1995 : quand l'entreprise doit répondre de ses actes et devient plus responsable - La RSE, acte 2
[SÉRIE « HISTOIRE DE L'ÉCONOMIE ENGAGÉE »] À partir du milieu des années 1990, les entreprises cessent d'être jugées sur leurs seuls produits pour l'être aussi sur la façon dont elles les fabriquent. C'est l'acte de naissance d'une responsabilité nouvelle, tournée vers la réduction de leurs impacts négatifs : pollutions, conditions de travail, effets sur les territoires. Cette vague, née de la pression de la société civile, ne s'est jamais éteinte : elle reste, en 2026, la forme dominante de la RSE.
Deux affaires, la même année, donnent le signal. Au printemps 1995, le pétrolier Shell veut se débarrasser d'une plateforme de stockage usagée, la Brent Spar, en la coulant dans l'Atlantique. Greenpeace occupe la plateforme, une campagne médiatique s'ensuit, les stations-service Shell sont boycottées en Europe du Nord, et la compagnie finit par renoncer. Quelques mois plus tard, le 10 novembre 1995, le régime militaire nigérian exécute l'écrivain Ken Saro-Wiwa et huit autres militants ogonis qui dénonçaient les ravages de l'exploitation pétrolière de Shell dans le delta du Niger. L'indignation est mondiale et de nouvelles campagnes de boycott pèsent sur le chiffre d'affaires de la compagnie, qui doit changer de stratégie.
Le message adressé à toutes les grandes entreprises est limpide : leur réputation est devenue un actif fragile, qu'une ONG ou une campagne de presse peut détruire en quelques semaines. Ce n'est plus le mécénat qui est en jeu, cette générosité que nous avons vue s'organiser dans les années 1980, mais l'activité elle-même, sa manière de produire, ses rejets, ses fournisseurs. L'entreprise ne peut plus faire le bien d'un côté et ignorer les dégâts de l'autre.
Lire également : 1980 : quand l'entreprise se découvre mécène - La RSE, acte 1 
Une responsabilité qui change de nature
La différence avec la vague précédente est nette. Le mécène donnait à côté de son activité ; l'entreprise responsable, elle, se retourne vers sa propre activité pour en corriger les effets. Elle ne cherche pas encore à résoudre des problèmes qu'elle n'a pas créés. Cela sera l'objet de la vague suivante, celle de l'entreprise innovante, que nous verrons dans un prochain article. Ici, l'ambition est plus modeste et plus fondamentale : limiter le mal que l'on fait. Ces logiques ne se remplacent pas, elles s'empilent. Une même entreprise peut, aujourd'hui, financer une fondation, réduire ses émissions et développer une offre à impact positif. Il faut donc voir ces vagues comme des couches successives plutôt que comme des modes qui se chassent, et la couche « responsable » née en 1995 est celle qui a le plus profondément transformé les pratiques.
Plusieurs forces rendent ce basculement possible. La production se mondialise et s'externalise vers des pays où les normes sociales et environnementales sont plus faibles, éloignant la fabrication du regard du donneur d'ordre. Les ONG montent en puissance et maîtrisent l'arme du boycott. Les accidents industriels et les pollutions sont désormais médiatisés en temps réel. Les consommateurs commencent à interroger l'origine de ce qu'ils achètent. L'État, en retrait sur certaines fonctions économiques, laisse un espace que l'opinion attend de voir occupé. Et les investisseurs, enfin, réclament des informations qui ne figurent pas dans les comptes : quelles émissions, quels risques sociaux, quelle exposition juridique.
Le changement décisif tient en une phrase : l'entreprise est désormais jugée non seulement sur ses produits, mais sur les conditions dans lesquelles elle les fabrique. »
Une idée s'installe dans les états-majors : la réputation vaut de l'argent, un scandale en coûte. En amont, le rapport Brundtland de 1987 avait forgé la notion de « développement durable », que le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, institutionnalise en liant développement, gouvernance et responsabilité des acteurs économiques. Le changement décisif tient en une phrase : l'entreprise est désormais jugée non seulement sur ses produits, mais sur les conditions dans lesquelles elle les fabrique.
