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Par Carenews INFO - Publié le 20 janvier 2026 - 17:12 - Mise à jour le 20 janvier 2026 - 18:28 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Fast-fashion : où en sont les mesures politiques pour réguler le secteur en France ?

Face à l’explosion des volumes de produits d’ultra-fast fashion et aux conséquences sociales et environnementales qui en découlent, plusieurs mesures politiques ont été évoquées pour réguler le secteur au niveau national. Leur élaboration ne se fait cependant pas sans obstacles. Tour d’horizon des dossiers en cours.

Parmi les mesures de la loi anti fast-fashion, l’une d’entre elles vise à appliquer un « malus environnemental. Crédit : iStock / Vladimir Dyavhkov
Parmi les mesures de la loi anti fast-fashion, l’une d’entre elles vise à appliquer un « malus environnemental. Crédit : iStock / Vladimir Dyavhkov

 

Après l’émergence de la fast-fashion dans le secteur textile, l’inondation des marchés européens et français par des produits issus de l’ultra-fast-fashion ont conduit ces dernières années des acteurs d’horizons divers à réclamer une régulation du secteur par la loi, invoquant des conséquences sociales et environnementales préoccupantes.  

Carenews revient pour vous sur ces évolutions et leurs avancées, mais aussi sur les limites auxquelles se confronte la régulation du secteur en France.

  

L’avenir de la loi anti fast-fashion encore en suspens 

  

En France, la proposition de la loi « visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile » a été adoptée en mars 2024 par l’Assemblée nationale et en juin 2025 par le Sénat. Défendu notamment par le collectif « Stop fast-fashion », le texte doit désormais passer en commission mixte paritaire avant son adoption définitive. Cette dernière, prévue à l’origine à l’automne 2025, a cependant été repoussée, à la suite d’un avis circonstancié réservé émis par la Commission européenne.  

 


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Sans remettre en cause l’objectif de la proposition de la loi, l’institution européenne a pointé plusieurs écueils dans le texte, en particulier sur l’article interdisant la publicité et sur celui établissant une taxe sur les petits colis. 

« Cette loi constitue une avancée majeure sur une scène européenne dont les ambitions régulatrices viennent de subir un recul terrible avec l’affaiblissement drastique de la directive sur le devoir de vigilance », défendent plusieurs organisations, dont Les Amis de la terre France, réunies en coalition face à cette situation. Pour demander à la Commission européenne de ne pas bloquer le texte, elles ont manifesté à Bruxelles vendredi 16 janvier, rappelant que « plus de 8,5 millions de tonnes de textile sont vendues dans l’Union européenne chaque année, produisant 12 kilogrammes de déchets textiles par personne ». 

De son côté, le gouvernement indique travailler « sur un projet de réponse à la Commission européenne » qui devrait lui être envoyé « d’ici fin janvier ». 

 


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La révision du cahier des charges de la filière textile 

  

Parmi les mesures de la loi anti fast-fashion, l’une d’entre elles vise à appliquer un « malus environnemental », c’est-à-dire une contribution financière supplémentaire établie en fonction des critères de durabilité des produits, dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur (REP) de la filière textile. 

Le cahier des charges de cette dernière fait d’ailleurs l’objet d’une révision dans le contexte de crise rencontrée par les acteurs du réemploi textile, sous l’effet de l’explosion de l’ultra fast-fashion conjuguée à une fermeture des marchés étrangers d’exportation des fripes. 

Dans ce cadre, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre délégué Mathieu Lefèvre, ont envoyé la semaine dernière une lettre à Refashion, l’éco-organisme en charge de la gestion et de la prévention des déchets textiles en France, pour demander la mise en place d’un « malus significatif » à destination des entreprises d’ultra-fast-fashion.  

« Le modèle de la fast-fashion n’est pas soutenable écologiquement. L’une des premières étapes de la refondation de la REP est de faire peser le coût environnemental aujourd’hui porté par la collectivité à la fast-fashion », met en avant le ministère de la Transition écologique. En attendant la mise en œuvre de la loi fast-fashion, le ministère propose donc d’augmenter l’éco modulation « à droit constant », en se fondant notamment sur l’éco-score textile. 

  

L’affichage environnemental, un outil déjà entré en vigueur mais facultatif 

  

Prévu par la loi Climat et résilience de 2021, cet indicateur est entré en vigueur depuis le 1er octobre 2025. Grâce à un indice chiffré en points, il indique aux consommateurs l’impact environnemental d’un article textile en s’appuyant sur plusieurs paramètres, de la conception du produit à sa fin de vie. 

Le caractère contraignant de l’éco-score textile, prévu à l’origine, a cependant été retiré sous la pression de certains industriels du secteur. Parmi les marques qui l’ont adopté, se trouvent par exemple Cyrillus, Sœur, 1083 ou Sessùn. Récemment des distributeurs se sont également prononcés en faveur de l’indicateur. Depuis le 19 janvier, Carrefour affiche désormais l’éco-score sur 70 vêtements de sa marque Tex, tandis que Coopérative U prévoit de le déployer sur 220 produits de ses magasins à partir de fin janvier. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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