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Par Carenews INFO - Publié le 24 novembre 2020 - 10:00 - Mise à jour le 24 novembre 2020 - 10:37
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Confinement et solitude : s’engager pour rompre l’isolement

Cette deuxième période de confinement exacerbe les craintes des professionnels de la santé mentale. Le nombre de personnes qui souffrent de solitude ne cesse d’augmenter. Les dernières études de Santé publique France font état d’un nombre grandissant de personnes souffrant d’anxiété voire d’un état dépressif. Stress, mal-être, petite déprime… Comment éviter le coup de blues pendant le confinement ? Et si vous vous engagiez auprès d’une association ?

Confinement et solitude : s’engager pour rompre l’isolement. Crédit : Drazen Zigic
Confinement et solitude : s’engager pour rompre l’isolement. Crédit : Drazen Zigic

 

Confinement rime trop souvent avec isolement. Les professionnels de la santé mentale l’ont répété depuis des mois. Et le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, l’a confirmé lors du point presse du 19 novembre : « nous constatons une augmentation conséquente des syndromes dépressifs ». De son côté, Santé publique France indique, dans sa dernière enquête CovidPrev, que près de 21 % des personnes interrogées souffraient de troubles dépressifs début novembre, soit le double du mois de septembre. Entre les inquiétudes liées aux risques de la maladie de la Covid-19, les problèmes d’ordre social ou d’emploi, la période est propice à l’anxiété. Alors, comment gérer son stress de confiné·e·s ?  

Les professionnels de la santé mentale inquiets

Les données recueillies par la Fondation FondaMental dévoilaient, en mars dernier, un niveau élevé du sentiment d’anxiété à 26,7 %, soit deux fois supérieur au taux observé avant la pandémie. « Les patients qui ont été infectés par la Covid-19 doivent faire l’objet d’un suivi rapproché afin de repérer et prendre en charge le plus précocement possible les troubles anxio-dépressifs qu’ils pourraient présenter. Parallèlement, des études doivent être menées afin de mesurer le risque de développer des troubles anxio-dépressifs et suicidaires, et leur lien avec la persistance de marqueurs de l’inflammation » préconise la professeure Marion Leboyer, directrice de la Fondation FondaMental, psychiatre à l’hôpital Henri Mondor et directrice d’un laboratoire de recherche Inserm.

Dans la dernière enquête de CovidPrev de Santé publique France, début novembre, la hausse la plus importante se compte chez les jeunes où la présence de troubles dépressifs a bondi de 16 points notamment chez les 18-24 ans pour atteindre 29 %. Autre constat : chez les 25-34 ans, la prévalence d’états dépressifs s’établit à 25 % soit une hausse de 15 points. Et ce sont particulièrement les femmes qui seraient sujettes à la dépression et les personnes rencontrant des difficultés financières (35 % contre 14 % chez les personnes qui ont une bonne situation financière). Autre variable selon les experts, un sentiment d’isolement et de solitude qui serait différent d’une personne à l’autre. 

Différences entre isolement et sentiment de solitude

Pour Anne Giersch, psychiatre et directrice de recherche à l'Inserm et membre de la Fondation FondaMental, il existe une différence entre isolement et sentiment de solitude. Pour l’experte, « le sentiment d’isolement correspond à la souffrance d’être seul. Et le simple fait de ne pas avoir choisi cet isolement peut être mal vécu. Autre paramètre à prendre en compte, le sentiment de souffrance psychique peut parfois être amplifié par un groupe de personnes qui est confiné et conscient que d’autres ne le sont pas. La pandémie n’est pas finie. C’est normal de voir encore de l’anxiété dans la population. Certaines personnes peuvent même ressentir du stress et une certaine forme de dépression dans leur solitude contrainte ». Dans une autre étude menée par Anne Giersch, 18 % des personnes qui ont passé un questionnaire en ligne au début du confinement ont répondu avoir eu des symptômes proches d’une forme de psychose (types hallucinations). « Paradoxalement, ces symptômes ainsi que les signes de stress et d’anxiété ont diminué avec le temps. Les résultats suggèrent que cela s’explique par une diminution de l’inquiétude liée à la maladie du coronavirus, et par le fait que les personnes interrogées ont augmenté les contacts avec leur entourage pendant le confinement », détaille la psychiatre. 

Rompre l’isolement en s’engageant dans une association

Et si vous profitiez de ce confinement pour vous engager dans le milieu associatif ? Les associations caritatives ont des besoins accrus de bénévoles en cette période de fin d’année. Les missions peuvent s’effectuer en ligne, depuis chez vous, ou sur le terrain. L’attestation de déplacement de ce second confinement prévoit d’ailleurs de pouvoir « participer à des missions d’intérêt général ». Vous pouvez soit rejoindre une petite structure près de chez vous ou vous connecter sur les plateformes de mises en relation entre associations et bénévoles. Il en existe de nombreuses qui répertorient les dernières missions selon votre zone géographique comme Benenova, Diffuz, Je m’engage avec la Ville de Paris, la Réserve civique, Tous Bénévoles, etc. Vous pouvez également contacter directement les grandes associations nationales pour connaître leur besoin actuel. Autre possibilité, échanger avec une personne réfugiée sur la plateforme de matching AlloMondo by Singa et la rencontrer pour créer un échange social et convivial.  Renseignez-vous auprès de votre entreprise. Vous pouvez vous rendre utiles en tant que salarié·e·s grâce au mécénat de compétences. Si votre employeur ne l’a pas encore mis en place, c’est l’occasion de lui parler des plateformes d’engagement pour les collaborateurs, comme Vendredi, KOEO ou encore wenabi. 

 

Christina Diego 

 

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