L'histoire qui suit se déroule en quatre temps : un choc fondateur au milieu des années 1990, une structuration patiente dans les années 2000, une relance climatique en 2015, puis, dans les années 2020, un apogée réglementaire aussitôt suivi d'un reflux.
De ses murs à toute sa chaîne : le cas Nike
L'innovation majeure de cette période est l'extension de la responsabilité, longtemps limitée aux sites de l'entreprise, à l'ensemble de sa chaîne de valeur. L'affaire Nike est l'une des meilleures illustrations. Dans les années 1990, l'équipementier est la cible de campagnes retentissantes dénonçant le travail des enfants et les conditions de ses sous-traitants asiatiques. Sa première défense - « ce ne sont pas nos salariés, mais ceux de nos fournisseurs » - ne tient pas face à l'opinion. Nike finit par publier en 2001 son premier rapport de développement durable et un code de conduite fournisseurs visant à éliminer le travail des enfants et à améliorer les conditions de travail.
Le principe se généralise : une marque devient comptable de ce qui se passe chez ses fournisseurs. C'est le début des audits sociaux et des codes de conduite imposés en cascade le long des chaînes d'approvisionnement, portant sur le travail forcé, la corruption ou l'égalité. En France, L'Oréal lance en 2010 son programme Solidarity Sourcing, qui conditionne une partie de ses achats à l'emploi de personnes vulnérables chez ses fournisseurs, et certaines entreprises vont jusqu'à intégrer des structures d'insertion dans leur chaîne d'approvisionnement. La responsabilité, autrefois arrêtée aux grilles de l'usine, s'étend désormais à des milliers de kilomètres de sous-traitance.
La panoplie de l'entreprise responsable
Au tournant des années 2000, sur ses propres opérations, l'entreprise responsable s'attaque d'abord à ce qui la concerne directement : l'éco-efficacité. Réduire la consommation d'énergie, les déchets de production, les emballages, l'eau, optimiser le transport et le chauffage. Cette démarche a un mérite décisif : elle coûte souvent moins qu'elle ne rapporte, car réduire ses consommations, c'est réduire ses factures. C'est la RSE la plus facile, celle où l'intérêt économique et l'intérêt environnemental s'alignent. Renault, par exemple, engage dès le début des années 2000 la certification environnementale de ses sites selon la norme ISO 14001, publiée en 1996. Chez L'Oréal, la chimie verte et les biotechnologies entrent dans les procédés de fabrication à la même période.
Autour de cette éco-efficacité se déploie tout un outillage. La charte affirme une intention, le code de conduite fixe des règles, la politique d'achats responsables encadre les fournisseurs, la certification apporte un cadre de gestion, le reporting de développement durable rend l'engagement visible, la vérification par un tiers cherche à le rendre crédible, et les objectifs chiffrés permettent d'en suivre les progrès. On passe ainsi du discours à la mesure.
Le Pacte mondial des Nations unies, lancé en 2000 autour de neuf principes (un dixième, sur la lutte contre la corruption, sera ajouté en 2004), rassemble des milliers d'entreprises invitées à rendre compte de leurs engagements sur les droits humains, le travail et l'environnement. La Global Reporting Initiative, née en 1997, publie ses premières lignes directrices de reporting en 2000. Et en 2010, la norme internationale ISO 26 000 offre un référentiel commun à la responsabilité sociétale, sans certification, mais comme langage partagé.
Les trois visages de l'intérêt
Il serait naïf de croire que toute cette RSE se traduit mécaniquement par du profit. En réalité, elle sert trois formes d'intérêt qui ne coïncident pas toujours.
- Une valeur défensive, d'abord : éviter le scandale, le procès, le boycott, et conserver cette « licence to operate », cette acceptabilité sociale et réglementaire sans laquelle une activité peut être contestée ou bloquée. C’est la leçon de Shell et de Nike.
