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Par Carenews INFO - Publié le 7 avril 2026 - 19:13 - Mise à jour le 7 avril 2026 - 19:13 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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« One Health », une approche liant santé et environnement au cœur d’un sommet international

Organisé par la France, le sommet One Health a donné lieu à des recommandation scientifiques et des engagements internationaux, notamment sur la résistance aux antibiotiques. Des associations dénoncent cependant la diminution des financements pour la santé mondiale, tandis que d'autres pointent en parallèle des reculs environnementaux au niveau français et européen.

Le concept « One Health » désigne une appréhension de la santé qui prend en compte les liens entre la santé humaine et celle de l’environnement c’est-à-dire la santé des animaux, des végétaux et des écosystèmes. Crédit : iStock / pcess609
Le concept « One Health » désigne une appréhension de la santé qui prend en compte les liens entre la santé humaine et celle de l’environnement c’est-à-dire la santé des animaux, des végétaux et des écosystèmes. Crédit : iStock / pcess609

 

Ces lundi et mardi 6 et 7 avril, se tient à Lyon le sommet One Health. Organisé par Emmanuel Macron dans le cadre de la présidence française du G7 et à l’occasion de la journée mondiale de la santé, cette réunion internationale a pour but « d’accélérer la mise en œuvre de cette approche globale et transformatrice », présente le ministère de la Transition écologique.  

Le concept « One Health » ou en français « une seule santé » désigne une appréhension de la santé qui prend en compte les liens entre la santé humaine et celle de l’environnement c’est-à-dire la santé des animaux, des végétaux et des écosystèmes. Il vise à faire travailler ensemble les scientifiques, les professionnels de santé et les décideurs politiques pour mieux comprendre les risques sanitaires et les réduire. 

  


  

Zoonose, résistance aux antibiotiques, pollutions de l’eau… 

  

Un certain nombre d’épidémies ou pandémies sont par exemple provoquées par des zoonoses, des maladies transmissibles par des animaux à l’être humain. C’est notamment le cas de la grippe aviaire, d’Ebola, ou encore de la rage. Les dégradations des habitats naturels peuvent également être à l’origine d’une modification des comportements des espèces et provoquer des contaminations en cascade. Le virus mortel Nipah est ainsi transmis par les chauves-souris aux porcs, qui le transmettent eux-mêmes aux humains. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 60 % des maladies infectieuses émergentes notifiées dans le monde proviennent d’animaux, sauvages ou domestiques.  

L’approche « une seule santé » se penche également sur la résistance aux antimicrobiens (comme les antibiotiques), ainsi que sur les maladies à transmissions vectorielles, par exemple la dengue, la maladie de Lyme ou le paludisme, véhiculées  par les moustiques, les tiques, les poux ou les puces. 

Les maladies d’origine alimentaire, les différentes pollutions de l’eau, de l’air et des sols et le changement climatique sont également pris en compte en tant qu’affectant la santé environnementale et humaine. 

  

Quatre priorités affichées pour le sommet 

  

Malgré sa mise en lumière lors de la pandémie de Covid-19, l’approche « One Health » est peu adoptée par les politiques publiques de santé. L’objectif affiché des deux journées du sommet international, la première consacrée au dialogue scientifique et la seconde plus politique, est donc de mettre le concept en haut de l’agenda politique. Une vingtaine de pays sont représentés et quatre chefs d’État ont fait le déplacement. 

« On ne peut pas traiter tous ces sujets de manière séparée […]  Si on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète » a expliqué l’Élysée à la presse. 

Les quatre priorités affichées du sommet étaient de prévenir les maladies infectieusesde lutter contre la résistance aux antimicrobiensde réduire les pollutions chimiques et plastiques, et de promouvoir des systèmes alimentaires durables

  

Des recommandations scientifiques émises  

  

Le 6 avril, un colloque scientifique international a abouti à une liste de recommandations. Parmi elles, la transformation des systèmes de santé pour y intégrer les principes One Health et des propositions liées à la résistance aux antimicrobiens y compris dans les politiques agricoles. 

Concernant la lutte contre les pollutions, les scientifiques recommandent, entre autres, de créer un espace commun mondial de données pour « partager des informations sur la composition chimique, les usages des produits et leurs effets sur l’environnement et la santé », ainsi que de développer un cadre capturant les expositions réelles aux polluants chimiques, plastiques et biologiques. Ils préconisent en outre de faire progresser la recherche sur les impacts de ces polluants, notamment sur « les systèmes critiques tels que les sols, les ressources en eau, la biodiversité et la sécurité alimentaire ». 

 


Lire également : Ces acteurs de la santé qui militent pour transformer notre système alimentaire 


 

  

Un pacte international contre la résistance aux antibiotiques 

  

Le 7 avril, un « pacte international pour préserver l’efficacité des antibiotiques » a été lancé dans la foulée de ces recommandations, annoncé par Emmanuel Macron. Il comprend « des engagements visant à réduire leur usage inapproprié et à garantir un accès équitable et durable aux antibiotiques essentiels. Il s’agit aussi de bannir l’usage des antimicrobiens, encore trop souvent utilisés comme facteurs de croissance dans certaines pratiques d’élevage ». Ce pacte est accompagné d’un mécanisme international sur la résistance aux antimicrobiens, ayant pour objet de coordonner les efforts des États. 

Le président français a également partagé l’engagement « à inscrire durablement les enjeux de santé dans les négociations climatiques, les contributions nationales et les plans d’adaptation des États, dans la continuité de l’ambitieux plan d’actions de Belém issu de la COP au Brésil ». 

  

Une baisse des financements dénoncée 

  

L’application des recommandations scientifiques nécessite cependant des financements dédiés. Or, la France, organisatrice de ce sommet, et de nombreux pays développés ont réduit fortement ceux consacré à la santé mondiale.  

Des associations engagées dans la lutte contre le sida dénoncent par exemple la réduction des contributions de la France au fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « Le président fait la sourde oreille à nos demandes répétées, à celles des parlementaires de tous bords et sape des années de progrès, en totale contradiction avec l’ambition affichée au One Health Summit », critiquent Aides, One, Sidaction, Action santé mondiale et Coalition Plus dans un communiqué. « Alors que la fin du VIH, de la tuberculose et du paludisme était en ligne de mire, la France vient de baisser les bras », regrettent les associations. 

 

Les politiques environnementales en cause 

 

Dans une tribune publiée le 5 avril dans le journal Le Monde, plus de 700 scientifiques insistent quant à eux sur « l’urgence à mettre en place une réglementation européenne ambitieuse sur la question des pesticides ». Cette demande intervient alors que le dixième paquet législatif « omnibus » prévoit une simplification du système d’homologation européen des produits phytosanitaires.  

Dans une autre tribune, une dizaine d’ONG, dont Terre de liens, Bloom, Notre Affaire à tous et Foodwatch France, dénoncent une « dangereuse inertie des pouvoirs publics ». « Ces dernières années ont été marquées par des scandales sanitaires, le blocage de mesures favorisant une alimentation plus saine et des reculs environnementaux révélant les failles d’un État qui néglige son rôle de protecteur », alertent les associations. Elles pointent du doigt l’adoption de la loi Duplombl’affaire Nestlé Waters ou encore la difficile publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

 

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