanitaire. La qualité de la formation à la RSE reste un enjeu primordial pour les grandes écoles.

La dernière enquête d’insertion des jeunes diplômés de la CGE dévoile un niveau record du taux net d’emploi pour l’année 2022. Près de 89,8 % des étudiants diplômés en 2021 sont en emploi moins de six mois après l’obtention de leur diplôme. La progression est 10,7 points sur un an et retrouve les niveaux élevés atteints lors des années d’avant-crise.
Plus de cadres et de CDI
En effet, le recrutement est rapide après l’obtention du diplôme, et ce, pour tous les types d’écoles, autant pour les femmes que pour les hommes. Plus de huit diplômés en emploi sur dix (83,6 %) ont été recrutés en moins de deux mois et 86,1 % des diplômés en poste ont le statut cadre.
Autres indicateurs en hausse, la part des contrats indéterminés qui atteint 81,8 % de l’ensemble des diplômés (toutes écoles confondues). Il avait connu un fort ralentissement (-5,1%) en 2021. Et le niveau des salaires, supérieurs à l’avant-crise. Chez les diplômés en poste en France, le salaire brut annuel moyen (hors primes( s’établit à 36 551 euros, soit + 3,1 % sur un an.
Seul bémol : des écarts de salaire entre hommes et femmes toujours criant. Le salaire moyen (hors primes) des hommes est supérieur de 5 % à celui des femmes (37 268 euros versus 35 505 euros, contre un 6,6 % l’an dernier).
Un taux d’emploi supérieur pour les apprentis
Autre enseignement de l’enquête, les nouveaux apprentis sont 1,4 point plus employés que l’ensemble des diplômés (respectivement 74,7 % contre 73,3 %). Et moins de six mois après l’obtention du diplôme, le taux net d’emploi des apprentis atteint 90 %, légèrement au-dessus de l’ensemble des diplômés (89,8 %).
L’enquête dévoile un niveau de satisfaction des nouveaux diplômés élevé. La grande majorité estime occuper un emploi qui correspond à leur qualification.
La pertinence de la formation RSE prend de l’ampleur
Cette grande étude a également permis de mesurer le ressenti des jeunes fraîchement diplômés sur la qualité de la formation aux enjeux environnementaux et sociaux dans leurs grandes écoles.
Les deux tiers des répondants (sur 97 000 réponses) ont répondu par l'affirmative. En effet, la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est présente dans 23,4 % des postes occupés, et 84,7 % d’entre eux ont un enjeu lié à l’environnement. Pour 63,3 % de ces derniers, les répondants ont déclaré avoir acquis des compétences utiles en matière sociale et environnementale dans leurs cursus pour occuper l’emploi.
Dans le détail, plus de deux tiers des ingénieurs (67,7 %) et 60 % des managers avec une ou des missions de RSE estiment avoir été préparés durant leurs études
Des résultats à mettre en perspective avec les récentes réactions de huit jeunes ingénieur.e.s agronomes dans la grande école AgroParisTech. Un discours engagé qui a fait le tour des réseaux sociaux et des médias pour dénoncer les métiers auxquels elles et ils sont formés, qui, selon elles et eux, iraient à l’encontre des enjeux sociaux et environnementaux actuels.
(...) de quelle vie voulons-nous ? Un patron cynique, un salaire qui permet de prendre l’avion, un emprunt sur 30 ans pour un pavillon, tout juste 5 semaines par an pour souffler dans un gîte insolite, un SUV électrique, un fairphone et une carte de fidélité à Biocoop ? Et puis… un burn-out à quarante ans ? »
Une prise de parole puissante qui doit interpeller le monde de demain.
La rédaction