- Une valeur opérationnelle, ensuite : les économies bien réelles tirées de la sobriété énergétique et matérielle, sur le chauffage, le transport, les emballages, les déchets.
- Une valeur stratégique, enfin : anticiper une réglementation à venir, sécuriser ses approvisionnements, attirer et retenir les talents, accéder plus facilement aux financements.
À cela s'ajoute l'entrée de la RSE dans les marchés financiers : le Dow Jones Sustainability Index, créé en 1999, permet de comparer les entreprises sur ces critères, ses promoteurs mettant en avant une performance financière au moins équivalente à celle des indices classiques. La première de ces valeurs protège, la deuxième rapporte dès le court terme, la troisième prépare l'avenir. Confondre les trois, c'est laisser croire que la vertu paie toujours. Ce n'est pas vrai, et cela explique pourquoi tant d'engagements restent tièdes.
Le directeur du développement durable devient une fonction à part entière : la RSE dépasse le militantisme et devient un métier. »
Un écosystème qui se professionnalise
Entre la fin des années 1990 et les années 2010, le signe le plus sûr qu'une pratique s'installe apparaît : un marché et des institutions se créent autour d'elle. Plusieurs familles d'acteurs se distinguent.
- Des réseaux de dirigeants et de professionnels, d'abord, où les responsables RSE échangent leurs pratiques, dont nous donnons ici principalement des exemples français : le Comité 21, né en 1995 dans la foulée du Sommet de Rio, l'Observatoire de la RSE (Orse) en 2000, Entreprises pour l'environnement qui réunit des PDG autour des enjeux écologiques, et le Collège des directeurs du développement durable (C3D) en 2007.
- Des organismes de notation et d'évaluation, ensuite, qui mesurent et comparent : Vigeo, fondé en 2002 par l'ancienne secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, EcoVadis en 2007, devenu une référence mondiale de l'évaluation des fournisseurs, ou le CDP (Carbon Disclosure Project), plateforme par laquelle les entreprises déclarent leurs données climatiques à la demande des investisseurs.
- Des organisations de réflexion et de plaidoyer, comme le cabinet Utopies, fondé dès 1993 et présenté comme le premier think tank français du développement durable, Carbone 4 en 2007 ou le Shift Project en 2010, tous deux liés à Jean-Marc Jancovici.
- Des organismes de normalisation, enfin, l'ISO et la Global Reporting Initiative (GRI), et des initiatives internationales comme le Pacte mondial.
Le directeur du développement durable devient une fonction à part entière : la RSE dépasse le militantisme et devient un métier.
Le social est présent dès le début de cette vague, d'abord pour éviter l'esclavage chez des fournisseurs lointains, mais il se rapproche progressivement des bureaux. »
L'inclusivité, l'objet social au sein des entreprises
Le social est présent dès le début de cette vague, d'abord pour éviter l'esclavage chez des fournisseurs lointains, mais il se rapproche progressivement des bureaux. À partir des années 2000, et surtout autour de 2010-2015, la lutte contre les discriminations, la place des femmes dans les instances dirigeantes et l'inclusion des minorités visibles deviennent des sujets d'entreprise.
En France, la loi contre les discriminations de 2001 pose un cadre, et des groupes comme Suez, dont le métier même - l'eau et les déchets - est environnemental, affichent des objectifs de parité dans leurs organes de direction et structurent leur politique de développement durable autour de la prévention des risques.
2015 : l’accord de Paris, une relance
Après vingt ans de progression continue, la responsabilité connaît un puissant coup d'accélérateur. L’Accord de Paris, adopté lors de la COP 21 en 2015, donne une impulsion majeure à un volet précis : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La responsabilité des entreprises devient soudain plus concrète et plus exigeante. Il ne suffit plus de limiter vaguement son empreinte : il faut mesurer ses émissions, se fixer une trajectoire, rendre des comptes. Le bilan carbone se répand, et la Science Based Targets initiative, lancée la même année par le CDP, le Pacte mondial, le World Resources Institute et le WWF, propose des trajectoires de réduction alignées sur les données scientifiques.
Dans le même mouvement, des capitaux considérables se libèrent pour investir dans la décarbonation, sous toutes ses formes et avec des réalités très inégales. La finance verte, amorcée plus tôt (le Crédit agricole, parmi d'autres, avait mis en place dès 2006 un label interne favorisant l'investissement vert), prend son essor : fonds bas-carbone, obligations vertes, critères climatiques intégrés aux décisions d'investissement. En parallèle se développe un marché de la compensation carbone.
Lire également : L’ANTISÈCHE - Au fait, c’est quoi l’Accord de Paris ?
Les limites de la compensation carbone, malgré son succès commercial
Malheureusement, ce marché est vite entaché de controverses. En 2023, celles-ci deviennent irréfutables après une série d'enquêtes du Guardian, de Die Zeit, du New Yorker et de Follow the Money. Ces enquêtes ont révélé que plus de 90 % des crédits carbone dits de « déforestation évitée » (projets REDD+) certifiés par des acteurs reconnus comme Verra ou South Pole n'avaient aucune valeur réelle pour le climat, surestimant massivement les tonnes évitées. Un des mécanismes en cause : les calculs de référence sur le risque de déforestation avaient été artificiellement gonflés pour produire un maximum de certificats vendables. Ces scandales ont conduit le secteur à parler prudemment de « contribution climatique » plutôt que de compensation.
Du volontaire à l'obligatoire, et retour ?
Revenons un instant en arrière. Toute cette RSE « responsable » repose au départ sur le volontariat : chartes, labels, adhésions, rapports. Les limites en apparaissent vite. Les indicateurs ne sont pas comparables, chacun sélectionne ses bonnes nouvelles, la vérification est faible, et l'écart se creuse entre la communication et la transformation réelle. C'est l'âge d'or du greenwashing, dont le changement de nom de BP en « Beyond Petroleum » (« Au-delà du pétrole ») en 2000, logo solaire à l'appui, reste l'emblème pour un groupe qui demeurait avant tout pétrolier.
D'où une juridicisation progressive, dont la France est l'un des pays pionniers : la loi sur les nouvelles régulations économiques de 2001 impose aux sociétés cotées de publier des informations sociales et environnementales, et la loi Grenelle II de 2010 étend l'obligation à certaines grandes entreprises non cotées, avec vérification par un tiers. C'est aussi la chaîne de valeur qui entre dans la loi : après l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013, qui fit plus de 1 100 morts dans des ateliers textiles travaillant pour des marques occidentales, la France adopte en 2017 une loi sur le devoir de vigilance, pionnière au niveau mondial, obligeant les grandes entreprises à prévenir les atteintes chez leurs filiales et sous-traitants. Cette exigence de transparence culmine avec la directive européenne CSRD, adoptée en 2022, qui harmonise le reporting de durabilité, et la directive CS3D, en 2022, sur le devoir de vigilance.
Lire également : RSE : les 14 dates marquantes 
Puis vient le reflux. En 2025, au nom de la compétitivité, la Commission européenne présente un paquet « Omnibus » de simplification de la CSRD et de la CS3D. Le relèvement des seuils fait passer le nombre d'entreprises soumises au reporting de durabilité d'environ 50 000 à 10 000, soit une réduction de 80 %. Après trois décennies d'extension continue, la responsabilité réglementaire connaît son premier recul, sur fond de difficultés économiques, de tensions géopolitiques et d'un backlash venu des États-Unis contre les politiques environnementales et de diversité.
Un sujet devenu politique
Longtemps, la responsabilité des entreprises a bénéficié d'un consensus par-delà les clivages politiques. En France, le Grenelle de l'environnement de 2007 fut porté par une majorité de droite, la loi sur le devoir de vigilance de 2017 par la gauche, autour du député socialiste Dominique Potier. Chacun y trouvait son compte : la droite au nom de la compétitivité et de l'attractivité, la gauche pour brider les multinationales.
Ce consensus s'est brisé au milieu des années 2020, et les attaques les plus frontales sont venues d'un même camp idéologique : une droite dure et populiste, méfiante envers l'expertise et la science climatique. Aux États-Unis, dès janvier 2025, un décret de Donald Trump vise les programmes de diversité, tandis qu'une offensive politique s'organise contre l'investissement dit ESG (pour « environnement, social et de gouvernance »). Plusieurs grands groupes, de Meta à Walmart en passant par Amazon, McDonald's, Ford ou Google, reculent sur leurs politiques de diversité. En Europe, c'est la poussée de l'extrême droite aux élections de 2024, hostile aux régulations environnementales comme aux politiques d'inclusion, qui a déplacé le centre de gravité du débat.
Le détricotage concret, en Europe, n'a pas été l'œuvre des seuls populistes : il a été exécuté, au nom de la compétitivité, par le centre et la droite de gouvernement. »
Mais le détricotage concret, en Europe, n'a pas été l'œuvre des seuls populistes : il a été exécuté, au nom de la compétitivité, par le centre et la droite de gouvernement. En mai 2025, au sommet Choose France de Versailles, Emmanuel Macron réclame devant un parterre d'investisseurs la suppression pure et simple de la directive européenne sur le devoir de vigilance, un texte que son camp avait pourtant soutenu, en assumant vouloir « synchroniser » l'Europe avec les États-Unis. Le chancelier allemand Friedrich Merz tient la même ligne, et à Bruxelles, Ursula von der Leyen, réélue en 2024 sur une promesse de simplification et appuyée par le rapport Draghi sur la compétitivité, concède l'allègement. L'offensive idéologique venue de la droite dure a ainsi trouvé, chez des libéraux soucieux de compétitivité, des exécutants efficaces.
Le rejet n'est pourtant pas unanime dans le monde économique. Le Centre des jeunes dirigeants (CJD) défend le maintien du devoir de vigilance, y voyant un avantage sur la concurrence chinoise plutôt qu'un fardeau, et des entreprises comme Costco ou JPMorgan refusent d'abandonner leurs engagements. Le clivage ne sépare donc pas seulement la gauche de la droite, mais ceux qui font de la responsabilité un pari de long terme et ceux qui n'y voient qu'une contrainte à desserrer.
Une couche qui demeure
De toutes les vagues de la RSE, celle de l'entreprise responsable est la plus solidement installée. Trente ans après les affaires Shell, réduire ses impacts négatifs est devenu un réflexe de gestion, encadré par des normes, des métiers, des marchés et des lois. Les chiffres disent cette force : l'investissement responsable dépasse 2 700 milliards d'euros d'encours en France en 2024. Ils disent aussi sa limite : sur les quelque 13 000 entreprises évaluées par le CDP sur leur action climatique, 2 % seulement obtiennent la meilleure note. C'est la couche qui subsiste quand les autres refluent, mais elle n'a pas transformé le gros du tissu économique.
Elle porte d'ailleurs en elle une limite que la vague suivante voudra dépasser. Réduire le mal que l'on fait, c'est nécessaire ; ce n'est pas transformer le monde. Dans les années 2010, une autre ambition prend forme : non plus seulement limiter ses dégâts, mais faire de son activité même un levier de solutions. C'est l'entreprise innovante, dont nous parlerons dans un prochain article.
Félix Beaulieu 
Retrouvez l'ensemble des articles déjà parus de la série « Histoire de l'économie engagée », par Félix Beaulieu :
- Une histoire de l'économie engagée : note d’intention
- Antiquité : l’apparition de la philanthropie
- 1860 : quand la coopération devient un mouvement
-
1860 : le paternalisme patronal, entre bienveillance, contrôle social et utopie industrielle
-
1870 : le bénévolat moderne, quand l'engagement devient un choix
-
1920 : l'État-providence, quand la nation se fait protectrice
-
1960 : le commerce équitable, quand consommer devient un acte politique
-
1980 : quand l'entreprise se découvre mécène - La RSE, acte 1
Tous les 15 jours, découvrez sur carenews.com un nouvel article à paraître dans cette série.